Division 1B Le matricule 30 est au bord de la faillite et un monument du foot belge est, par conséquent, sur le point de disparaître.

Ce lundi 7 mai 2018 a peut-être sonné le glas du Lierse. David Nakhid, le repreneur annoncé, s’est retiré dimanche soir, quelques heures avant le passage du Lierse devant la CBAS. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe à la chaussée du Lisp puisque, sans repreneur, le club court à la faillite. Si ce scénario se confirme, c’est un nouveau monument du football qui disparaîtrait.

Car le Lierse, c’est une institution du football belge. Fondé en 1906, le matricule 30 a marqué l’histoire de notre football et déchaîné les passions à la célèbre chaussée du Lisp. Quatre titres de champion de Belgique (1931/32, 1941/42, 1959/60 et 1996/97), deux victoires en Coupe de Belgique (1969, 1999) et autant en Supercoupe (1997, 1999), le Lierse a également participé à onze campagnes européennes avec comme point d’orgue un quart de finale de la Coupe UEFA lors de la saison 1971-1972. Il y a même eu une qualification pour les célèbres poules de la Ligue des Champions après le titre décroché en 1997, à la surprise générale, avec Eric Gerets à sa tête.

Seulement voilà, après cette période glorieuse, le Lierse a doucement sombré. Lors de la saison 2005-2006, la tristement célèbre "affaire Zheyun Yé" et ses paris truqués impliquant plusieurs joueurs du club éclate au grand jour. Sportivement aussi le Lierse est en chute libre puisqu’il bascule en D2 au terme de la saison 2006-2007.

Empêtré dans de gros problèmes financiers, interdit de transferts, le club est au bord de la faillite, jusqu’à l’arrivée salvatrice de la société d’investissement égyptienne Wadi Degla Holding, présidée par Maged Samy, qui rachète le club en 2007. Désireux de remonter en D1, ce dernier met rapidement la main au portefeuille mais ce n’est que lors de la saison 2009-2010 que le Lierse retrouve l’élite du football belge. Le club lierrois ne parviendra toutefois jamais à briller et basculera à nouveau en D2 lors de la saison 2014-2015.

Considéré comme un club historique en Belgique, le Lierse est aujourd’hui au bord de la faillite et le matricule 30 pourrait être purement et simplement radié de la planète foot dans les heures à venir. Un scénario qui en rappelle tant d’autres (RWDM, Beerschot…) et qui suscite évidemment une vive émotion auprès des supporters des Lierrois mais aussi de tous les amoureux du ballon rond.

Josselin Croisé : "L’ambiance était pesante"

Si le Lierse n’obtient pas sa licence, Tubize sera sauvé. L’attente va être longue.

C’est sans repreneur que le Lierse s’est présenté devant la CBAS ce lundi sur le coup de 17h pour défendre son cas. Les représentants du club lierrois ont demandé un nouveau report, ce qui leur a été refusé. La décision finale de la CBAS est attendue pour mercredi (ou jeudi au plus tard) et la probabilité de voir le Lierse ne pas obtenir sa licence pro est grande. "La chance de voir jouer le Lierse en D1B la saison prochaine est faible", a déclaré le CEO Jan Van Elst. "Notre dossier est incomplet. Nous avons demandé un report mais nous ne l’avons pas obtenu."

Comme on le sait, si le Lierse n’obtient pas sa licence ou vient à disparaître, Tubize serait alors maintenu en D1B. Les dirigeants tubiziens qui étaient présents à la CBAS puisqu’ils sont partie prenante dans ce dossier. "Ce n’est jamais une situation facile à vivre car on s’est retrouvé avec un club en face qui aurait pu être le nôtre. On le sait, le sort d’un des deux clubs est entre les mains de la CBAS. Du coup, même s’il y avait beaucoup de retenue et de respect, l’ambiance était pesante", nous a confié Josselin Croisé, le directeur général de l’AFC Tubize.

Si les dirigeants tubiziens ont repris espoir, difficile de se montrer totalement confiants avant la décision de la CBAS attendue mercredi, ou jeudi au plus tard. "Si nous sommes confiants ? Nous avons présenté tous les arguments nécessaires, le Lierse en a fait de même, la CBAS est désormais en délibération. C’est difficile d’en savoir plus, même si la publicité faite au Lierse tout au long de la journée de lundi veut dire beaucoup. L’attente, que ce soit pour le Lierse ou pour nous, va être longue."

Josselin Croisé est également revenu sur le contexte particulier de cette reprise avortée au Lierse. "En règle générale, la reprise d’un club prend entre six mois et un an. Alors, boucler une reprise en une dizaine de jours, c’est très compliqué, encore plus quand il s’agit d’un club se trouvant dans une situation financière délicate."