Division 1B

“Je ne me sens pas inférieur à Mourinho, mais pas supérieur au coach de Pulderbos”

LIEGE Bob Peeters est déjà le plus grand par sa taille (1m96). Et il a également l’ambition de devenir le plus grand au sens figuré. L’ex-attaquant du Lierse, de Roda, Vitesse, Millwall et Genk est la révélation des entraîneurs de D1. Jusqu’au 0-0 contre le Lierse, le Cercle était leader en D1, ce qui n’était plus arrivé depuis 49 ans. Ce soir, après sa visite au Standard, on saura s’il faut vraiment tenir compte du Cercle, cette saison.

Jan Ceulemans disait que l’arbitre se laisse toujours influencer à Sclessin.

“Je sais ce que Jan veut dire. La saison passée, on a eu la blague avec monsieur Delferière (NdlR : le Standard avait gagné 2-0 après une carte rouge et un penalty), et j’ai réagi de façon trop émotionnelle. Mettez-vous dans la peau de l’arbitre. Quand 30.000 personnes réclament un penalty, on le donne quand même plus facilement que quand 1.000 personnes élèvent la voix ? Au Standard, on est mené 1-0 avant le match, comme si le public avait déjà marqué un but. Quel enthousiasme ! On a quatorze points, on n’a rien à perdre à Sclessin.”

Est-ce que dans l’avenir, vous vous verriez coacher le Standard ?

“Absolument ! Quel joueur ou entraîneur ne voudrait pas travailler au Standard ? Si vous osez jouer un football dominateur et que vous parvenez à enthousiasmer le public comme Preud’homme l’a fait, cela doit être un régal d’y travailler. D’ailleurs, Michel avait songé à moi comme attaquant de pointe quand il était directeur technique du Standard. Finalement, j’avais été à Genk.”

Et votre français ?

“Je me débrouille dans la langue de Molière. Je l’ai apprise à l’école, mais surtout au camping au Luxembourg où j’allais quand j’étais enfant. Mes copines étaient francophones si bien qu’on apprend vite. (Rires) Je donne mes interviews en français, même si je commets des bourdes. J’avais été invité dans la troisième mi-temps à la RTBF radio et dans Studio 1 La Tribune, lundi passé. Hélas, je n’étais pas disponible.”

En parlant de Preud’homme, est-il un grand exemple ?

“J’en ai plusieurs. Michel m’a lancé comme coach en me proposant d’être coach des espoirs de Genk. Après chaque victoire du Cercle, il est le premier à m’envoyer un SMS de félicitations. J’admire aussi Sollied. Quel humour ! Et quelle vision du jeu. Et Mourinho, qui a tout gagné, malgré une carrière très modeste en tant que joueur. Son arrogance constitue un bouclier pour protéger ses joueurs.”

Vous adorez également Van Gaal.

“J’ai un bon contact avec lui. Il venait à Vitesse pour voir Ronald Koeman, mon coach. On a parlé et cela a cliqué entre nous.”

Vous avez également connu Raymond Goethals dans les studios de télé.

“Raymond voyait davantage que les autres. Lors d’un but du Brésil contre l’Angleterre, en 2002, il m’avait expliqué qu’Ashley Cole avait commis une erreur. J’ai dû regarder quatre fois les images. Il avait raison.”

Par contre, Hein Van Haezebrouck n’est pas votre ami.

“Il y a eu un incident, mais c’est oublié et pardonné. Moi, je parlerai toujours de mon équipe, et je trouve que le coach adverse doit également faire cela. Hein n’avait pas fait cela.”

Il vous avait également chambré suite à votre déclaration comme quoi votre ambition est de coacher Barcelone.

“C’était juste une façon de parler. Cela a été sorti du contexte et mis dans un titre. Comme si vous mettiez dans le titre de cet article que je veux être le prochain Mourinho. Cela dit : pourquoi ne pas être ambitieux ? Quand j’étais petit, je voulais aussi devenir joueur de foot professionnel. J’avais une chance sur un million. Et j’ai réussi. Mon passage aux Pays-Bas m’a peut-être rendu plus ambitieux. Je ne me sens pas inférieur à Mourinho. Mais pas supérieur au coach de Pulderbos.” (NdlR : le village campinois où habite Bob Peeters)



© La Dernière Heure 2011