Division 2 Amateurs

Notre journaliste a pu se glisser dans le car et la tribune des supporters sang & marine lors du déplacement à Molenbeek (4-0).

C'est l'histoire d'un choc qui tourne mal. D'un sommet qui n'a jamais atteint les étoiles. D'un match terminé sans avoir vraiment commencé. Du moins côté liégeois...

© Marquet

Il est 17h30 ce samedi. Nous sommes au rendez-vous du départ du car des Sang et Marine. Un des neuf véhicules affrêtés par les supporters du matricule 4 pour monter à la capitale. Combi-car oblige, seuls 500 tickets ont été mis à disposition des fidèles Liégeois. A l'aller, dans l'étroit stade de Rocourt, leurs homologues bruxellois en avaient reçu 250.

L'ambiance est détendue. On se salue, on avale une petite Jup' avant de prendre la route. Durant le voyage, la tension monte peu à peu et les premiers chants se font entendre au fur et à mesure que l'échéance approche.


Marie-Thérèse, la G.O de la soirée, prend le micro et annonce l'escorte policière prévue à notre arrivée à Bruxelles. Sauf qu'on ne la verra jamais, cette escorte... Perdu dans les bouchons, notre car tourne et retourne aux alentours du stade Edmond Machtens. Il est 19h51 quand il s'arrête enfin, à l'entrée de l'enceinte molenbeekoise. « C'est pas combi-car, c'est camping- car qu'on va faire finalement... » lâche un fan, déclenchant l'hilarité générale.

Il était temps ! Devant nous, les stewards s'affairent. La fouille n'est pas vraiment minutieuse, mais notre photographe est malgré tout prié de dévoiler le contenu de sa valise. « Désolé, mais c'est ainsi. » nous lance courtoisement un policier local. Logique, évidemment.



© Marquet


La soirée des fumis qui gênent...

A peine pénétrons-nous dans la tribune que les premiers chants résonnent. Les joueurs montent sur la pelouse quelques instants plus tard. Il ne faudra que...120 secondes à Cabeke pour décocher un centre-tir qui fouette les filets. Stupéfaction parmi les fans rouge et bleu.

© Marquet

Le début du calvaire en fait ! Les premiers « fumis » sont lancés. En face, c'est la fête. Logique, évidemment. Les premiers appels au calme retentissent au micro du stade. Ils ne serviront pas à contenir le courroux des « supporters ». Habitués des tribunes liégeoises, nous ne reconnaissons pas les plus véhéments, affublés d'écharpes d'autres clubs. Manifestement, rien ne pourra les calmer.

© Marquet

Pas même l'intervention du président Lacomble ou du capitaine Vandebon.


Pendant que les buts défilent, quelques sièges prennent feu sous nos yeux éberlués. Le jeune arbitre de 28 ans prend la décision de renvoyer les acteurs dans les vestiaires. Sur la pelouse aussi, le ton monte et les insultes pleuvent. Triste spectacle, qui n'a plus rien à voir avec le sport.

Le marquoir indique 4-0. C'est la pause. Enfin un peu de répit...Au bar, la tristesse et l'indignation se lisent dans les regards.

© Marquet

Le match est terminé, la seconde période sera terne. Sur le terrain d'abord, où le RWDM gère tranquillement face à des Liégeois k-o. Dans notre tribune aussi, la tension est retombée.

Groggys, les fans descendent les marches du stade Machtens. Face à nous, deux «supporters » du même clan se tapent dessus... Symbole de la bêtise humaine. Notre car sera bloqué durant près de 30 minutes dans l'enceinte du stade. Face à nous, un escadron policier et, à nouveau, des fumis craqués. Cette fois, l'escorte des forces de l'ordre est bien là pour nous ouvrir la route. Direction Liège.


"Ce devait être une fête..."

« Cela devait être une soirée de fête. Enfin, c'est ce qui était prévu au programme à la base.. Mais rien n'a fonctionné. Je n'ai vu aucune révolte, aucune envie dans le chef des joueurs. Le RWDM mérite sa victoire. Et que dire du comportement des supporters ? C'est ma plus mauvaise soirée de supporter depuis des années...Et pourtant, j'en ai vu des rencontres...Ces joueurs ne méritent pas de porter le maillot d'un club comme Liège. On peut perdre un match, mais avec la tête haute.» assène Stéphane dans le car.

« Et dire que ce match était retransmis à la télé ! Quelle image pour notre club ! C'est vraiment triste... » s'exclame une autre.

« Le RWDM a bénéficié d'une réussite maximale au début du match, mais Liège a été mangé à tous les niveaux. On rate toujours nos grands rendez-vous ces derniers temps. Les fumis ? Ce n'est pas normal, hein ! Mais comment peut-on rentrer avec de tels engins dans un stade ? Il faut se poser de sérieuses questions au niveau de l'organisation également. » estime une autre supportrice.

© Marquet

On laissera le mot de la fin à Axel, 13 ans, et qui pratique sa passion au RFC Liège. « C'était très mauvais. Je n'ai vu aucune réaction des joueurs. Ils n'ont jamais trouvé la bonne tactique. Je suis triste et déçu pour tous les supporters qui se sont déplacés... » La vérité sort souvent de la bouche des enfants.

Le rideau est tombé. La fête a été gâchée par quelques pseudos-supporters qui n'ont rien à faire dans les stades. Manifestement, il reste encore beaucoup de boulot à accomplir pour endiguer le hooliganisme.

Il est minuit trente quand tout le monde débarque du car. La prochaine fois, c'est promis, on regarde « Miss France ».

© Marquet