Anderlecht s'est mis sur son 31

F. Chl. Publié le - Mis à jour le

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La fête a failli être gâchée par un but de Lestienne à la 71e, mais un pénalty transformé par Gillet à la dernière seconde offre le titre de champion de Belgique à Anderlecht

ANDERLECHT La fête semblait compromise, mais un pénalty accordé par l'arbitre Alexandre Boucaut dans les dernières secondes du temps complémentaire aura finalement tout changé. Le public retenait son souffle au moment où Guillaume Gillet se présentait devant le point des onze mètres, avant d'ensuite exulter lorsque le médian prenait Jorgacevic à contre-pied et propulsait Anderlecht au paradis.


Mais le champagne a bien failli prendre un goût de vinaigre, car avant cette décision, Anderlecht ne s'était pas montré très brillant. Et si le FC Bruges n'avait pas non plus développé un football chatoyant, il avait réussi à plomber l'ambiance du Parc Astrid en faisant trembler les filets de Silvio Proto à la 71e. La suite, on la connaît...

Anderlecht sur son 31

C'était l'ambiance des grands jours au Parc Astrid pour ce match qui devait logiquement couronner Anderlecht pour la 31e fois de son histoire. Certains anciens de la maison, comme Romelu Lukaku et Pär Zetterberg, avaient fait le déplacement pour l'occasion. Autant dire qu'une contre-performance de l'équipe locale ne pouvait pas figurer au programme de la journée. D'autant que c'est un FC Bruges déforcé par les absences d'Hoefkens, Vazquez, Högli et Refaelov qui débarquait avec l'infime espoir de relancer la course au titre. Les Mauves, peu inspirés face à La Gantoise, devaient se passer des services de Suarez suspendu, mais retrouvaient Odoi au poste d'arrière latéral droit.


Le début de match était très rythmé et il ne fallait pas attendre une minute pour que l'arbitre prenne sa première décision importante. Bacca s'écroulait dans le grand rectangle après un duel avec Kouyaté, mais M. Boucaut ne bronchait pas. Les Mauves souffraient et étaient tout près de se retrouver menés au score une minute plus tard lorsque Vadis, parti seul face au but, évitait la sortie de Proto, avant de voir son envoi dévié in extremis en coup de coin par Juhasz.

Après ces deux possibilités, plus grand chose à se mettre sous la dent. Les deux équipes ne créaient aucun danger et aucun tir cadré n'était à noter. La mi-temps était logiquement sifflée sur un score nul et vierge qui n'atténuait pas l'enthousiasme des supporters locaux qui savaient que si le score restait en l'état, leurs favoris seraient champions.


La deuxième période n'offrira pas plus de spectacle. Les deux formations se livraient dans les duels, mais se montraient incapables d'offrir la moindre esquisse de mouvement construit. Et comme, il n'y avait rien à dire au niveau du jeu, ce sont les décisions arbitrales qui allaient faire jaser dans les tribunes. A la 48e, Jovanovic réclamait un pénalty sur un tacle de Zimling, mais l'arbitre prenait la bonne décision en ne sifflant rien, le Danois touchant le ballon et non le joueur. Vingt minutes plus tard, Carlos Bacca procurait une belle frayeur aux Anderlechtois en se présentant seul face à Proto, le Colombien tentait de lober Proto qui repoussait dans les pieds de l'attaquant brugeois qui canardait ensuite dans les nuages. Mais Bacca allait prendre sa revanche trois minutes plus tard en offrant un caviar à Lestienne qui n'avait plus qu'à pousser le ballon au fond des filets(0-1, 71e).


Un silence assourdissant s'emparait du Parc Astrid car Anderlecht, mené au score, n'était plus champion. Les Bruxellois, dos au mur, se montraient incapables de réagir et Lestienne était à deux doigts de faire le break à la 79e après une erreur de Kouyaté, mais butait sur le dernier rempart anderlechtois.


Ariel Jacobs décidait d'injecter du sang frais en faisant monter Canesin, De Sutter et Molins. Le premier nommé ne tardait pas à s'illustrer en prenant le meilleur sur Figueras, mais sa tentative ne faisait trembler que les filets latéraux de Jorgacevic, au grand dam des fans bruxellois. Deux minutes plus tard, Molins remisait un ballon à Biglia dont la frappe était bien stoppée par le gardien brugeois.

La fin de match était houleuse et dans les arrêts de jeu, Carlos Bacca était privé d'un face à face avec Proto, le juge de ligne levant son drapeau à tort. Alors qu'il ne restait que quelques secondes à jouer, Almebäck, avec la finesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, empêchait Mbokani de jouer le coup franc de Biglia et obligeait M. Boucaut à désigner le point de pénalty. Et comme tout un symbole, c'est en brillant dans un exercice qui leur a coûté tant de désillusions par le passé qu'Anderlecht retrouvait les lauriers nationaux. La fête pouvait vraiment commencer.

En attendant Bayern - Chelsea

En transférant cet été la paire Mbokani/Jovanovic, Anderlecht avait clairement affiché ses intentions et se présentait comme la formation à battre cette saison. Si les deux anciens rouches ont apporté leur pierre à l'édifice dans la conquête de ce 31e titre de champion de Belgique, c'est aussi le retour en forme de certains joueurs moribonds lors de l'exercice précédent qui a aussi permis aux mauves de l'emporter. Les exemples de Matias Suarez, Cheikhou Kouyaté et Sacha Kljestan qui se sont imposés comme des éléments clés du onze d'Ariel Jacobs l'illustrent bien. Enfin, il ne faut pas oublier de mentionner Silvio Proto. Le portier mauve a sauvé les siens à maintes reprises cette saison, une grande équipe pouvant toujours compter sur un grand gardien.


Après la fête, Anderlecht attendra encore deux décisions importantes. Tout d'abord, celle d'Ariel Jacobs qui annoncera s'il prolonge ou pas son mandat à la tête de l'équipe, puis le verdict de la finale de la Champion's League qui décidera si Anderlecht aura droit aux 15 millions de la poule aux oeufs d'or ou s'il devra se farcir le toujours très dangereux exercice des tours préliminaires. A partir de ce moment là, ce sera à la direction d'entrer en scène et préparer un effectif capable d'être compétitif sur la scène internationale.

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