Les jumeaux anderlechtois les plus convoités

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

Anderlecht

Les deux frères Tarfi se sont penchés sur leur avenir. Le Sporting doit se décider

ANDERLECHT Les réunir risque de devenir une gageure, mais l’esprit de famille n’en sera pas bousculé. Toujours sous contrat à Anderlecht, les jumeaux Tarfi ont désormais coupé le cordon ombilical et appris à se séparer.

Si Karim n’attend plus que la bénédiction d’Herman Van Holsbeeck pour partir en prêt à Graafschap, tout porte à croire que Mehdi se taillera cette saison une place dans le noyau A anderlechtois. Affublé par John van den Brom d’un nouveau rôle de back droit, Mehdi Tarfi sait ausi que le futur des frères se jouera en partie à la loterie. Longtemps calé dans le viseur de Marseille et de Fulham, le joueur du Sporting a préféré fermer les yeux et les portes de l’étranger : “Jouer tous les deux à Anderlecht, on rêve de cela depuis notre enfance, mais on sait pertinemment que l’avenir ne nous appartient pas.”

Étonnant tracé que celui des jumeaux Tarfi. Dans leur quartier comme dans les allées de Neerpede, chacun ne cesse de louer la mentalité, le côté garçon sage de deux joueurs à l’enfance bouffée par le ballon rond. “Il paraît qu’on dormait avec un ballon”, confie Karim. “On ne pensait qu’à cela, mais si nos parents ne s’étaient pas saignés pour nous, on n’en serait pas là.”

Et si le père Tarfi s’apprête désormais à se coltiner des allers et retours entre Bruxelles et les Pays-Bas (“Il a toujours été cash. Quand on jouait mal, il nous le disait”), la maman a elle aussi dû laisser le football dicter sa loi : “Vous n’imaginez pas le nombre de trajets qu’elle a faits. Et puis, les devoirs et les leçons, c’était aussi son terrain de jeu. Heureusement qu’elle nous aidait.”

Loin des frères Lukaku (et d’un Jordan lassé d’être confronté au portrait de son frère ainé), loin aussi des van de Kerkhof ou des de Boer, les indécollables jumeaux néerlandais, les frères Tarfi n’ont jamais maquillé leur rivalité. “’Pour tout et n’importe quoi, je voulais toujours dépasser Mehdi. Mais cela veut aussi dire que je ne serai pas arrivé là sans lui. Vous savez, quand je sortais avec un ballon dans la rue, j’avais toujours mon frère qui me suivait jusqu’au Parc. On s’est accroché l’un à l’autre, mais l’on s’est aussi poussé vers l’avant.”

Autour d’Anderlecht, certains entraîneurs de jeunes semblent d’ailleurs avoir difficilement digéré le prêt de Karim aux Pays-Bas. Quelques heures après l’annonce officieuse de son départ, sa page Facebook se garnissait d’ailleurs de regrets. Les jumeaux, eux, ne pensent qu’à avancer : “Pour les filles et les sorties, on aura toujours le temps de se rattraper après. On a encore tout à prouver.”

À l’heure où van den Brom s’apprête à lessiver son noyau et à trancher, Mehdi a tout pour basculer du bon côté.



© La Dernière Heure 2012
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