Tchite : “On ne sait pas tout ce que j’ai fait pour le Standard !”

M. D. (avec HNB) Publié le - Mis à jour le

F.C. Bruges

Tchite se livre comme jamais il ne l’a fait jusqu’à présent

BRUGES “Je n’ai pas terminé : je m’amuse trop !”

Meme Tchite remballe, gentiment, l’attaché de presse du Club Bruges qui lui signale que son temps de parole est échu.

L’interview devait durer une demi-heure. L’ancien buteur du Standard l’a prolongée de trente minutes supplémentaires : “Je ne donne pas souvent d’interview. Je ne raffole pas de cet exercice. Il se fait que, cette fois, j’ai envie de m’épancher. Mais quand je me lèverai de table, je me tairai à nouveau pour quelques mois.”

Le transfert de Meme Tchite du Standard au Club Bruges – pour 1,4 million d’€ – comptera à coup sûr parmi les transactions vedettes de cette avant-saison. Personne ne conteste à l’attaquant d’origine burundaise son statut de buteur émérite et donc de star de notre compétition.

Parce que, effectivement, il se livre peu et peu souvent, parce que son aspect peut déranger les conformistes, Meme Tchite dégage parfois une impression erronée. Le jour de l’interview, il arborait des boucles d’oreille clinquantes. Sa casquette masquait la mèche blonde qui égayait sa chevelure.

Son allure... extravertie contrastait avec un discours posé, réfléchi, qu’il agrémentait de gentils sourires. Si, extérieurement, Meme Tchite affiche parfois des allures de Mario Balotelli, il ne se comporte pas comme le brillant mais fantasque buteur italien.

Georges Leekens, qui le surveille sans en avoir l’air, assure d’ailleurs avec conviction : “Meme est un vrai footballeur pro !”

Meme Tchite, les gens semblent avoir de vous une perception bien différente de votre vraie personnalité…

“Ah! bon ? Pourtant, je reste toujours le même homme. Je conserve mon style propre. Mais c’est vrai : personne ne me connaît vraiment. Je ne m’en afflige pas : je ne peux reprocher aux gens de se forger une fausse opinion de moi.”

Pouvez-vous dès lors rétablir la vérité ?

“Pourquoi devrais-je le faire ? Les gens ne changeront pas d’avis pour autant. Seules les personnes qui ne sont proches me connaissent vraiment. Je suis calme, je ne parle pas beaucoup. Je ne suis pas un garçon difficile. Je réagis seulement comme je dois le faire. La saison dernière, à divers moments, je n’ai pas cautionné les avis de José Riga. Je le lui ai clairement signifié à l’époque. Ces divergences d’opinion ne nous empêchent pas d’être demeurés les meilleurs amis du monde.”

Vous avez expliqué, lors de votre présentation à Bruges, que le Club a consenti l’effort que le Standard a refusé d’assumer.

“C’est vrai. Ce que je voulais dire, c’est que beaucoup de clubs me voulaient et que mon contrat comportait une clause de départ. À ce moment, le Standard aurait dû évoquer l’avenir avec moi. Il ne l’a pas fait. Pour moi, il était important qu’il le fît à ce moment-là et pas à un autre. Je ne vis pas seulement aujourd’hui, je veux vivre demain également. Jusqu’au moment où je suis parti à Bruges, je n’avais parlé à aucun dirigeant du Standard.”

Avez-vous utilisé votre clause parce que vous ne vous sentiez pas bien au Standard ?

“Je n’ai pas utilisé cette clause. Elle a fonctionné d’elle-même. Quand je suis revenu de Santander au Standard, j’étais susceptible de partir à tout moment. Pas gratuitement mais contre un montant raisonnable. C’était l’accord que j’avais conclu avec Lucien D’Onofrio. Le Standard ne pouvait s’opposer. Il y a eu des changements au sein de la direction du club. Lucien est parti. Pierre François aussi, que je considérais comme mon second père au Standard. Je lui serai éternellement reconnaissant pour ce qu’il a fait pour moi.”

Avez-vous enregistré des réactions négatives à Liège après votre départ ?

“Ceux qui évoquent un manque de respect de ma part pour le Standard me font beaucoup de peine. Ils ignorent tout ce que j’ai fait pour ce club. On ne peut rien me reprocher. Quand je suis arrivé, j’ai commencé à zéro. J’ai appris le français moi qui, au Burundi, ne m’exprimait qu’en swahili. Je ne comprenais que quelques mots. Je venais en bus à l’entraînement. Je n’oublierai jamais les numéros des lignes 58 et 48. J’ai dû tout régler moi-même. Mon premier contrat au Standard me rapportait 1.000 € brut par mois. Ce n’était pas assez pour vivre, mais peu m’importait. Je voulais seulement m’imposer comme footballeur.”



© La Dernière Heure 2012
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