L'incroyable histoire de Ma-Kalambay

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Malines

Yves Ma-Kalambay a failli tout plaquer après le décès de son père

MALINES Le nouveau portier de Malines revient dans une confession émouvante et touchante sur le décès de son père, un événement qui a bouleversé sa vie et sa carrière.

“Je l’aime tant”

“Le 13 février 2010, pour mon mariage lorsqu’il est venu à Edimbourg. Il est mort en avril et on me l’a appris par téléphone. Mon père, c’est un homme qui a tout fait pour moi”. “Quand j’ai commencé à 6 ans à Anderlecht, c’est lui qui m’emmenait et m’attendait dans le froid, dans la neige. On n’avait pas de voiture, on prenait le bus ensemble. On n’avait pas de machine à laver non plus.” “Pendant la nuit, il lavait mes habits à la main et les mettait devant le chauffage pour qu’ils sèchent la journée. C’est un homme qui a fait tellement. Je l’aime tellement. Et de savoir que j’ai perdu ces derniers moments quand il était à l’hôpital à cause du foot, cela a été un gros choc pour moi.” “Cela m’a fait relativiser, je ne voulais plus jouer au foot. J’ai raté les derniers moments de mon père en vie à cause du foot. Dès que j’ai appris son décès, j’ai quitté Hibs. C’est pour cela que mon contrat n’a pas été renouvelé. Je n’ai été joignable pour personne. Je suis resté avec ma mère, mes petits frères, j’ai planifié les funérailles et je ne voulais plus retourner en Écosse.”

“Ils ont fait le forcing pour que je revienne. Mais comment pouvais-je revenir alors que je venais de perdre mon père ? Comment voulaient-ils que je joue alors que je venais d’enterrer mon père ? J’avais l’impression qu’ils pensaient que j’étais parti en vacances. Mais je n’étais pas là pour m’amuser.”

“un choix à faire”

“Cela faisait 10 ans que j’avais quitté la Belgique,. Ma mère ne me voyait jamais. Elle a perdu son mari, moi, mon père. Comment voulaient-ils que je revienne ? Le club ne m’aidait pas. Quand Vincent a perdu sa maman, un représentant d’Hambourg était là. Vincent a été soutenu par son club, moi non. Moi, c’était “reviens, reviens, il y a match”. Dans ma tête, c’était clair. Mourinho m’a dit que la priorité, c’était la famille et ensuite le football. Il y avait un choix à faire. Je savais très bien que ce n’était pas professionnel, mais je voyais ma mère en pleurs, mes petits frères, ma sœur. Et je devais retourner jouer au foot ?” “Je suis resté un mois en Belgique, mais, émotionnellement, j’étais perdu. Quand je suis revenu, ils m’ont directement fait jouer un match. Je n’avais pas la tête à cela. Je n’attendais qu’une chose : que le match soit fini pour prendre l’avion et rentrer à Bruxelles. C’est vrai que le foot, c’est ma carrière, mais à ce moment-là, je ne l’avais pas réalisé. Je ne voulais plus jouer au foot, j’attendais la fin de mon contrat pour partir.” “En mai, je suis rentré à Bruxelles pour être aux côtés de ma mère, je n’étais joignable pour personne, pas même pour mon agent.”

“trop pour moi”

“Ma mère était encore en pleurs. Il y a des moments où il faut prendre des décisions. Je voulais trouver un travail pour rester en Belgique à côté de ma famille. L’étranger, c’était fini. J’ai raté des Noël, des anniversaires, la mort de mon père, les derniers jours de mon père et on me dit que je ne suis pas professionnel ? C’était trop pour moi. En juillet, j’annonce à mon agent que je veux arrêter le foot. C’était trop, je ne pouvais pas gérer. Ma mère me dit : “Non Yves, papa a fait beaucoup pour toi, il faut que tu te reprennes. Tu as une femme maintenant, tes frères vont prendre soin de moi, je vais me reprendre. Tu ne peux pas arrêter le foot. Tu as arrêté l’école très jeune, tu peux pas.”

“honorer mon père”

“Fin juillet, je me suis repris en main. Mais à ce moment-là, c’est trop tard. Tous les clubs avec qui j’avais des contacts, Lille, Everton, le Celtic Glasgow, Hearts, Naples, le Milan AC, Paris, c’était passé. Je me retrouve sans rien.” “En août, je rejoins la sélection congolaise qui était en stage en Autriche. Cela me permettait de me remettre dans le bain tout en honorant mon père. Je savais que j’avais mis mon agent dans la galère et j’étais prêt à prendre tout ce qui se présentait à moi pour faire honneur au nom de mon père. Et puis Swansea est arrivé.”

“je vais me battre”

“J’ai pris des décisions dans ma vie, j’ai pris des coups que je n’ai pas pu gérer qui m’ont fait douter dans ma carrière. Je ne voulais plus jouer au foot. Vincent (Kompany) m’a relevé avec mon grand frère Serge et ma femme.” “Pour elle, c’était dur de me voir dans cet état. Elle a été super patiente, je lui dois beaucoup. J’ai toujours mon père en tête. Je vais me battre. J’ai très mal géré la mort de mon père et j’en souffre encore. Cela me fera toujours mal. Je joue pour mon père et aussi pour mon fils et je crois qu’il y a encore une place pour moi dans le football.”



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