Football Le Lyonnais a encore sauvé une balle de but

BRUXELLES Il a plongé, tête en avant, à la manière d'un gardien de but kamikaze, en se gardant bien, cette fois, d'user de ses mains comme d'une protection. Sans songer que la proximité du montant du but risquait de l'écorcher, voire de le blesser sérieusement.
Eric Deflandre est, effectivement, resté étendu quelques instants, le temps que Jacky Peeters déroule plusieurs foulées d'échauffement. Le temps, surtout, de constater que sa mission de sauvetage express ne l'avait pas endommagé.
Quand il s'est relevé, qu'il s'est ébroué impatient, déjà, de reprendre part au jeu, il y avait longtemps que Milan Baros, l'attaquant tchèque que la froide détermination du Lyonnais avait plus que probablement empêché d'ouvrir le score dès la onzième minute, l'avait maudit.

En équipe nationale, Eric Deflandre est devenu coutumier de ces interventions de la dernière chance. Souvent présent au moment idoine, il s'érige décidément, au plus haut niveau, en renard des surfaces. De nos surfaces de réparation. `Prévenir l'intervention désespérée de son gardien de but ou même le suppléer est une des missions qui incombent au défenseur ´, rappelle le Liégeois chaque fois qu'il enrichit son tableau de chasse personnel d'une nouvelle prouesse. `Je n'ai donc aucun mérite particulier même si cela m'est arrivé assez fréquemment ces temps derniers. Et même si, sur ce coup-ci, mon initiative a peut-être davantage servi la cause de l'équipe que les autres fois.´

Eric Deflandre pourrait égrener, sans forfanterie, la liste de ses interceptions à la désespérée récentes: `Je me souviens être intervenu de la sorte deux fois naguère contre les Pays-Bas et une autre fois contre la Grèce dans un match sans enjeu. Pendant l' Euro 2000 , j'ai même enfilé, pendant quelques minutes, les gants de Filip De Wilde, expulsé contre la Turquie. Cette fois-là, j'avais l'autorisation de me servir de mes mains!´
Eric Deflandre a également influé, à sa manière propre, sur les résultats du tour qualificatif pour la Coupe du Monde.
Contre la Croatie, déjà, lors du premier match, il avait, à deux ou trois reprises, fait rempart de son corps pour éviter un but.
En Ecosse, en voulant empêcher le puissant envoi de Dodds de franchir la ligne, il a commis une faute de main qui l'a renvoyé au vestiaire. Transcendés par cette infortune, les Diables avaient alors inscrit les deux goals d'un bon partage.
A Zagreb, enfin, il avait repoussé derrière la ligne un envoi de Vlaovic. Sans incidence heureuse, hélas !