Champions League Les supporters des Reds se sont largement imposés en tribune.

Ils sont destinés à ne jamais laisser leur équipe marcher seule. Pas plus qu’ils ne cesseront d’innover. De toujours parvenir à trouver un moyen de suivre les leurs. Partout. Toujours. Qu’importe les obstacles. Parce qu’au final, tant mieux si la route est longue, ils pourront faire plus de détours.

De Liverpool à Kiev, plus de 2.300 kilomètres à vol d’oiseau. Ou d’avion quand ceux-ci ne sont pas annulés, ce qui a été le cas de 23 d’entre eux.

"Mais même s’ils le sont, nous avons réussi à venir, nous sommes là et nous allons gagner", promettaient les supporters des Reds aux abords du stade olympique.

La veille de la rencontre déjà, Kiev et ses artères principales étaient passées au rouge, une couleur qui se mariait parfaitement avec le bleu azur du ciel de la capitale ukrainienne. Sur le Maidan, cette fameuse place de l’indépendance haut-lieu de la révolution orange, le Red dominait. Nettement. Aveuglément. Logés dans un hôtel à proximité, les hommes de Jurgen Klopp n’ont pas pu rater cela. Cette ferveur incessante. Entêtante. Enivrante même qui a rythmé toute cette journée. Avec son acmé au stade olympique.

En théorie , chacun des camps a bénéficié du même quota de tickets, soit 16626 très exactement. Mais les maillots rouges ont perlé un peu partout dans cette enceinte qui peut contenir 70.000 personnes. Preuve que la faculté des supporters anglais à se procurer des places demeure tout sauf une légende. Comme leurs chants.

La tribune nord avait des airs de kop des grands soirs. Un peu chambreur quand elle a exhibé l’un ou l’autre drapeau catalan. Mais surtout baignée par cette ambiance. Ces gorges qui se déploient. Au son du You’ll never walk alone qui arrache toujours autant de frissons. Mais aussi de son nouveau tube du moment qui fait lui aussi se hérisser ses poils.

Jamais, sans doute, les supporters qui l’ont composé sur un coin de bar d’un pub en reprenant l’air du "Un giorno del improvisa" des tifosis napolitains n’imaginaient que leur adaptation allait prendre une telle ampleur. Les paroles sont simples, elles parlent de conquête incessante de l’Europe, de Paris à la Turquie, des succès glanés, des légendes Bob Paisley et Bill Shankly, de l’antre d’Anfield, de leur fidélité et de leur origine et elles sont surtout marquées ce refrain, en français dans le texte, "Allez, Allez, Allez !" qui prend des airs hypnotiques quand les écharpes tournoient dans l’air pour accompagner le tout.

Entonné à Porto un soir de Saint-Valentin, ce chant est devenu un hymne à l’amour. Qui a retenti encore et encore. D’un bout à l’autre de cette finale.Jo. L.