C1 Le Brésilien est une vraie entreprise autour de laquelle gravitent de nombreux sponsors.

"222 millions, pour la marque Neymar, ce n’est pas cher."

La petite phrase, prononcée par Nasser Al-Khelaifi lors de la présentation du joueur, peut choquer. À double titre. Sur le fond d’abord, en raison du montant astronomique de la transaction. Sur la forme ensuite.

En fin communicant, le président du Paris SG a volontairement utilisé le terme marque plutôt que celui de joueur. Le glissement sémantique vers un champ lexical davantage utilisé dans le monde des affaires se justifie : Neymar est une vraie entreprise.

Le Brésilien présente une particularité ou plutôt présentait puisque son salaire parisien, dévoilé dans le cadre des Football Leaks par Der Spiegel et qui s’élève 36,8 millions, est désormais inférieur aux revenus amassés sur le terrain qui sont estimés à 30 millions d’euros.

20 millions de moins que les deux monstres Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, mais le Brésilien n’a que 25 ans et bénéficie là aussi d’une marge de progression : "Il pourra les rattraper quand il gagnera le Ballon d’Or ", avait expliqué en août dernier dans Le Parisien Frank Hocquemillier, PDG de VIP-Consulting. "Il est jeune, talentueux, il a un personnage intriguant avec ses tatouages, son goût pour la fête et surtout, il a une énorme communauté autour du monde."

Deuxième sportif le plus suivi au monde sur les réseaux sociaux derrière Ronaldo mais devant Messi, le crack et surtout son entourage ont vite compris quel profit il pouvait tirer de cette image.

Elle s’est d’abord construite au Brésil, dans un contexte favorable : l’avènement du prodige a coïncidé avec l’émergence économique d’un pays en quête d’une nouvelle star. Et Neymar est ensuite devenu une puissante multinationale qui prête son image à une vingtaine de marques.

L’éventail est ultra-large : il va de Nike, son plus gros sponsor qui lui a fait signer un contrat à vie estimé à 12 millions d’euros par an, soit autant que Cristiano Ronaldo, à l’éditeur de jeux vidéo Konami en passant par les jean’s Replay, les casques Beats, les lunettes Police, les montres Gaga Milano ou Red Bull.

Il comporte aussi sa part d’originalité avec la marque de matelas japonaise Nishikawa ou le fabricant de batteries de voiture Heliar. Et les revenus publicitaires du joueur, en cette année de Coupe du Monde, devraient partir à la hausse avec ses contrats le liant à Panasonic et Volkswagen qui arrivent à échéance…


Ce qu’il fera gagner à Paris

Si le Brésilien coûte cher, il rapporte gros

D’abord, il convient de briser un mythe. Aucun transfert n’a jamais été remboursé par la vente du maillot d’un joueur. Ceux de Neymar se sont arrachés comme des petits pains depuis son arrivée, au point d’être en rupture de stock.

Mais, selon les estimations du Figaro, le club touche au maximum 40 euros pour un prix affiché à 140 euros en boutique. Une jolie petite somme vu la quantité de maillots vendus qui approche déjà les 100.000 unités.

Plus globalement, les boutiques du club parisien bénéficient de l’effet Neymar et Paris compte doubler ses recettes de merchandising d’ici à 2020 pour dépasser les 80 millions d’euros. Toujours au niveau maillot, la venue de Neymar va permettre d’activer un autre levier.

Si le rachat du QSI a permis de faire passer le contrat liant le club à Nike de 5 à 25 millions par an, le PSG navigue encore loin des mastodontes que sont Chelsea qui touche chaque année 66 millions d’euros d’Adidas ou le FC Barcelone à qui Nike verse 150 millions d’euros chaque saison. Paris en espère au moins la moitié.

Le pôle de recettes sponsor maillot qui rapporte 25 millions devrait au moins doubler avec la fin du contrat de Fly Emirates en juin.

Enfin, ultime point : la visibilité du crack. 15 millions d’internautes ont suivi sa présentation sur Facebook et le nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux du club a déjà explosé. Utile au moment de renégocier d’autres contrats de sponsoring et de s’associer par exemple aux marques qui travaillent déjà avec la star…