Champions League Passé par Manchester United entre 16 et 20 ans, l’Allemand a atterri cet été à Leicester

Il est donc possible pour un enfant prodige d’apprendre les vertus de la patience. Ron-Robert Zieler cultive ce qui apparaît comme un drôle de paradoxe. La fracture de la main de Kasper Schmeichel va offrir à l’Allemand son premier match de Ligue des Champions, le tout à 27 ans, 8 mois et 10 jours. Presque un comble pour ce gardien aux deux prénoms ("C’est parce que mes parents n’ont pas réussi à se mettre d’accord") dont le potentiel a été repéré très tôt par Manchester United.

Zieler a 16 ans quand il quitte sa ville natale de Cologne pour rejoindre l’Angleterre. Seul. "C’était fascinant", a-t-il narré au site Goal. "D’un coup, des stars mondiales passaient devant moi. Puis on s’habitue. En Angleterre, je suis vite devenu un adulte, il a fallu s’adapter à un autre pays avec une autre langue."

En réserve , Zieler évolue aux côtés de Danny Drinkwater et Danny Simpson qu’il a retrouvé cet été mais aussi avec Ritchie De Laet. Sans jamais franchir le cap. La faute à une absence de 8 mois sur blessure et à une concurrence intense avec 7 gardiens pour 3 postes. Et après quatre années entrecoupées d’un prêt à Northampton en 2008-09, Zieler retrouve l’Allemagne et Hanovre.

Son ascension peut reprendre. Troisième dans la hiérarchie en début de saison dans une formation encore traumatisée par le suicide de Robert Enke, le portier devient titulaire dès janvier 2011 sous les ordres de Mirko Slomka qui n’hésite pas à le comparer à un certain Manuel Neuer, que le technicien avait lancé à Schalke. Les deux gardiens sont à la mode.

"Mais la hype me concernant est passée", souligne le joueur dans Die Welt à l’automne 2014.

D’autres portiers plus jeunes évoluant dans des clubs plus prestigieux comme Bernd Leno (Leverkusen) ou Marc André ter Stegen (FC Barcelone) finissent par passer devant Zieler qui, jusqu’à cet été, était resté fidèle à Hanovre. Mais le champion du monde en 2014 en tant que troisième gardien a profité de la relégation du club pour donner un autre contour à sa carrière en ralliant Leicester cet été contre 3,5 millions d’euros, le montant de sa clause libératoire.

Qu’il n’ait été considéré que comme un troisième choix derrière Loris Karius et Timo Horn (Cologne) ne l’empêche pas de dormir. "Peut-être que Leicester a eu d’autres possibilités, mais je vais saisir cette opportunité", avait souligné l’Allemand, comme s’il savait que sa patience allait payer.

Jo. L.