Europa League Le départ de Gustavo Poyet a fait beaucoup de bruit

Le calme habituel qui enveloppe le domaine du Haillan ne ressemble qu’à une vaine illusion. Si les Gantois pouvaient craindre la perspective d’affronter Bordeaux au moment du tirage au début du mois, la réalité n’a plus rien à voir avec le confort feutré du domaine d’entraînement des Girondins qu’il convient pour eux d’affronter maintenant, au moment où ils se retrouvent plonger dans une drôle de situation depuis l’irruption du volcan Gustavo Poyet.

Jeudi dernier, la qualification face à Marioupol est vite passée au second plan après la conférence de presse explosive de l’Uruguayen. En cause, le départ un peu plus tôt dans la journée de Gaétan Laborde qui a fait dégoupiller le technicien.

"C’est ma plus mauvaise journée, ce que le club a fait avec Gaétan Laborde est une honte", a-t-il lancé. "Je me fous des dirigeants bordelais qui parlent par-derrière. Je sais qu’ils parlent dans mon dos."


La réponse ne s’est pas fait attendre : dès le lendemain matin, Poyet a été convoqué par ses dirigeants. Dix minutes de discussion pour le mettre à pied à titre conservatoire avant son licenciement qui lui sera annoncé ce vendredi pour faute grave.

Entre le futur-ex entraîneur et l’état-major bordelais, le torchon avait commencé à brûler dès le début du mois de juillet quand Poyet avait regretté l’inertie girondine sur le mercato et qui a assuré ne pas avoir été informé de la vente de Laborde à Montpellier, sur qui il ne comptait plus, alors que ses dirigeants clament le contraire. Et lui reprochent, selon L’Équipe, d’avoir trop tergiversé sur certains dossiers pour imposer des joueurs proches de son cercle, même s’il a validé l’arrivée de Samuel Kalu.

Ces divergences de vues répétées sur le mercato ont poussé M6 mais aussi le fonds d’investissement américain GACP, qui négocient le rachat du club pour 100 millions d’euros qui sera finalisé le mois prochain, à trancher dans le vif. Et voilà comment Eric Bedouet, le préparateur physique, fidèle serviteur du club, s’est retrouvé à assurer un 4e intérim en 13 ans, le deuxième cette année après l’éviction en janvier de Jocelyn Gourvennec qui avait déjà laissé des traces dans un vestiaire que le capitaine de l’époque Jérémy Toulalan avait aussi quitté.

De quoi forcément faire trembler un club qui a commencé son championnat avec deux défaites contre Strasbourg (0-2) et à Toulouse (3-1).

"Mais on ne va pas se réfugier derrière cela ou se chercher des excuses", assure le gardien Benoit Costil, très loin de son meilleur niveau, qui a clamé : "Il n’y a pas le feu, pas du tout de crise."

Mais un vilain parfum de chaos que Gand doit exploiter.