Championnats étrangers

L'ailier gauche de Chelsea est celui sur lequel les joueurs anglais ont commis le plus de fautes la saison dernière.

Une poussée dans le dos, un petit coup de coude qui se perd, un pied en avant et bien en hauteur, un croche-patte. Pas facile d'être le Joueur de l'année en Premier League. Car outre les buts et les passes décisives, Eden Hazard a également eu à gérer les assauts de défenseurs parfois à la limite de l'agressivité. "Le pire la saison dernière, c'était contre Stoke City, avec Phil Bardsley", se rappelle aujourd'hui le Diable rouge. "Quand je vois la vidéo... C'est dingue." En décembre 2012, le Belge se faisait presque arracher la jambe par le défenseur des Potters et subissait l'une des 145 fautes dont il sera victime tout au long de la saison, coupe d'Europe comprise. Un triste record pour l'attaquant de Chelsea...


En février dernier, Hazard avait été défendu par son coach José Mourinho, qui en avait assez de voir son poulain attaqué de toutes parts. "A Stoke, c'était une situation inimaginable et cela se produit à chaque match", avait critiqué le Portugais après un match contre le PSG où Eden s'était fait matraquer. "Qu'on donne des cartes aux adversaires, qu'on respecte les règles, c'est aussi simple que ça !" Et cette fois, on ne pouvait pas forcément taxer le Special One de paranoïa aiguë...

A l'aube d'une nouvelle saison qui verra Chelsea tenter de défendre son titre de champion d'Angleterre, Hazard est revenu sur son statut de cible préférée des défenses de PL. "Parfois, je souffre après les matches", déclare-t-il au Guardian. "Je dois prendre des anti-inflammatoires ou un truc du genre. Mais j'aime avoir la balle dans les pieds et quand c'est le cas, je prends pas mal de coups. C'est le football. (...) Quand je souffre, j'essaie de garder le sourire, Toujours heureux ! Parfois, je me fais tacler, parfois pas. Nous avons des physios qui travaillent très bien, vu qu'on s'entraîne tous les trois ou quatre jours. C'est important."  Mais malgré son éternel sourire, l'ailier de vingt-quatre ans aimerait que les arbitres prennent conscience de la violence des tacles qu'il doit parfois essuyer au cours de rencontre. "Si les arbitres peuvent me protéger, ça serait bien pour moi", indique-t-il. "Car ils savent maintenant que j'encaisse beaucoup et je veux être protégé par le ref'."

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En dépit de ces nombreuses fautes, Hazard se veut rassurant: non, on ne le verra pas "péter une case" et frapper son adversaire en représailles. "Je suis capable de rester calme", analyse l'international, qui n'a écopé que d'une carte rouge en plus de 350 matches pros. "Je suis comme ça. Je ne parle pas trop aux joueurs ou aux défenseurs. Je veux juste jouer, dribbler et montrer ce que je sais faire. Je n'ai jamais réagi aux tacles, même quand j'étais plus jeune." Et pour expliquer ce bulletin plutôt satisfaisant, le joueur évoque son enfance "entre mecs". "Peut-être que grandir et jouer avec mes frères m'a aidé. Quand j'étais petit, je gardais la balle et mon frère essayait de l'attraper. alors, évidemment, je prenais des coups. C'est devenu une habitude."

Bref, impossible de décontenancer le Blue... qui voit même du positif dans cette situation pas forcément facile à appréhender. "Je dis toujours après la rencontre que plus je prends des taquets, plus le match est bon", dit-il. "Je m'en fous, je veux juste marquer. Mon objectif, c'est de gagner et mon boulot, c'est de mettre des buts, de créer quelque chose et de prendre le dessus sur mon adversaire. J'essaye de développer mon jeu et mon football. Et mon style, c'est avec le ballon. Un style que je ne changerai jamais." A un petit détail près: "Si je veux atteindre le niveau de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, je dois marquer quarante, cinquante goals par saison. J'en ai mis dix-neuf l'année dernière. C'est bien, mais ce n'est pas assez." Défenseurs attention, Eden Hazard a de l'ambition ! Et de solides protège-tibias...