Championnats étrangers

Le Brexit, voté par les Anglais en 2016, fait peur aux clubs de Premier League, du Big Four jusqu'aux clubs de Championship. Les nouvelles règles en matière d'immigration pourraient tout simplement dévaloriser la Premier League. Tous reprennent l'exemple d'un certain N'golo Kanté.

En votant pour la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne, le peuple britannique ne pensait certainement que sa décision pourrait impacter la Premier League. En effet, l'un des changements consécutifs au Brexit est une modification de la loi sur l'immigration. Actuellement, les clubs peuvent faire venir autant d’Européens qu’ils le souhaitent. Pour les non-Européens, les visas sont en revanche relativement restreints. Ils sont réservés aux footballeurs qui évoluent au moins de temps en temps dans leur équipe nationale (par exemple, un joueur qui vient d’une nation classée par la FIFA parmi les dix premières du monde doit avoir joué au moins 30 % des matchs de son équipe nationale lors des deux années précédentes). Les clubs, via les dirigeants de la Premier League, ont donc demandé au gouvernement une adaptation de cette nouvelle directive, sous peine de voir le foot anglais changer de visage.

N’Golo Kanté n’aurait pas obtenu de visa, Simon Mignolet non plus

Au lendemain du Brexit, un joueur européen tomberait sous la même coupe qu'un joueur non-européen. Le Français N’Golo Kanté, champion du monde cet été, n’aurait ainsi pas obtenu de visa quand il est arrivé à Leicester City en 2015, n’ayant alors jamais joué pour la France. Simon Mignolet n'aurait pas non plus pu rejoindre Sunderland en 2013. Les plus petits clubs auraient alors plus de mal à transférer des joueurs à bas prix, ce qui pose un sérieux problème pour l'attractivité du championnat selon Peter Coates, le président de Stoke City: "La voie destructrice que le gouvernement poursuit avec le Brexit risque d’avoir un effet négatif très important sur les clubs de football à travers le paysLa Premier League, qui représente un succès pour notre pays, peut être endommagée par la restriction des mouvements (des footballeurs). Cela peut aussi toucher le Championship (deuxième division, où évolue son club). 

Les grands clubs comme Manchester City, Liverpool ou Chelsea, seraient aussi impactés par cette nouvelle loi. Il leur sera en effet interdit de transférer des joueurs âgés de moins de 18 ans, même des européens. Le but avoué est de promouvoir l'emploi aux Britanniques. Cesc Fabregas, qui avait quitté le FC Barcelone pour Arsenal à l'âge de 15 ans, n'aurait donc jamais pu porter le maillot des Gunners avec le Brexit.

Quelles conséquences sur la Premier League?

Si le gouvernement de Theresa May n'assouplit pas la loi, ou si elle ne crée pas une exception pour les sportifs, les conséquences seraient tout d'abord financières. Avec une baisse de qualité, la Premier League perdrait de son intérêt et le montant versé par les diffuseurs serait moins important, et donc les clubs recevraient moins de rentes télévisuelles. Mais surtout, les meilleurs joueurs d'Europe et d'ailleurs seraient obligés de se tourner vers d'autres championnats, comme la Liga, la Bundesliga ou encore la Serie A. Outre-Manche, tout le monde devrait commencer à s'inquiéter de ce possible changement. Des supporters jusqu'aux joueurs.