Championnats étrangers

Sur le terrain, Lyon (2-0 contre Nantes) a pris la 2e place de Monaco, neutralisé par Amiens (0-0) samedi, tandis que dans les coulisses, le conflit entre le président lyonnais Jean-Michel Aulas et son homologue marseillais Jacques-Henri Eyraud s'est tendue.

Monaco cède, Lyon fonce

Le coup d'arrêt des champions de France en titre, qui restaient sur deux défaites, se confirme, et les conséquences au classement ont fini par se matérialiser: l'ASM a perdu le billet direct pour la Ligue des champions qu'elle détenait depuis la mi-janvier, en glissant à la 3e place.

Pire, le club de la Principauté dégringolerait même à la 4e place si Marseille s'imposait dimanche après-midi à Angers...

Monaco a fini par se faire dépasser par Lyon, auteur d'une septième victoire d'affilée et d'un nouveau record maison de buts marqués (79). Les buteurs ont été Depay encore une fois, impliqué sur treize buts lors des six derniers matches de son équipe (7 buts, 6 passes décisives), et Traoré. Ce dernier a trouvé la barre, et Aouar le poteau.

Sur l'ouverture du score, Depay a frappé devant Dubois, au marquage très lâche sur le coup, et titularisé par Claudio Ranieri contre l'avis de son président Waldemar Kita. De quoi nourrir les sarcasmes sur les réseaux sociaux, sachant que le capitaine nantais s'est déjà engagé pour l'OL la saison prochaine. Mais la supériorité lyonnaise et la victoire logique a étouffé l'amorce de polémique.

"Don Giovanni-Michele" et "haine"

L'OM-OL de mars (2-3) joue les prolongations, et ça tacle en costume. Mardi, la commission de discipline avait renvoyé dos à dos le défenseur marseillais Rami et le gardien lyonnais Lopes, suspendus trois matches ferme. Ce qui a déclenché la fureur du président de l'OM Jacques-Henri Eyraud, avec notamment un tweet "J'ai compris" (allusion aux propos de Bernard Tapie après la fameuse main de Vata en 1990), et qui en a rajouté une couche notamment en surnommant Jean-Michel Aulas "Don Giovanni-Michele".

Samedi soir, "JMA" a répliqué en tenant responsable "JHE" d'une chanson entonnée au Vélodrome dans la perspective d'une éventuelle finale d'Europa League le 16 mai à Lyon: "Prendre le risque d'inciter à la haine et de ne pas réagir quand des propos sont tenus par certains supporters qui sont de venir tout casser à Lyon et que l'on est dirigeant de Marseille sans intervenir pour faire cesser cela, c'est une nouvelle responsabilité".

Une polémique par ailleurs alimentée par Mourad Boudjellal, le bouillant président du club de rugby de Toulon (en bonne position pour disputer les demi-finales du Top 14 à Lyon), qui a lancé: "On a envie de tout casser chez Jean-Michel Aulas. Parce qu'il le mérite bien".

La présidente de la Ligue (LFP) Nathalie Boy de la Tour a voulu siffler la fin de la récréation: "Je déplore l'image négative" donnée par le conflit et "j'appelle au calme", a-t-elle déclaré à l'AFP.

"Nous devons peut-être faire évoluer la jurisprudence de la commission de discipline: il faudrait être plus sévère notamment dans la police des terrains. C'est une réflexion que nous pourrons mener à l'intersaison, certainement pas maintenant, à trois semaines de la fin du championnat", a-t-elle également avancé.

Jean-Michel Aulas a aussi dit qu'il avait parlé avec elle vendredi, et qu'elle était "désespérée, parce que la Ligue est attaquée de toutes parts sur les réseaux sociaux, et (elle) à titre personnel".

"Non, je ne suis pas désespérée", a-t-elle réagi. "A titre personnel, je suis juste fatiguée de lire des propos sexistes, déplacés et dégradants à mon égard, et que certains me prêtent une proximité avec Jean-Michel Aulas qui n'a pas lieu d'être. C'est ça qui est difficile".


Monaco qui ne gagne plus, perd sa deuxième place et s'offre une crise

Monaco qui n'est pas parvenu à battre Amiens (0-0), samedi soir au Stade Louis-II lors de la 35e journée L1, n'est plus deuxième du championnat après s'être fait doubler par Lyon, et en attendant le match de Marseille dimanche à Angers.

Avec 71 points, les hommes de Leonardo Jardim pointent désormais un point derrière Lyon à trois journées de la fin du championnat. Mais cela leur pendait au nez! Tant cette équipe, à l'image de son capitaine Radamel Falcao, fantomatique, ne montre plus rien depuis plus d'un mois et sa défaite en finale de la Coupe de la Ligue contre Paris (3-0).

Avec quatre points pris en cinq matches avant la rencontre, les Monégasques, qui avaient déjà grillé tous leurs jokers, débutaient en sachant que Lyon venait de battre Nantes (2-0) et de leur confisquer la deuxième place.

C'est donc avec sérieux mais aussi une véritable fébrilité collective visible que les Monégasques attaquaient le match, sous les yeux de leur président Dmitri Rybolovlev, tout aussi crispé que ses joueurs.

Sans Sidibé, Jemerson, Baldé, Jovetic, ni Ghezzal, mais avec l'inexpérimenté N'Doram en charnière centrale et le revenant Boschilia, les champions de France devaient obligatoirement renouer avec la victoire.

Pourtant, à la pause, malgré 62% de possession et neuf tirs, Monaco ne parvenait pas à prendre l'avantage. L'activité de Lemar était brouillonne, celles de Lopes et Boschilia, trop insuffisante pour créer des décalages. Quant à Falcao, transparent, il était le joueur qui avait touché le moins de ballons en première période, systématiquement devancé par l'arrière-garde picarde.

D'ailleurs, d'un côté comme de l'autre, on ne dénotait aucune frappe cadrée en 45 minutes. Une misère... qui se poursuivait au retour des vestiaires. Frappe de Lemar (47)? A côté. Frappe de Lopes (62)? Idem!

Les meilleures occasions étaient même amiénoises. Comme sur cette superbe reprise de volée de Kakuta que Subasic, au prix d'un arrêt exceptionnel détournait sur son poteau (65), avec que N'Doram, auteur d'une belle prestation, ne se sacrifie devant Konaté.

Après avoir incorporé Diakhaby, Jardim jouait son va-tout. Raggi sortait. Le jeune attaquant Sylla entrait aux côtés de Falcao. Et Lemar passait latéral gauche (74). Puis, Mboula débutait aussi (80).

Monaco dominait enfin et poussait fort. Sur un corner, une tête de Touré était dégagée sur sa ligne par Monconduit (87). Le seul tir cadré du match! Ce n'est pas suffisant pour gagner et pour croire à une qualification directe en Ligue des champions. Pour ne rien arranger Diakhaby était exclu, de même que le défenseur d'Amiens Gouano, en fin de match. Après de nombreuses paroles ces dernières semaines, les actes ne suivent pas à Monaco, où désormais, la crise couve.


Balotelli maintient Nice dans la course à l'Europe

Nice, inexistant et bousculé par Strasbourg en première période, a finalement arraché un nul 1-1 grâce à un pénalty de son attaquant italien Mario Balotelli, préservant ainsi ses chances de disputer une coupe d'Europe, samedi, lors de la 35e journée de L1.

Nice, invaincu depuis cinq matches, reste à la sixième place, à un point de Saint-Etienne, vainqueur 1-0 à Montpellier vendredi. Les Aiglons, qui se déplaceront à Marseille et à Lyon lors des trois derniers matches, devront se battre jusqu'au bout pour espérer être Européens la saison prochaine. D'autant que Rennes, 7e, n'est qu'à trois longueurs avant son match face à Toulouse.

De son côté, Strasbourg, avec ce dixième match sans succès, s'enlise à la 17e place et sous la menace de Troyes et de Lille.

Privé d'Alassane Pléa, suspendu, Lucien Faivre avait choisi de titulariser l'ancien Strasbourgeois Ihsan Sakho pour épauler Mario Balotelli et Allan Saint-Maximin en attaque. Côté strasbourgeois, Thierry Laurey a pris l'option Idriss Saadi, disparu depuis sa dernière titularisation début février. Une option surprenante mais payante pour l'entraîneur alsacien.

C'est l'international algérien qui a ouvert la marque d'une tête plongeante (1-0, 21e) sur un centre de Stéphane Bahoken. Nice, trop brouillon, s'est réveillé en seconde période et a égalisé logiquement sur un penalty provoqué par Jean-Michel Seri et transformé par Mario Balotelli (1-1, 59e).

L'attaquant italien, truqueur à souhait comme à son habitude, aurait pu donner l'avantage à son équipe, mais ses deux frappes monumentales (76e et 89e) étaient repoussées par Alexandre Oukidja, impérial sur sa ligne de but.

Dans le temps additionnel, le centre contré de Less-Melou rebondissait sur le poteau et Oukidja était tout heureux de récupérer le ballon.


Lille se relance enfin et condamne quasiment Metz

Lille a enfin retrouvé le chemin du succès (3-1) et s'est relancé dans la course au maintien face à Metz, désormais quasiment condamné à la Ligue 2, samedi lors de la 35e journée de L1.

Le Losc, qui n'avait plus gagné depuis trois mois et onze match de championnat, reste toutefois avant-dernier et premier relégable, à égalité de points (32) avec le barragiste, Troyes, vainqueur de Caen (3-1) et qui le devance à la différence de buts (-21 contre -23).

Les joueurs de Christophe Galtier reviennent à deux longueurs de Toulouse (34 points), qui joue à Rennes dimanche et où ils iront le week-end prochain pour disputer un nouveau duel capital.

Les Dogues, dominateurs mais parfois fébriles, n'ont cette fois pas craqué face à la lanterne rouge, qui a elle un pied et demi en L2 puisqu'elle possède 6 points de retard sur le TFC à trois matches de la fin de la saison.

Luiz Araujo (13e), Nicolas Pépé (45+2) et Yves Bissouma (77e) ont offert au Losc sa huitième victoire de la saison, tandis que Nolan Roux avait redonné espoir aux siens en début de seconde période (48e).

Comme face à Guingamp il y a deux semaines (2-2), Lille a bien débuté la rencontre, à l'image d'Araujo, servi dans la surface et qui enchaînait avec une frappe qu'Eiji Kawashima détournait de justesse (5e).

Au terme d'une belle action collective, les Dogues parvenaient à ouvrir le score sur leur deuxième occasion: Pepe réalisait un une-deux avec Yassine Benzia puis lançait Araujo, qui enchaînait contrôle du gauche et frappe du droit sous le ventre du portier messin (1-0, 13e).

Fébrilité mentale

Entre-temps, Metz avait failli prendre l'avantage: après une perte de balle de Thiago Maia, une demi-volée des vingt mètres de Mandjeck s'écrasait en effet sur le poteau droit de Mike Maignan (8e).

Après une balle de break manquée par Lebo Mothiba, ou plutôt sauvée par Kawashima (37e,) les Nordistes, une fois n'est pas coutume, marquaient juste avant la mi-temps: Benzia trouvait Pépé à l'entrée de la surface, lequel réalisait une feinte avant de placer une frappe enroulée que le gardien mosellan ne pouvait qu'effleurer (2-0, 45+2).

Sonné, Metz ne se rendait pas pour autant: dès la reprise, Kawashima sauvait son équipe en détournant un centre de Kevin Malcuit juste devant Mothiba (47), puis Roux, ancien Lillois, relançait son équipe en inscrivant son 15e but de la saison (2-1, 48).

La fébrilité mentale des Lillois se vérifiait à nouveau et les Grenats passaient près de l'égalisation par Florent Mollet, dont le tir était repoussé par Maignan (60), puis Emmanuel Rivière, qui voyait sa tentative contrée in extremis (62).

Finalement, Bissouma creusait l'écart en battant Kawashima en deux temps et ramenait la sérénité dans les rangs nordistes (3-1, 77e).

Après cette victoire dans cette "finale de Ligue des champions", selon les mots du défenseur Edgar Ié avant la rencontre, les Lillois devront remettre ça au Stadium dans une semaine pour tenter de dépasser le Téfécé et l'Estac au classement.


Bordeaux entretient l'espoir en s'imposant face à Dijon

Bordeaux, sur courant alternatif, a empoché devant Dijon une victoire laborieuse (3-1) mais qui pourrait compter dans la course à l'Europe, samedi soir, à l'occasion de la 35e journée de L1.

Ce succès, longtemps contesté par une équipe bourguignonne fortement diminuée, avec la présence de quatre jeunes de la réserve sur son banc, permet aux hommes de Gustavo Poyet de revenir à quatre points de la 6e place, susceptible d'être européenne en cas de victoire du Paris SG en Coupe de France.

Venus avec le maintien déjà en poche et donc sans pression en Gironde, les Dijonnais, avec un grand Sliti à la manoeuvre, ont posé pas mal de problèmes aux Bordelais à la motivation bien moindre que le week-end dernier contre Paris.

Cela ne les a pas empêché de se créer de belles occasions par Laborde (6), Kamano (16), mais c'est bien Sankharé qui ouvrait le score suite à une frappe de Kamano repoussée sur lui par Reynet (1-0, 25).

La plus mauvaise défense de L1 tanguait de nouveau à la demi-heure mais Laborde ne parvenait pas à tromper Reynet.

Dijon, dominateur dans la possession, envoyait ses piques, à l'image de Sliti, qui enrhumait Pablo et faisait briller Costil dans la même action (33) ou de Kwon qui perdait un face à face avec le gardien international (33) puis un lob juste avant la pause après avoir anticipé une passe en retrait mollassonne de Poundjé.

Le retour de mi-temps était pénible pour les locaux qui ne parvenaient plus à ressortir et à force de subir concédaient un penalty pour une faute de Sankharé sur Sliti, que ce dernier transformait (1-1, 52).

Les sifflets du Matmut Atlantique obligeaient Poyet à intervenir tactiquement, ce qu'il fit en sortant un Malcom anonyme pour passer à trois défenseurs centraux et ainsi libérer les couloirs.

Le pari s'avérait gagnant six minutes plus tard car sur leur première véritable incursion du deuxième acte, ils obtenaient à leur tour un penalty pour une faute de Djilobodji sur Kamano, qui lui aussi, se faisait justice lui même (2-1, 72).

Sur leur lancée, les Bordelais profitaient d'un cadeau visiteur - corner de Poundjé boxé par Reynet sur Rosier qui marquait contre son camp - qui donnait un peu plus d'ampleur et trois points précieux.