Championnats étrangers

Marseille, malgré un Thauvin excellent, a mal préparé sa finale européenne de mercredi en dilapidant un avantage de deux buts à Guingamp (3-3), lors de la 37e journée, vendredi, avec un nul qui réduit ses chances dans la course à la C1.

Marseille pouvait doubler Monaco 3e avec 74 points et Lyon, 2e avec 75, en cas de succès lors de ce match avancé à sa demande, mais il reste 4e avec 74 lui aussi mais une moins bonne différence de but que le club de la Principauté.

L'OM risque surtout de voir ses rivaux le distancer samedi en allant à Strasbourg et recevant Saint-Étienne respectivement.

Pour Guingamp, ce point fait remonter les Bretons provisoirement dans la première moitié de classement, à la 10e place avec 47 points.

C'est une partie complètement folle, marquée par un doublé et une passe décisive de Florian Thauvin, une expulsion de Steve Mandanda et un record de Jimmy Briand, devenu le meilleur buteur de l'En-Avant en Ligue 1, qu'on pu voir les spectateurs du Roudourou.

Rudi Garcia avait choisi de ménager Dimitri Payet et Adil Rami, absents de la feuille de match, ainsi que Bouna Sarr, remplaçant, et d'aligner une charnière centrale Gregory Sertic-Boubacar Kamara.

Mais il avait tout de même aligné Florian Thauvin et Valère Germain, ainsi que Lucas Ocampos en attaque.

Le premier a placé rapidement l'OM sur orbite en offrant l'ouverture du score d'un centre parfait au deuxième de la tête (0-1, 2), avant de doubler la mise, d'une autre tête, acrobatique, sur un centre dosé du troisième larron (0-2, 14).

Avantage aux rouge et noir

Peut-être grisés par cet avantage rapide, les Phocéens ont laissé l'initiative à des Guingampais combattif. Kamara s'est interposé sur un centre de Marcus Thuram et une frappe de Jordan Ikoko, avant que Mandanda ne boxe une tentative de Lucas Deaux (26) et ne bloque un tir à ras de terre de Clément Grenier.

Mais à force de plier, les hommes de Garcia ont cédé, d'abord sur une reprise de Grenier, après un tir sur l'équerre de la cage par Briand (1-2, 42) puis sur un pénalty très bien tiré par le même Grenier, consécutif à une main d'Ocampos (2-2, 52).

Le match a alors basculé dans l'irrationnel, Kalle Johnsson sortant une manchette incroyable sur une tentative de près de Morgan Sanson (59), avant que Briand ne cadre pas une reprise au point de pénalty (64).

Mais quelques minutes plus tard, Briand feintait Sertic et partait seul au but. Dribblé, Mandanda se jetait dans ses pieds, concédant un pénalty et se voyant octroyer un carton rouge (64). Briand, lui, ne faisait pas de sentiment et donnait l'avantage aux rouge et noir (3-2, 70).

Loin de se désunir, Marseille repartait à l'attaque et égalisait d'une jolie reprise de Thauvin (3-3, 81).

Sertic avait une balle de match, sauvée sur sa ligne par un défenseur guingampais (84) et Thauvin envoyait dans le ciel une autre opportunité en or au début du temps additionnel.

Mais Marseille peut remercier son samouraï Hiroki Sakaï, sauvait sur la ligne devant Christophe Kerbrat ce petit point qui pourrait, qui sait, avoir son importance la semaine prochaine.

"Deux points de perdus, clairement" pour Marseille, estime Garcia

Le 3-3 à Guingamp au terme d'un match où ils ont mené 2-0, c'est "deux points de perdus, clairement" pour Marseille, estime l'entraîneur Rudi Garcia, qui déplore l'expulsion de son gardien Steve Mandanda, victime de la "double peine".

Q: Comment expliquer ce scénario un peu fou, alors que vous aviez pris un bel avantage ?

R: "On a perdu le match, enfin on ne l'a pas gagné, c'est un lapsus, sur leur premier but à eux. On a pris deux contres entre la 40e et la 45e minute alors qu'on mène 2-0 à l'extérieur. Donc nos attaquants ont été très bons, les 4 de devant, mais sur ces 5 dernières minutes, ils ont oublié de nous aider fortement. À 2-1 ce n'est plus le même match. On a oublié aussi de rentrer dans la deuxième période, et est arrivé ce qui est arrivé. Après, ce que je déplore, c'est qu'on ait été réduits à 10. J'ai passé 4 ans en Italie, je ne savais pas qu'en France la double peine (pénalty plus expulsion du gardien fautif) existait encore... Faut que je me remette à la page, comme on dit. Du coup, on a pris de la fatigue pour mercredi. Mais si on n'a pas gagné, c'est d'abord de notre faute, évidemment".

Q: Malgré l'égalisation en infériorité numérique, c'est une mauvaise opération ?

R: "C'est deux points de perdus, clairement, oui. Après, on verra les résultats des autres demain (samedi) mais quand on est chasseur, il faut tout gagner et ce soir on n'a pas su gagner alors qu'on avait pris le match par le bon bout et qu'on avait démontré qu'on pouvait être performant même avec des absences. On a été rattrapé par nos moments de moins bien, on va dire comme ça pour être gentil. On a failli gagner à neuf, ça prouve toujours que cette équipe a du courage, du coeur et du talent. Mais parfois elle oublie aussi de jouer quelques minutes et en Ligue 1, en professionnel c'est préjudiciable (...) Tout le monde doit progresser dans la gestion de certains moments de match et c'est ce qu'on n'a pas su bien faire en fin de première période".

Q: L'absence de Mandanda pour la dernière journée pourrait être préjudiciable ?

R: "Sur l'expulsion de Steve, franchement je suis tombé par terre. Au figuré, hein, pas au sens propre. Mais je vous dis, j'ai dû louper quelque chose. Je sais qu'en Italie ça n'existe plus. On prend un carton jaune si le ballon ne se dirige pas vers le but - ce qui était le cas, il allait vers le poteau de corner -, et si surtout le gardien ne fait rien qui puisse porter atteinte à l'intégrité de l'adversaire, ce qui était exactement le cas de Steve. Il a joué le ballon jusqu'au bout, il a tendu la main au sol. Il a fait pénalty, ça, là-dessus il n'y a rien à dire, mais il aurait dû continuer à jouer. Mais Yohan Pelé fait de bonnes choses".