Championnats étrangers

Premier accroc: Marseille est tombé dans le piège du survolté stade des Costières de Nîmes où il a concédé sa première défaite de la saison (3-1), dimanche en clôture de la deuxième journée de Ligue 1.

A court de rythme, et surtout de cohésion collective, l'OM, débordé en première période par l'enthousiasme nîmois, a cédé sur deux contres signés Denis Bouanga et Sada Thioub, réduisant à néant l'égalisation de Florian Thauvin peu après la reprise. Un but en fin de match de Renaud Ripart a scellé le résultat.

L'OM, 9e, perd du terrain et des points sur le Paris SG, leader et champion en titre. Tout comme Lyon et Monaco, qui ont respectivement perdu à Reims (1-0) et concédé le nul devant Lille (0-0), il peut méditer sur son début de saison en dents de scie.

Pour gérer au mieux ce rendez-vous attendu avec ferveur par toute une région, et disputé dans une ambiance de feria, l'entraîneur marseillais Rudi Garcia avait pourtant titularisé ses champions du monde: Adil Rami, Florian Thauvin et Steve Mandanda mais aussi la recrue croate Duje Caleta-Car.

Les internationaux étaient loin de leur meilleur niveau et le gardien international s'est même blessé, visiblement à la cuisse, et a été remplacé par Yohann Pelé (65).

Une semaine après sa victoire surprenante à Angers (3-4), Nîmes (2e) confirme devant un cador et joue des coudes avec le Paris SG en tête du championnat, mais aussi Reims et Dijon.

Avec une équipe pourtant inexpérimentée, et huit titulaires néophytes en Ligue 1, l'équipe de Bernard Blaquart a une fois encore fait preuve d'un remarquable état d'esprit pour bousculer le prestigieux voisin et se donner des raisons d'espérer pour son retour dans l'élite après une éclipse d'un quart de siècle. Et elle n'a rien renié de ses convictions offensives, marquant sept buts en deux rencontres.

- Thauvin, l'éclair inutile -

Dans une organisation tactique similaire à celle de la saison passée avec notamment le métronome brésilien Luiz Gustavo en sentinelle, Marseille a vainement cherché ses repères collectifs, notamment lors d'une première période laborieuse et insignifiante.

Incapable de poser le jeu au milieu, inexistant dans la transition vers l'avant, dépourvu d'impact sur les côtés et défaillant sur le plan technique, l'équipe de Garcia n'a pu échapper au pressing gardois, porté par beaucoup de discipline et de générosité.

A défaut d'imposer sa maîtrise collective, l'OM a émergé grâce à la précision de ses coups de pied arrêtés. Une première fois, une tête de Gustavo a rebondi au pied du poteau (6), puis le nouveau gardien nîmois Paul Bernadoni a repoussé en corner une tête à bout portant de l'avant-centre Valère Germain (26).

Inquiété sur deux têtes de l'attaquant Renaud Ripart (4, 13), l'OM s'est fait piéger à la 34e minute à la suite d'une perte de balle dans l'entrejeu, bien négociée par Moustapha Diallo puis Bouanga. L'ancien Lorientais a marqué d'une frappe dans le petit filet après avoir effacé Hiroki Sakai.

Thauvin, d'un lob superbe au retour des vestiaires au bout d'un contre fluide (49) initié par Dimitri Payet et Morgan Sanson, a sonné un début de révolte avec son deuxième but en deux matches.

Seulement, l'équipe de Garcia n'avait ni les jambes, ni la tête pour résister aux Nîmois. Surpris sur un nouveau contre et une erreur de Sakai, asphyxié et débordé par Bouanga, l'OM n'a fait que subir le déboulé de Thioub, impeccable pour dribbler Mandanda puis marquer devant le portier champion du monde, qui s'est blessé sur l'action (62). Le 3e but signé Ripart (87) n'a rendu que plus prégnantes les questions que Marseille va devoir se poser, et vite.