Championnats étrangers Investi jeudi au Real, l’ex-sélectionneur n’a pas compris les raisons de son limogeage.

Mardi, il dirigeait encore l’entraînement de la Roja en Russie. Jeudi soir, dans la tribune d’honneur du stade Santiago Bernabeu, il était officiellement présenté comme nouvel entraîneur du Real Madrid. Julen Lopetegui vient de vivre 48 heures surréalistes. "J’ai connu, mercredi, le jour le plus triste depuis la mort de ma maman. Aujourd’hui, je vis le jour le plus heureux" , déclara-t-il, des trémolos dans la voix.

Derrière un sourire de circonstance, le coach basque masquait mal sa fatigue et sa tristesse. Lorsqu’il marqua, lundi, son accord pour prendre la succession de Zidane sur le banc madrilène, il prévoyait de terminer son travail au Mondial. Subitement viré par sa Fédération, il n’a pas compris ce qu’il lui est arrivé. "Avec le président du Real, on a agi en totale honnêteté et transparence. On a préféré communiquer notre accord avant le début du Mondial pour éviter les rumeurs et les spéculations. Tout était sain. Bien d’autres entraîneurs ont agi de la même façon. Dans un premier temps, j’ai d’ailleurs été félicité par le président de la Fédération. Le lendemain, le discours était tout différent. Je ne sais pas si mon sort aurait été le même si j’avais choisi un autre club que le Real. Mais tout cela est très décevant."

Lopetegui va désormais suivre le Mondial comme un citoyen espagnol normal. "On a une équipe incroyable, très bien préparée. Très motivée. Je suis convaincu qu’elle va ramener la Coupe dans un mois", ajoute-t-il, toujours aussi ému.

Le successeur de Zizou va s’atteler à sa nouvelle mission. Il a signé pour trois ans avec, à la clé, un salaire trois fois plus important qu’avec la Seleccion. Le défi est gigantesque avec de nombreuses inconnues en toile de fond : les possibles départs de Ronaldo et Bale, l’éventuelle arrivée de Neymar et, surtout, la bonne gestion d’un vestiaire de stars qui reste sur trois succès consécutifs en Ligue des Champions.

Lopetegui, 51 ans, connaît bien le Real pour y avoir fait escale comme gardien réserve en 1989 puis comme entraîneur de l’équipe B en 2008. "Je reviens à la maison", conclut-il.