Championnats étrangers

En attendant de savoir si Roberto Martinez fera appel à ses deux diables allemands pour sa liste des 23, Casteels et Origi ont un dernier défi à remplir pour se maintenir dans l'élite allemande (match aller ce jeudi 17 mai, retour le lundi 21 mai).

Une petite phrase pour une petite polémique : à la question « connaissez-vous le Holstein Kiel ? », Divock Origi avait répondu tout simplement : non. Et pourtant, nul besoin de coller à l'ancien Lillois une quelconque mauvaise intention. En dehors des suiveurs assidus du football d'outre-Rhin, peu nombreux sont ceux qui pourraient palabrer des heures durant sur ce petit club du Schleswig Holstein, qui ne fait pas partie des noms les plus ronflants.

Une (très) vieille gloire

Et pourtant, le Holstein Kiel a son nom inscrit au palmarès des champions d'Allemagne. Un seul sacre obtenu en 1912, ce qui remonte un peu, surtout lorsque l'on sait que la Bundesliga sous sa forme actuelle existe depuis 1963. 

Depuis, chez nos voisins, le nom de Kiel rime davantage avec le handball. Le club local, le THW, a remporté vingt titres de champion d'Allemagne et sept trophées européens. 

Pendant ce temps-là, son voisin footballistique ronronnait tranquillement dans les divisions inférieures, devant un public confidentiel. Il faut dire que la concurrence de mastodontes géographiquement proches comme le Hamburger SV, Sankt-Pauli ou même le Werder de Brême, n'aide en rien.

Les sièges de la discorde

En 2013, le Holstein est de nouveau sacré champion, mais de quatrième division. Un titre qui lui permet de quitter les divisions régionales pour aller se frotter à des concurrents dans tout le pays et se faire un nom sur la carte. 

Après quatre tentatives, Kiel finit par remonter en deuxième division, une première depuis 36 ans. Le tout grâce à un homme : l'entraîneur Markus Anfang, véritable leader, capable de faire rivaliser avec les plus gros de l'antichambre, un noyau dont la valeur marchande totale (14 millions d'euros) ne dépasse pas celle de Casteels et Origi réunis (16 millions).

Prudence donc, car en finissant troisième de D2, Kiel vise une seconde montée d'affilée, mais sur la plus haute marche cette fois-ci. Des garçons comme Marvin Ducksch, Dominick Drexler ou Steven Lewerenz seront à surveiller avec la plus grande attention. 

D'autant plus que les Störche (cigognes en français) ont un élément de motivation supplémentaire : la ligue leur a tout juste accordé une dérogation pour jouer dans leur stade en cas de montée. 

En première instance, cette dernière avait épinglé sa petite taille (11 000 places) en comparaison avec les standards exigés pour la Bundesliga (15 000 places, dont 8000 assises). Il s'en était suivi un tollé général, vociférant contre une froide institution dénuée de cœur face au conte de fée vécu par ce petit poucet moderne.

Le Holstein a désormais toutes les cartes en main pour créer la surprise. Mais pour cela, il lui faudra venir à bout des Wölfe (loups en français), bien décider à mordre une dernière fois pour sauver leur peau. Histoire de ne pas complètement effacer le souvenir de leur dernier titre qui, lui, a été conquis en 2009.