Championnats étrangers

Si sportivement, la première moitié de saison de l'AC Milan ne répond pas aux attentes, les choses pourraient encore se compliquer, administrativement parlant, en raison des soupçons qui pèsent sur le nouveau propriétaire du club lombard.

Cela ne fait même pas un an que l'AC Milan est devenu propriété d'un consortium chinois et des doutes apparaissent déjà sur la bonne foi de l'homme d'affaires Li Yonghong, comme le révèle une enquête menée par nos confrères américains du New York Times.

Depuis sa prise de pouvoir, ce prétendu riche investisseur de l'empire du Milieu a dépensé près d'un milliard d'euros (740 millions lors de la reprise du club à Silvio Berlusconi et 205 millions en transferts cet été plus précisément), mais plusieurs zones obscures entoureraient le profil de cet investisseur chinois.

A commencer par le fait qu'il ne disposerait pas de tant d'argent que ce qu'il se dit. Le New York Times avance en effet qu'il ne figure sur aucune liste des grandes fortunes chinoises, et que sa société est inconnue au bataillon, y compris dans le milieu minier.

Selon le média américain, Guangdong Lion, la société minière que dirige Li Yonghong, aurait par ailleurs connu quatre propriétaires différents sur une période de moins de deux ans. Parmi ces changements, deux l'ont été sans qu'aucun mouvement financier ne soit constaté et il subsiste également des ambiguïtés en raison de la présence de plusieurs personnes aux noms de famille similaires.

Dans le cadre de leur enquête, les journalistes américains se sont logiquement rendus en Chine au mois d'août dernier. Sur place, surprise. Les locaux de cet empire financier étaient fermés, tout en arborant sur la porte principale un avis d'expulsion. A l'intérieur, le désordre régnait : bureaux et chaises en pagaille, ordinateurs manquants et les asticots avaient investi les lieux. D'autant plus que bien qu'il est supposé être le dirigeant de Guangdong Lion, cette société ne serait pas inscrite à son nom et appartiendrait à un autre propriétaire.

De nombreuses casseroles traînées

Depuis une dizaine d'années, les affaires dans lesquelles Li Yonghong se multiplient. En 2004, l'entreprise familiale avait conclu un accord avec deux autres instances avec pour conséquence une fraude de 57 millions d'euros. Le père et le frère de l'actuel président du Milan AC avaient été condamnés à des peines de prison, mais sont parvenus à éviter cette peine.

Neuf ans plus tard, c'est à une amende de 75.000 euros que M. Yonghong a été condamné. En cause, une activité immobilière évaluée à 43 millions non déclarée.

Et puis en 2015, des litiges avaient été constatés entre le consortium Guangdong Lion et une autre société chinoise, en raison de faux.

L'AC Milan se défend

Malgré ces soupçons de fraude, le club lombard a réagi par l'intermédiaire de son porte-parole, affirmant que des avocats et des banques impliqués dans la transaction avaient vérifié ce qui devait l'être, sans qu'aucune irrégularité n'ait été constatée. Le club présente son président comme une victime, n'étant pas toujours au fait de règles compliquées.

Malgré cet apport massif de fonds, le club italien le plus titré sur la scène européenne, mais dont l'âge d'or est loin derrière lui, reste criblé de dettes et cette enquête ne devrait pas rassurer i Rossoneri alors que ces derniers voyaient dans l'arrivée de cet investisseur inconnu une aubaine pour redorer leur blason.