Football

L'ancien sélectionneur fait l'objet d'une plainte pour «injures publiques»

PARIS La direction du quotidien sportif L'Equipe a demandé, vendredi, au tribunal correctionnel de Paris la condamnation pour «injures publiques» de l'ancien sélectionneur de l'équipe de France Aimé Jacquet, à qui elle réclame un franc symbolique de dommages et intérêts.

La plainte vise une interview au Monde, parue le 5 juillet 2002, dans laquelle Aimé Jacquet, parlant des responsables de L'Equipe, déclarait: «Je ne pardonnerai jamais à ces gens infects et lâches, même si j'ai stoppé leur imbécillité.»

«Ils me faisaient passer pour un incompétent»

«Je ne regrette pas ces propos», a lancé lors de l'audience Aimé Jacquet, qui a exposé son contentieux avec le journal sportif entre décembre 1993, date à laquelle il a repris une équipe de France au plus bas après son élimination des éliminatoires du Mondial 94, et le 12 juillet 1998, jour où elle a remporté la Coupe du Monde organisée chez elle.

«J'ai subi pendant quatre ans un matraquage médiatique extraordinairement difficile pour moi et surtout pour ma famille. Ces gens-là me faisaient passer pour un incapable, un incompétent. C'était très douloureux (...) et je ne pardonnerai jamais», a-t-il dit.

Présenté comme un visionnaire

Les responsables de L'Equipe, Jérôme Bureau et Paul Roussel - qui ont, depuis l'engagement des poursuites, quitté ce journal -, ont minimisé les attaques portées à l'époque contre le sélectionneur du onze tricolore.

Si certains journalistes du quotidien sportif français ont effectivement été durs envers Aimé Jacquet, ils ont, par ailleurs, souligné que Gérard Ejnes avait signé, le 5 juin 1998, un éditorial présentant Aimé Jacquet comme un «visionnaire» qui conduirait l'équipe de France à la victoire en Coupe du Monde.

Après le départ d'Aimé Jacquet en 1998, l'équipe de France, conduite ensuite par Roger Lemerre, a remporté l 'Euro 2000 mais elle a échoué au premier tour du Mondial 2002 sans marquer un but, ce qui a provoqué le remplacement du sélectionneur par Jacques Santini.

Le jugement doit, à présent, être mis en délibéré.

© Les Sports 2003