Football L'homme de fer de Prague est élu Meilleur joueur belge "

BRUXELLES Il s'est quelque peu montré surpris par sa nomination: Geert De Vlieger s'attendait à ce que ce titre de Joueur Belge de l'Année soit décerné, comme il le dit lui-même, à "quelqu'un de plus médiatique et, forcément, de plus médiatisé que moi". Gert Verheyen ou Marc Wilmots, par exemple? Le gardien des Diables Rouges est, visiblement, plus à l'aise dans sa surface de réparation qu'il ne l'est dans la lecture d'un pronostic: le trophée, en effet, lui revient de droit! "Et cela me touche profondément", enchaîne-t-il, ravi, "tant le panel des votants me semble relevé." Les critères de ce choix tiennent en trois mots: constance, performances et, naturellement, talent. Leur respect conduit Geert De Vlieger à monter systématiquement en première ligne, quitte à prendre un chemin de traverse qui l'amena, presque par hasard, du côté d'Harelbeke, bastion de cette Flandre profonde qu'il s'évertua à défendre du mieux qu'il put, avec autorité, multipliant les prouesses pour accomplir un rêve: devenir l'égal de Jean-Marie Pfaff et Filip De Wilde. Ni plus ni moins. "J'avais dix-neuf ans lorsque je me suis fixé cet objectif ", confirme Geert De Vlieger avec un large sourire dont il a le secret. "Outre les formidables capacités intrinsèques de ce duo, le fait qu'ils soient, eux aussi, passés par Beveren, mon club formateur, m'a influencé. Pfaff et De Wilde ont été, pour moi, des précurseurs. Ils constituaient la référence par excellence, l'exemple à suivre. Ce sont des keepers qui ont marqué leur génération. J'aimerais que, plus tard, on raconte la même chose à mon propos."
La façon dont le Flandrien s'est imposé au Willem II, l'assurance qu'il affiche et la hargne qu'il dégage pour garder son but inviolé ont permis aujourd'hui à Geert De Vlieger de quitter l'ombre protectrice du couple Pfaff - De Wilde: désormais, celui dont Anderlecht n'a plus voulu vole de ses propres ailes, tutoyant des sommets qui ne sont jamais trop hauts pour lui. Robert Waseige n'a-t-il pas fait du Flandrien l'un des titulaires indiscutables de notre équipe nationale, tandis que celle du Willem II se félicite un peu plus chaque jour de posséder un tel portier? "J'ai voulu aller à Tilburg", expliquait Geert De Vlieger au moment de son transfert, "parce que j'avais reçu des dirigeants hollandais l'assurance de jouer chaque semaine. Et pour moi, c'était le plus important." A la même époque, Newcastle se manifeste: le prix fixé par le Sporting pour rendre sa liberté à ce portier excédentaire ne dépassant pas les vingt-cinq millions de francs (620.000€), l'affaire, en soi, ne peut pas être mauvaise. Elle peut également se révéler excellente pour le Flandrien, certain de toucher à Newcastle plus du double du salaire qu'il perçoit actuellement encore au Willem II. Mais "A mes yeux ", nous confiait-il à ce sujet mercredi soir, avant de prendre place sur le plateau de Club RTL, "l'argent n'a jamais été un facteur déterminant de mon existence. J'ai d'autres valeurs. Mon épanouissement professionnel en est une, essentielle à mes yeux." Willem II comme tremplin, donc? Et pourquoi pas? "A Tilburg, je suis heureux: je joue chaque week-end. Ce qui n'aurait pas été le cas partout." Le pari se révèle gagnant: l'ambiance familiale qui prévaut là-bas, non loin de chez lui somme toute, sied à celui qui n'est jamais aussi bien qu'en compagnie de sa femme et de leurs deux enfants. La preuve: voilà Geert De Vlieger plébiscité Meilleur keeper du championnat des Pays-Bas. C'était en juin. Ses détracteurs, qui le tuèrent à Anderlecht sur l'erreur qu'il commit contre l'Inter Milan, en Coupe d'Europe, face à Maurizio Ganz, puis l'assassinèrent littéralement au lendemain de l'élimination du Sporting en Coupe de Belgique face à Ingelmunster, en sont, paraît-il, demeurés bouche bée. Ont-ils, dès lors, reconnu s'être fourvoyés dans ce jugement sans appel en voyant Geert De Vlieger à l'oeuvre avec les Diables Rouges, notamment contre la Croatie au Heysel (ah! cet arrêt décisif devant Davor Suker) ou, plus près de nous, face à la Tchéquie? Gageons que non! Et pourtant! Sollicité durant l'intersaison par le Feyenoord Rotterdam, le Borussia Moenchengladbach et diverses autres formations britanniques, Geert De Vlieger a, pourtant, décidé de poursuivre sa carrière au Willem II. Sa valeur actuelle avoisine les 150 millions de FB (3.720.000€), soit six fois la somme reçue par Anderlecht pour lui. Elle devrait encore augmenter d'ici la Coupe du Monde. Là où Geert De Vlieger entend faire aussi bien que Jean-Marie Pfaff en Espagne et au Mexique. On l'avait d'ailleurs deviné