Football Que peut bien espérer l' entraîneur d'Heusden, qui découvre la D1?

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HEUSDEN - ZOLDER Ses détracteurs l'ont affublé d'un surnom: Le Pistonné. Ils lui reprochent, notamment, ce crédit, illimité, que lui accorde Stin Husson, son président. Ainsi, les cinq défaites de rang subies l'an dernier par Heusden - Zolder (elles coûtèrent probablement le titre aux Limbourgeois) n'ont pas empêché Peter Balette de poursuivre calmement son travail à la tête d'une équipe qu'il mena, finalement, en division 1, via le tour final. Les mêmes, décidément tenaces, estiment que c'est le moins que l'on était en droit d'attendre d'un entraîneur bénéficiant de conditions d'expression aussi favorables, tandis que rien ne lui est refusé.

Ultime exemple en date, et non le moindre: le Japonais Takayuki Suzuki, énième cueillette dans le verger du voisin genkois, figure de proue d'une campagne de recrutement qui aura vu Heusden - Zolder piquer pas moins de huit (!) joueurs à son grand frère du Racing. Le but de la manoeuvre est évident. Si elle permet à Peter Balette d'entamer sa carrière de coach en division 1 en disposant d'atouts que certains de ses confrères, moins nantis, ne possèdent pas, elle autorise également les principaux intéressés à étancher leur soif de revanche. C'est, précisément, le cas de Takayuki Suzuki. Snobé l'année passée par Sef Vergoossen, le Japonais revient dans le Limbourg avec l'idée, bien arrêtée, de démontrer que d'aucuns, à Genk, ont eu tort de ne pas lui faire confiance. D'autres sont comme lui.

Wilfried Delbroek, promu capitaine par ses partenaires, Igor De Camargo ou, encore, Stefan Teelen entendent faire profiter Peter Balette de leur expérience du haut niveau. En ce sens, oui: le Limbourgeois est un privilégié. Ses admirateurs diront qu'il doit ce statut à ses compétences et à ses prédispositions naturelles pour exercer un métier que son père exerça bien avant lui. Dès lors, Peter Balette a-t-il de qui tenir? Les apparences le laissent supposer. Le Limbourgeois, pour sa part, est conscient de recevoir aujourd'hui une occasion unique d'assouvir sa passion, fût-ce, comme il le reconnait d'ailleurs lui-même, au détriment de sa propre famille et, surtout, «de mes trois enfants, que je ne vois pas grandir.»

L'objectif qu'il poursuit n'est pas bien compliqué à définir: il entend prendre la dimension de ses responsabilités en marquant de son empreinte un groupe qui, dit-il, «vaut mieux que d'être considéré comme une simple filiale du Racing Genk.»

Peter Balette poursuit son raisonnement en déclarant: «J'ai pris ces garçons dans mon noyau parce que je crois en eux, et pas parce que les liens qui nous unissent à Genk, dont nous partageons le stade, étaient de nature à favoriser ce rapprochement entre ces laissés-pour-compte et une formation qui éprouvait un urgent besoin de se renforcer quantitativement. Ceux qui le pensent ont tort.»

Peter Balette vit-il un rêve? S'il le niait, nul ne le croirait.

Peter Balette a-t-il, déjà, un plan? Si ce n'était pas le cas, il passerait pour un inconscient.

Au fait: qui est vraiment Peter Balette? Ce... pistonné ou ce perfectionniste, dont les séances sur le terrain sont réglées jusque dans leurs plus infimes détails? Est-il rigoureux ou, plutôt, enthousiaste? Notez que les deux ne sont pas forcément incompatibles. La pression sera-t-elle, comme pour Emilio Ferrera, qu'il admire beaucoup, son meilleur allié ou, au contraire, le paralysera-t-elle au moment le plus inopportun? On le saura très bientôt. Toutefois, diverses indications existent déjà: elles plaident en faveur de la réussite du Limbourgeois!

© Les Sports 2003