Football

Le couperet va-t-il tomber ? Ce jeudi, l’UEFA décidera du sort de Bruxelles. Zoom sur les enjeux.

Qui prendra la décision ?

C’est le Comité exécutif de l’UEFA qui se prononcera. Il est composé de 26 membres, dont les plus connus sont Davor Suker et Michael van Praag, président de la Fédération néerlandaise. La réunion débute à 10h et Bruxelles est le premier point à l’ordre du jour.

Quels sont les arguments sur la table ?

Les dirigeants de l’UEFA se baseront sur les informations récoltées le mois dernier auprès de Ghelamco, qui a tenté de les rassurer sur la durée des travaux. L’entreprise de construction se fait fort de construire l’Eurostadium (40.000 places) en… neuf mois seulement ! Mais un autre acteur de cet épineux dossier inquiète l’UEFA : les autorités flamandes. La demande de permis de bâtir est en cours depuis le 14 septembre et pourrait traîner jusqu’à février.

Quels sont les scénarios possibles ?

Si elle se montre clémente, l’UEFA donne un nouveau délai à Bruxelles. Probablement jusqu’au prochain Comité exécutif de l’UEFA, programmé le 28 février. Dans ce cas, Bruxelles sera couplé à une autre ville (sans doute Amsterdam) pour accueillir tous les matchs d’un groupe. On saura aussi si Bruxelles pourra accueillir le match d’ouverture mais, face aux autres villes candidates, elle ne fait pas le poids.

L’UEFA pourrait aussi retirer pour de bon l’organisation de l’Euro à la capitale de l’Europe, certainement au profit de Stockolhm ou Cardiff. Ce qui serait une sacrée claque, pour ne pas dire une honte internationale pour la Belgique…

Ghelamco souhaite "un médiateur interrégional"et poursuivra son projet 

Ghelamco souhaite la nomination d'un médiateur. Il espère ainsi mettre fin aux conflits entre Bruxelles et la Flandre qui sapent le projet, explique Philip Neyt, administrateur, dans une carte blanche diffusée sur les sites du Tijd et de la VRT.

Dans sa tribune, Philip Neyt souligne que le Stade national doit voir le jour quoi qu'il arrive sur le parking C du Heysel. Cette grande aire de stationnement appartient à la Ville de Bruxelles mais se situe sur le territoire de la commune flamande de Grimbergen.

"Cela ne rend pas les choses simples", concède l'administrateur. "Après quatre ans, nous n'avons pas avancé d'un pas alors que c'est un projet à somme positive pour les deux régions. Venons-en au noeud du problème: un projet d'ampleur comme celui-ci ne peut être réalisé si les Régions ne se font pas de faveur."

"C'est pourquoi je formule ce voeu: l'installation d'un arbitrage, d'un médiateur interrégional, qui rapprocherait les points de vue des différentes régions."

Ghelamco poursuivra son projet de construction du Stade national sur le plateau du Heysel, indépendamment de la décision que prendra plus tard dans la journée l'UEFA sur le statut de Bruxelles comme ville hôte de l'Euro 2020 de football, a confié jeudi son administrateur Philip Neyt. Il souligne que son entreprise ne fait qu'exécuter la procédure d'appel d'offres, qui a été émise par la Ville de Bruxelles."Quelle que soit la décision prise aujourd'hui/jeudi, nous continuerons", maintient ainsi Philip Neyt.

L'administrateur espère évidemment que l'UEFA ne mettra pas déjà Bruxelles hors jeu et que la fédération européenne de football octroiera encore quelques mois de sursis au projet belge. Il renvoie d'ailleurs au rapport d'audit de l'UEFA. "Nous avons dû faire l'exercice afin de voir s'il était encore possible techniquement de construire un stade de football en 18 mois et il est apparu que cela ne posait pas de problème. L'UEFA était enthousiaste et impressionnée par notre projet."

D'autres paramètres jouent cependant également un rôle dans ce dossier, comme l'enchevêtrement politique en Belgique ou le lobby des villes candidates étrangères. "Les récents éléments dans la presse ne sont pas rassurants à ce sujet", regrette d'ailleurs Philip Neyt.

Le fait que ce potentiel stade flambant neuf répondra à toutes les exigences, notamment en termes de sécurité, joue par ailleurs en faveur de la Belgique, d'après Ghelamco. "Rome, Cardiff ou même Stockholm disposent de stade relativement vieillissants. Que se passerait-il si l'une de ces villes était choisie et que l'Eurostadion était prêt pour l'Euro 2020?", s'interroge encore son administrateur.