Football Nouvelle tendance sur le marché des transferts: débusquer les jeunes talents de plus en plus tôt

Pas de foot ce week-end !

EINDHOVEN Il se prénomme Nicao et n'a que treize ans. Jeune médian brésilien, il a de l'or dans les pieds. De quoi déjà susciter l'intérêt de grands clubs européens, tels que le PSV, Barcelone et le Real. Vanderlei Luxemburgo, l'entraîneur des Madrilènes, a eu vent des exploits de son jeune compatriote et désire l'attirer dans la capitale espagnole. Mais aujourd'hui, c'est le PSV qui tient la corde. Un sérieux problème se pose pourtant: la loi néerlandaise interdit d'offrir un contrat de travail à un mineur non-européen. Et le droit brésilien ne l'autorise pas à être transféré avant ses seize ans. Le PSV a donc pris une option sur le jeune prodige. Le club déboursera 500 euros par mois à son club brésilien, Mirassol, afin de subvenir à son alimentation et à son éducation. Tous les moyens sont bons pour dénicher la perle rare.

L'exemple de Nicao est loin d'être un cas isolé. Sur le marché des transferts, une nouvelle tendance est née: débusquer les jeunes talents de plus en plus tôt, avant leur éclosion. La technique, c'est d'offrir un montant exorbitant pour un jeune talent, mais qui reste nettement inférieur à la future valeur marchande du joueur. Un investissement à long terme que sont prêts à faire une multitude de grands clubs européens.

Nous avons dressé le portrait de trois grandes promesses du football mondial, à qui les spécialistes prédisent un grand avenir. À neuf, douze ou à quinze ans, ils sont déjà la proie de nombreuses convoitises.

480.000 euros pour Coco, un Argentin de douze ans

Erik Lamela: ce jeune Argentin de douze ans évolue à River Plate. Son fabuleux destin se met en route lorsqu'il dispute un tournoi en Espagne, dont il termine meilleur joueur et pichichi. Le sens du jeu de celui que l'on surnomme Coco émerveille beaucoup de recruteurs. C'est le Barça qui décroche la timballe, en y mettant le prix: 480.000 euros pour quatre saisons! En plus de cela, les Catalans prennent en charge l'éducation du prodige et ont trouvé un emploi à son père, José. Le président de River Plate, lui, crie au scandale. Il estime que cette transaction se rapproche du trafic d'enfants. Jusqu'à présent, aucune suite n'a été donnée à la plainte qu'il a introduite auprès de la Fifa. Cette chasse aux prodiges n'est pas seulement le fait des clubs. Elle concerne aussi les... équipementiers sportifs: Nike a déjà proposé à Erik Lamela d'intégrer son écurie !

Jean Carlos Chera: 1,37 m pour 35 kilos: il est haut comme trois pommes mais cela ne l'empêche pas d'être suivi par plusieurs formations du top européen, Manchester United en tête. Jean Carlos, neuf ans, est Brésilien. Dès l'âge de quatre ans, il sort du lot, grâce à sa technique en mouvement et l'efficacité de ses dribbles. Il joue depuis se débuts à l'ADAP, un club de la ville de Parana. «Huit clubs européens, dont Porto et Manchester, se sont déjà manifestés», raconte le président de l'ADAP, Adilson Prado. «C'est logique: il deviendra plus que probablement le meilleur joueur du pays.» Jean a reçu des offres pour rejoindre l'Europe avec sa famille. Mais M. Prado pense que ce ne sera pas pour tout de suite: «Il a d'abord besoin de vivre son enfance.» Des paroles très sages dans la bouche du dirigeant... qui ne perd pourtant pas de vue son intérêt: sur le site internet du club (www.adap.com.br), on trouve une cassette vidéo du prodige, auteur d'actions individuelles époustouflantes face à des joueurs de 14 ans. De quoi faire grimper un peu plus sa valeur marchande...

À quinze ans, le joueur le mieux payé aux Etats-Unis

Freddy Adu: le Brésil et l'Argentine ne sont pas les seuls pourvoyeurs de futures stars. Adu, 15 ans, est... Américain. Originaire du Ghana, ce solide attaquant a été naturalisé. À la différence de Lamela et de Chera, Fast Freddy évolue déjà sur le même terrain que les adultes. Convoité par Man U, Chelsea et l'Inter, il est entré dans l'histoire du football en faisant ses débuts professionnels à l'âge de quatorze ans, sous les couleurs du club américain de DC United. Aujourd'hui, il est est le joueur le mieux payé de la Major Soccer League. Ses sponsors, dont... Nike, lui versent un million de dollars par an. Assez pour profiter de sa jeunesse?

© Les Sports 2005