Football Les Belges à l'étranger
Champion d'Espagne avec le Real, Axel Hervelle pourrait être igné cette nuit par une équipe NBA

MADRID «Axel Hervelle ne vous le dira sûrement pas parce que c'est un garçon intelligent mais il nourrit de très grandes ambitions quant à son avenir.» Il y a trois ans, lorsque l'un de ses équipiers lança ce joli compliment à son égard, Axel Hervelle pointait à peine le bout de ses chaussures au sein de l'équipe première de Pepinster. Aujourd'hui, force est de constater que le Verviétois a eu raison de croire en son étoile. En battant Vitoria, le grand favori et premier de la Liga, à l'issue de la phase classique, il vient de remporter le titre de champion d'Espagne avec le Real Madrid, imitant Eric Struelens, sacré en 2000. Certes, Hervelle n'a, lui, pas décroché les écussons nationaux en France comme le fit le Bruxellois en 1997 avec Paris, mais il s'agit bien d'un détail dont ne se préoccupe sûrement pas le Hoëgnard.

Arrivé au Real Madrid presque contraint et forcé à la fin du mois d'octobre - on se souvient que le joueur n'était pas contre l'idée de demeurer au Paire jusqu'au terme de la saison et que son départ avait provoqué celui de Niksa Bavcevic -, le capitaine pepin s'est vite affiché comme l'une des valeurs sûres de l'effectif castillan. Aligné de plus en plus souvent dans le cinq de base, il fut carrément l'un des éléments les plus en vue lors de playoffs (6,8pts et 5,8rbs en 19min de moyenne contre 6,0pts et 5,1rbs en 18min lors de la saison régulière) qui auront, à coup sûr, encore fait grimper sa valeur marchande.

Axel Hervelle poursuit son destin à la vitesse de l'éclair. A un âge où de moins en moins de Belges gagnent du temps de jeu au plus haut niveau, le Verviétois est plus que jamais l'un des figures marquantes du présent et de l'avenir du basket belge au même titre que Didier M'Benga, qu'il pourrait imiter tôt ou tard. Auquel cas, il deviendrait le premier Belge né dans son pays à rejoindre la meilleure ligue du monde. Cette nuit, son agent sera, en tout cas, à New York pour la draft, à laquelle s'est inscrit le joueur. S'il y obtient un ticket pour la grande Ligue, ce sera, au mieux, en fin de deuxiè- me tour. Il pourrait alors atterrir à Phoenix, à Toronto, à Detroit ou à Atlanta. Hier soir, il affirmait en tout cas qu'il serait «toujours au Real l'an prochain sauf si un club NBA (lui) propose un bon temps de jeu», ce qui semble tout de même assez peu probable.

Champion d'Espagne dimanche soir, Hervelle estime ce titre amplement mérité. «En finale, nous étions les plus forts, dit-il. Nous aurions déjà pu terminer le travail en quatre manches mais on leur a donné la troisième (sic) en commettant trop d'erreurs.» D'erreur, le Hoëgnard n'en a pas fait en signant un contrat de deux ans (avec une option pour deux de plus) dans la capitale espagnole. «Être champion avec le Real Madrid, c'est unique. C'est un rêve mais c'est surtout la récompense d'un long travail, dur et intense. Maintenant, je suis mort et vais rentrer mercredi en Belgique. Il pourra alors penser à son avenir estival. Je suis certain de prendre part à un work-out à Los Angeles pour y travailler ma puissance et ma vitesse. J'espère pouvoir m'y rendre la deuxième quinzaine de juillet. En revanche, j'aimerais bien ne pas participer à une ligue d'été car il faut vraiment que je me repose. Cela dit, tout dépend des résultats de la draft.» Et l'équipe nationale au mois d'août? «Elle reste une priorité à mes yeux...» conclut-il. Et d'enfin prendre quelques minutes de repos avant d'enchaîner sur d'autres festivités.

© Les Sports 2005