Football Le noyau dur du Beitar est traité d’organisation criminelle.

La Familia. Voilà le nom que porte le club de supporters du Beitar. Un nom tout ce qu’il y a de bon enfant. Pourtant, derrière La Familia se cache une frange extrême de supporters dont le slogan favori est Mort aux Arabes et qui a pour habitude d’étendre dans la tribune son immense drapeau flanqué de la mention Beitar pur pour toujours.

C’est bien ces supporters, issus du nationalisme israélien et membres du Likoud ou de divers partis de droite, qui sont attendus demain en nombre à Charleroi. Un bloc de 600 places a été réservé pour les supporters du Beitar. Mais les autorités estiment qu’il y aura au moins un millier d’Israéliens au Mambourg. Bref, les forces de l’ordre sont sur les dents…

Car La Familia, traitée d’organisation criminelle en 2013 par le Ministre des Sports, fait peur !

Si le Beitar suscite la polémique partout où il passe, c’est que le club n’a jamais embauché le moindre joueur arabe au cours de ses 79 années d’existence… alors que 40 % de la population de Jérusalem (soit 300.000 personnes) est arabe. "Même si nous avions l’occasion d’engager un bon joueur arabe, nous ne le ferions pas, parce que nos fans ne sont pas prêts à cela. Cela ne ferait que provoquer un tollé," a déclaré l’ancienne administration du Beitar.

Forcément, dans un tel contexte, les incidents racistes sont nombreux. En 2013, le club a connu plusieurs semaines d’actes de violence après que le président de l’époque voulut faire preuve d’ouverture en engageant deux jeunes joueurs musulmans issus de Tchétchénie. "Lorsque Kadiev est monté au jeu pour la première fois, il a reçu un accueil des plus détestables", a témoigné l’envoyé du Washington Post.

C’était la première fois qu’un joueur d’origine musulmane portait la vareuse du Beitar, seul club israélien à ne compter que des joueurs juifs dans son effectif. Suite à cela, les locaux du club ont été incendiés et tous les trophées brisés. Des faits attribués aux membres de La Familia. "Ce recrutement a plongé le club dans un scandale national et international et a suscité de nombreux appels à contrer le racisme manifeste d’un noyau dur de supporters", a encore rapporté The Guardian.

En vain, pour le moment…

"Après des décennies de négligence, l’état hébreu a décidé d’agir : il va examiner la politique d’embauche des joueurs du Beitar et, s’il la juge discriminatoire envers les joueurs arabes israéliens, le club sera poursuivi", note l’analyste sportif Yoav Borowitz dans une opinion publiée cette semaine sur i24news. "Depuis des générations, le peuple juif a été exclu. Mais le fait que le club le plus important de la capitale d’Israël exclut le peuple arabe ne semble pas déranger les autorités israéliennes. L a politique officieuse du Beitar est tout à fait unique dans le monde du sport aujourd’hui. C’est une véritable honte pour le club ainsi que pour la société israélienne."

Par le passé, en Écosse, un club comme le Celtic n’a pas embauché de joueur protestant, alors que son rival du Rangers évitait d’engager des catholiques. Mais cela est maintenant révolu.

Autre acte scandaleux : il y a tout juste un an, trois ados israéliens ont été enlevés et retrouvés morts dans la Bande de Gaza. Dans la foulée, une vengeance a eu lieu et un enfant palestinien a été tué à son tour. Six membres de La Familia sont actuellement emprisonnés pour cet acte barbare.

On est bien loin du foot…