La Roja face à sa bête noire

Vincent Lothaire Publié le - Mis à jour le

Football

La Nazionale pourra-t-elle priver les Espagnols d’une formidable passe de trois?

Trois semaines, en football, c’est presque une éternité. Le 9 juin, la Nazionale faisait profil bas au moment d’affronter le champion du monde et tenant du titre, qu’elle contraignit cependant au partage (1-1). Ce soir, la confiance résidera peut-être davantage de son côté. Et elle le doit peut-être d’abord à Mario Balotelli, celui-là même qui avait été si maladroit face à Casillas à l’Arena de Gdansk.

C’est la 4e fois que des équipes ayant déjà croisé leur route lors des poules se retrouvent au dernier stade de l’épreuve. À 2 reprises (l’Allemagne face à la République tchèque en 1996 et la Grèce face au Portugal en 2004), la finale a confirmé le résultat initial. Une fois (les Pays-Bas face à la Russie en 1988), l’équipe battue en phase de groupes a pris sa revanche.

Au fil des matches, la Nazionale , secouée par l’affaire du Calcioscomesse avant d’en sortir peut-être encore plus solidaire, a trouvé son rythme, son jeu. Après un système à trois défenseurs axiaux, Cesare Prandelli a réaffirmé le 4-3-1-2 (avec un entrejeu en losange) qui lui tient à cœur.

Comme il l’avait déjà affirmé avant d’affronter l’Allemagne, Prandelli jure qu’il ne va pas changer sa philosophie. “Face à l’Espagne, nous avions joué une bonne 1re mi-temps et nous devons présenter la même attitude. Nous ne devons pas avoir peur d’affronter cette grande équipe. Par rapport au début du tournoi, nous avons progressé aux niveaux technique et psychologique. Nous avons pu travailler, nous sommes désormais une équipe” , dit-il.

De fait, après plusieurs tâtonnements dictés aussi par les blessures, Prandelli est parvenu à remettre sur pied une défense sécurisante. Il est surtout parvenu à gérer les cas Balotelli et Cassano, deux joueurs qui n’ont pas toujours eu la cote auprès des sélectionneurs précédents. “Un entraîneur devient un grand entraîneur s’il a de grands joueurs. Ils peuvent te faire gagner des matches et, si tu es patient avec eux, ils ont ensuite une vraie reconnaissance” , confesse Prandelli.

Avec Cassano à ses côtés et, surtout, Pirlo derrière comme rampe de lancement, Balotelli, déjà auteur de 3 buts et qui pourrait viser le titre de meilleur buteur du tournoi, a amplement justifié la confiance de son coach. Ce soir, il sera sans doute l’arme numéro de la Squadra , mais peut-être aussi la dernière fusée qui aura tant manqué au football italien tout au long de ce tournoi.



© La Dernière Heure 2012
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