Football

Ballade nostalgique dans les salons du Philips Stadion

EINDHOVEN Dans les entrailles feutrées du Philips Stadion, le culte du passé est sacré. Tel un virus, il se transmet de générations en générations. Pardon, de salles en salles devrions-nous dire. Le seuil n'est pas encore franchi qu'en pointant le nez en l'air, avant de le plonger éventuellement dans le verre, c'est la Brasserie Van Breukelen, du nom du seul gardien du PSV qui ait un jour levé au ciel la Coupe des Clubs Champions, qui surplombe une enceinte richissime. Au fond, ici, ont-ils vraiment besoin des primes gigantesques allouées par l'Uefa aux clubs qui prennent part à la Ligue des Champions? Naguère, la trésorerie du président Hendrik van Raaij additionna plus d'un milliard de nos francs par le biais des transferts de Romario (en 93) et de Ronaldo (trois ans plus tard) à Barcelone. Deux garçons qui, aujourd'hui, ont des salles exclusivement réservées à leur nom. Le minimum, direz-vous, eu égard au return financier qu'ils ont garanti. Encore fallait-il miser sur eux à une époque où leur popularité n'était pas aussi épaisse que le vert pré du stade. La Ronaldozaal n'est rien d'autre, du reste, que le perscentrum, agréable et nullement obsolète d'ailleurs. La salle qui jouxte celle-ci, dont les mètres carrés sont tout autant élevés, revient à un des nôtres qui n'a laissé que des souvenirs impérissables et qui sera choyé jusqu'à la fin de ses jours chaque fois qu'il posera un orteil ici: la Luc Niliszaal. Elle est réservée au VIP, qui s'y attablent volontiers et pas pour y goûter un gouda.

La gloire passée est aussi entretenue sur les murs. A la sortie de la Ralf Edströmzaal (tiens, encore un que l'on connaît sur le bout des doigts chez nous), les portraits de Bobby Robson, de Hans Westerhof, de Hans Kraay, de Guus Hiddink ou de Dick Advocaat nous accompagnent. Au bout, on devine la barbe un tantinet agressive du dernier entraîneur en date. Elu joueur du siècle par les indigènes, Eric Gerets aura, c'est sûr, une statue érigée à son nom si, un jour, il ramène un trophée continental. Il deviendrait alors le seul à avoir remporté une Coupe d'Europe, des Champions ou d'Uefa qu'elle fût, en tant que joueur et entraîneur du PSV.

Mais d'ici là, le luxe suintera plus volumineusement encore dans les salons du Philips Stadion