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Le club a terminé 4e du Championnat de France et s'est qualifié pour l'Europe League


PARIS La puissante société d'investissement Qatar Sports Investments (QSI) a acheté 70% du capital du club de football français Paris Saint-Germain au fonds américain Colony Capital, qui conserve pour le moment 30% des parts, a annoncé ce dernier mardi.

"Nos amis qataris sont comme une perle rare", s'est félicité en conférence de presse Sébastien Bazin, le représentant du fonds américain et président du conseil de surveillance du club. "Nous partageons des valeurs communes, ils ont une éthique, une ambition et une très grande discrétion".

Désireux cependant de ne pas ébruiter le nom du futur partenaire resté absent mardi, Colony s'est fait doubler par le maire de Paris Bertrand Delanoë et la municipalité qui, en réaction, ont "accueilli positivement l'arrivée de QSI", un fonds d'investissement créé par la famille régnante du Qatar.

De sources proches du dossier, l'acquéreur pourrait avoir déboursé quelque 50 millions d'euros pour acquérir 70% du capital. Les pertes et le déficit cumulés, chacun d'une valeur avoisinant les 20 millions d'euros, seraient inclus dans la transaction.

Cette modification d'actionnariat devrait être entérinée lors d'un conseil de surveillance dans la deuxième quinzaine de juin, a détaillé Bazin en précisant que, même s'il y avait eu "beaucoup de va-et-vient" depuis, les discussions avec le QSI remontaient au printemps 2010.

La présentation officielle de l'investisseur, qui pourra alors de vive-voix préciser ses motivations, devrait se faire "dans les prochaines semaines", a continué le président de Colony Capital Europe en assurant que le fonds américain était "encore là pour 3-4 ans".

"On a fait 60% du chemin, ce n'est pas le moment d'arrêter mais ce sont eux désormais qui vont assumer les décisions majeures", a-t-il poursuivi en révélant que le budget de la prochaine saison avait été présenté dans la matinée à la DNCG "avec leur assentiment".

Alors que les finances du club sont dans le rouge, celui-ci ne devrait pas exploser avec l'arrivée des Qataris, même si leur fortune ravive les rêves les plus fous des supporteurs qui n'ont plus vu leur équipe, sportivement sur le déclin, disputer la Ligue des champions depuis 2004.

Alors qu'un joli redressement sportif cette saison n'a pas permis aux dirigeants d'atteindre cet objectif, l'arrivée de la puissance financière qatarie peut grandement aider le club à passer un cap.

"Le Qatar vient au PSG pour que ce club soit au premier niveau en France et en Europe", a rassuré Bazin pour lequel l'investisseur a "une vraie ambition de participer" à la campagne de recrutement.

Reconnaissant tout de même avoir "commis certaines erreurs", Bazin a rappelé son bilan et notamment la construction d'un nouveau centre d'entraînement au Camp des Loges, l'excellence de la formation avec ses symboles Sakho et Chantôme, ou les contrats passés aux Etats-Unis pour développer à l'internationale la marque PSG.

Interrogé sur le devenir des hommes en place, et particulièrement celui du président Robin Leproux et de l'entraîneur Antoine Kombouaré, Bazin a assuré qu'il se "battait pour défendre l'équipe existante" et qu'il n'était pas "inquiet".

Leproux pourrait prochainement rencontrer les nouveaux investisseurs pour "échanger avec eux son point de vue".

"C'est un moment historique, on se prête à rêver", a pour sa part réagi le président actuel en faisant part de son souhait de poursuivre l'aventure. "C'est plein de promesses".

© La Dernière Heure 2011