“Les Belges voulaient me priver de mon coq”

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Football

Le Français Clément d’Antibes est devenu célèbre grâce à son volatile, devenu symbole du succès bleu en 1998

Si le Portugais Jorge Franco se démarque par sa performance sportive et l’Espagnol Manolo par sa longévité, le Français Clément Tomaszewski s’est, lui, démarqué grâce à son petit compagnon : Balthazar, un coq. “Je suis l’équipe de France depuis 1982, mais je n’étais qu’alors qu’un simple supporter des Bleus parmi tous les autres” , explique-t-il.

C’est en 1998, pour le Mondial disputé à domicile, que Clément a l’idée d’emmener son coq nain au stade. “J’avais ce coq chez moi avec quelques poules. Cela me semblait logique de le prendre puisque c’est l’emblème de la France.”

Un coup d’essai qui se transforme en coup de maître. Le coq devient coqueluche. “Les résultats étaient bons et mon animal devenait le porte-bonheur des Bleus. J’ai même dû lui trouver un nom tant il était populaire. Les gens voulaient savoir comment il s’appelait. Après la victoire en demi-finale contre la Croatie, j’ai choisi le patronyme de Balthazar, un hommage à un pote trop tôt disparu qui partageait la passion du foot avec moi.”

Clément Tomaszewski hérite lui aussi d’un petit nom : Clément d’Antibes. “Tout simplement parce que j’habite Antibes” , sourit-il. Plus simple à retenir qu’un nom de famille à consonance polonaise. “Mon père, un légionnaire, avait du sang polonais. Pour l’instant, je suis en Ukraine mais j’espère que la France jouera une fois en Pologne. C’est possible en demi-finale.”

Quatorze ans plus tard, Balthazar est toujours là. Le nom se perpétue d’animal en animal. “Je l’emmène dès que je peux. En France, c’est simple depuis que la Fédération a donné une accréditation spéciale à mon coq. À l’étranger, ce n’est pas toujours simple à cause de... la SPA. On m’accuse de maltraiter Balthzar, notamment chez vous. Pendant l’Euro 2000, des associations belges disaient qu’on devait m’interdire de prendre mon coq. C’est ridicule, il est traité comme un roi avec moi. Faut pas croire que je vais le balancer sur la pelouse, je ne suis pas un hooligan.”

Clément a quand même cru perdre son Balthazar en Afrique du Sud à la dernière Coupe du Monde. “À cause d’un… éléphant” , précise-t-il très sérieusement. “Enfin, à cause de moi surtout. On faisait un safari dans un parc. On avait comme consigne de ne pas descendre de la voiture, mais j’avais envie de photographier un éléphant de près. J’ai ouvert la porte, je suis sorti quelques secondes et Balthazar en a profité pour se tailler. Heureusement, je l’ai vite rattrapé. Avec les lions, il n’aurait pas tenu longtemps...”

Clément et Balthazar ont aussi vécu une drôle d’aventure en Espagne. “C’était à Valence. Mon coq s’est mis à chanter à cinq heures du matin. Il a réveillé tout l’hôtel et la police nous a mis dehors de manière très agressive. Ce n’est pas la première fois qu’il chantait mais jamais les gens n’avaient aussi mal réagi. Mais je m’en foutais : quand Balthazar chante, les Bleus gagnent en général.”



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