Football Si les droits TV n’ont pas encore été attribués (lire ici), la Pro League n’a pas chômé lundi en prenant plusieurs mesures, dont celle, importante, du fair-play financier.

- Les clubs ne pourront plus dépenser plus qu'ils ne gagnent: le fair-play financier va être appliqué dans notre championnat, comme il l’est déjà pour les participants à une Coupe d’Europe.

Concrètement, cela signifie qu’un club de Pro League ne pourra pas dépenser plus d’argent qu’il n’en gagne. “Le règlement du fair-play financier dans notre championnat sera le même que celui de l’UEFA, à quelques petites différences près…”, précise Pierre François, directeur général de la Pro League. Des sanctions sont déjà prévues pour ceux qui ne respecteront pas cette nouvelle règle : la diminution du nombre de joueurs à inscrire pour une saison et/ou un retrait de trois points pour la saison suivante. Si ce fair-play financier à la belge n’entrera en vigueur que pour la saison 2019-2020, il sera déjà important dans la gestion de nombreux clubs de Pro League dans les prochaines semaines. Il sera, par exemple, plus difficile pour des clubs comme Ostende (via Marc Coucke) ou Eupen (via le Qatar) de dépenser comme ils le font maintenant grâce à un généreux donateur. “Il y a beaucoup de clubs belges en déficit structurel chaque année qui doivent compenser les pertes par la vente de joueurs. Cela peut parfois être dangereux sur le plus long terme…”, conclut Pierre François.

- Les clubs visiteurs payeront en cas de dégâts : qui est responsable des supporters du club visiteur ? Vaste question mais la Pro League a tranché : si des supporters du club B font des dégâts dans le stade du club A, c’est le club B qui devra payer.

- Un coach exclu devra payer 5000€ : un entraîneur renvoyé en tribune par l’arbitre devra payer 5000€ d’indemnité à la Pro League. Il pourra toujours être poursuivi en plus par le parquet. Même somme à sortir du portefeuille pour un coach qui communiquerait d’une manière ou d’une autre avec son staff alors qu’il est suspendu.

- Gaffe à la critique d’un arbitre : dans cette même volonté de renforcer l’autorité d’un arbitre, critiquer l’homme en noir sera plus risqué pour un dirigeant, un entraîneur ou un joueur. S’ils pourront toujours commenter les décisions de l’arbitre, ils ne pourront plus remettre en cause publiquement sa loyauté (comme le Standardman Edmilson l’avait fait sur Twitter pendant le dernier Clasico en se demandant si Vertenten n’était pas Mauve).

- Le foot le lundi sera possible : jouer le lundi en Pro League ? Possible dès la saison prochaine si un (ou plusieurs) club atteint encore les quarts de finale d’une Coupe d’Europe. Le calendrier sera adapté à condition que le coach du club européen soit d’accord de reculer son match.

- Le prix du meilleur… gazon : l’herbe est-elle plus verte ailleurs ? Un nouveau prix y répondra dès la saison prochaine avec le prix du plus beau gazon. L’entraîneur et le capitaine de l’équipe visitée ainsi que le délégué du match devront noter la pelouse de l’adversaire. Notes qui serviront à un classement pour ce trophée.

- Uniformisation des… ramasseurs : en D1A et D1B, tous les clubs visités devront quadriller la pelouse de neuf ramasseurs de balle. Pas un de plus, pas un de moins.

- Les places en Coupe moins chères : si Pierre François proposait la gratuité des places en Coupe de Belgique jusqu’en quart de finale pour attirer plus de monde dans les stades, les clubs sont tombés d’accord sur la somme maximale de 10€.

La réforme de la formule du championnat n’a, par contre, pas été mise sur la table de la Pro League lundi. Il faudra plus que probablement attendre 2020 et un changement du règlement (il ne faudra plus 80 mais 51 % pour dégager une majorité) pour y parvenir.

Le durcissement des règles en matière de jeunes formés en Belgique a aussi été abordé mais sans dégager de solution. Plusieurs clubs, qui ont déjà du mal à inscrire 6 joueurs formés en Belgique sur la feuille de match, ont fait valoir que cela pourrait nuire à l’attractivité de notre championnat…