Football

Comment se mettre un peu de baume au cœur ?

BRUXELLES Très (trop) souvent, les joueurs et les entraîneurs nous sortent, à la fin d'un match (admettons que ce n'est pas le moment idéal pour s'exprimer), un discours formaté qui, d'un côté, a pour but de ne pas mettre sa place de titulaire en péril et, de l'autre, exige de ne pas empiéter maladroitement, au risque de froisser, sur le discours qui se tiendra en interne.

Certaines expressions ont aussi pour but de ne pas froisser.

L'attaquant de poche : décrit celui qui est souvent trop petit pour s'imposer dans le football moderne. On louera sa vivacité.

La chance se provoque : réplique courante de quelqu'un vexé par le constat d'une victoire avec un certaine réussite.

On n'a pas su saisir notre chance : manière gentille de ne pas vexer les attaquants qui ont raté beaucoup d'occasions. On peut aussi utiliser "il a fait le mauvais choix" ou "il y avait la place pour faire mieux".

Un match très tactique : pourquoi ne pas avouer directement qu'on s'est ennuyé ? On loue aussi l'organisation adverse.

La passe téléphonée : il y a les passes ratées qui vont en touche. Celle-là est interceptée par l'adversaire.

Il n'est performant qu'en match : manière sympa de laisser une star glander aux entraînements. Le joueur d'entraînement est celui qui réussit tout en semaine, rien le week-end.

Un joueur étrangement seul : maquillons l'erreur de celui qui devait l'accompagner.

Tirons à la même corde ou jouons en bloc : solution répétée aux journalistes qui demandent la solution aux résultats négatifs. Bref, certains jouent trop leur carte personnelle.

Dans le collimateur de l'arbitre : ce dernier est, lui, toujours du mauvais côté du fusil dans les déclarations d'après-match.



© La Dernière Heure 2008