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Le portier liégeois du RC Genk assume les bêtises qu'il a faites, mais estime qu'elles ont été exagérées par les médias

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GENK Un petit mois après son retour des Jeux Olympiques de Pékin, Logan Bailly s'est pleinement replongé dans son quotidien, à Genk. Avec son Racing, il va disputer, demain soir, le premier choc de la saison lors de la venue à la Cristal Arena du Club Bruges.

Doit-on s'étonner de votre présence sur la pelouse demain soir, alors qu'on avait annoncé votre départ du Limbourg au printemps dernier ?

"Il y a eu beaucoup de rumeurs voici quelques mois. La direction aurait déclaré que je ne partirais plus avec le statut de numéro 1 cette saison. Et j'avoue que l'étranger, les grandes compétitions, fait partie de mon plan de carrière. Juste avant mon départ pour les Jeux, j'ai rencontré les décideurs du Racing et il est clair que je livrerai une neuvième campagne complète sous la livrée genkoise. L'heure d'un prochain transfert n'a pas encore sonné, mais je ne m'inquiète guère. Je n'ai jamais que 22 ans. Je ne compte pas loin de 100 matches parmi l'élite et j'ai déjà pris part à deux grands tournois."

On a longtemps évoqué la possibilité d'un retour au Standard.

"On a fait beaucoup de bruit autour de vagues contacts. Le tout a été accentué par le fait que je suis liégeois et que j'ai toujours clamé que le Standard était le club de ma ville et de mon coeur. Mais ce passage semblait compliqué vu les relations entre les deux clubs. À l'époque, j'ai pris seul la décision de quitter le club de Sclessin. Le Racing m'avait soumis une proposition séduisante et je n'entretiens toujours pas le moindre regret à ce jour."

Vous êtes même devenu le plus fidèle de l'effectif limbourgeois...

"Alors que je n'affiche toujours que 22 printemps ! Je suis fier à la fois de ce que j'ai pu apporter au club et de la confiance que celui-ci m'a accordée. Contrairement à ce que certains se sont plu à affirmer, je n'ai jamais eu le moindre souci avec qui que ce soit à Genk. Je bénéficie également de la confiance du staff et je suis toujours le numéro 1. Je compte évidemment tout mettre en oeuvre pour le rester."

Hugo Broos a lancé votre carrière et Ronny Van Geneugden vous considère également comme un incontournable.

"On peut dire ce qu'on veut sur notre ancien mentor, mais c'est lui qui m'a jeté dans le grand bain et qui ne m'a jamais ménagé son soutien, dans les bons et les moins bons moments. Ronny, je le connais depuis longtemps. Sur le plan humain, je n'hésite pas à la comparer à Jean-François de Sart. Il est plus qu'un simple entraîneur à mes yeux. Il possède l'aura et l'envergure d'un grand. Il lui manque seulement l'expérience. J'espère qu'on lui accordera le crédit qu'il mérite."

de Sart, le nom est lancé. Vous faisiez partie de cette génération en or d'Espoirs qui suivaient leur coach les yeux fermés.

"Jean-François est une personne exceptionnelle. Grâce à sa personnalité, on a atteint des sommets avec les Diablotins. Un entraîneur de son envergure ne peut pas s'éterniser sur la touche. Il vouait une confiance sans borne à la bande de copains qu'il avait constituée et nous le lui avons bien rendu."

Peu de joueurs peuvent se targuer d'avoir participé aux Jeux olympiques. On ne pourra plus l'ôter de votre carte de visite, d'autant que vous vous y êtes distingué positivement, à l'inverse de ce qui avait été le cas à l'Euro aux Pays-Bas.

"Il est délicat de comparer les deux tournois. L'Euro venait boucler une saison éprouvante et la préparation n'avait sans doute pas été de la même qualité que celle que nous avons eue avant les JO. Aux Pays-Bas, il s'agissait également de mon premier grand tournoi. J'en ai retenu les leçons avant de décoller pour Pékin. Là-bas, on ne s'est pas réellement rendu compte de la grandeur de l'événement puisqu'on était un peu coupé du monde. Nos familles nous ont expliqué la portée de nos exploits."

Pas de regrets de ne pas avoir trop côtoyé les grands athlètes mondiaux ?

"Étant éloigné du village olympique, on pouvait se concentrer sur notre tâche sans se disperser. Ce fut finalement une bonne chose."

La page des espoirs tournée, l'heure est venue de penser uniquement aux Diables.

"Je ne le cache pas : mon objectif prioritaire est de devenir numero un chez les Diables. La balle est dans mon camp. Il me revient de prouver par mon travail et mes prestations que je peux revendiquer cette place. Je suis ambitieux, très ambitieux même, mais je me garde bien de brûler la moindre étape."

Stijnen, Renard et maintenant Proto qui revient : la concurrence est grande...

"Tant mieux ! Elle pousse à se surpasser. Sans cet élément indispensable, il n'y a pas de pression. Je suis d'ailleurs très heureux qu'un excellent gardien comme Silvio puisse revenir au premier plan sur les pelouses après deux années difficiles pour lui."

Régulièrement, les spécialistes avouent leur nostalgie des générations précédentes (Piot, Pfaff, Preud'homme) entre les perches. Est-ce à dire qu'il n'y a plus de grands gardiens en Belgique ?

"Je suis très mal placé pour répondre puisque je n'ai pas réellement vu mes prédécesseurs à l'oeuvre. Et puis, comparaison est rarement raison. À nous de répondre sur le terrain. Actuellement, Stijnen est le numéro 1, Renard le 2 et moi le 3. Mon but est de monter dans la hiérarchie."

Excès de vitesse, bagarres... : vous avez fait la Une de l'actualité au niveau des faits divers ces derniers mois.

"Je n'ai ni violé, ni tué personne. Quand je fais une bêtise que j'assume, tout est agrandi, exagéré. Voici quelques jours, un autre pro a été flashé à une vitesse très élevée - pour rappel, je roulais à 140 km/h quand je me suis fait prendre. Cela a fait trois lignes dans les journaux; dans mon cas, j'étais devenu un criminel... Les grands arbres attirent toujours le plus de vent ! Heureusement, je ne pense pas que cela puisse avoir une quelconque conséquence pour la suite de ma carrière. Les clubs intéressés s'adresseront bien aux bonnes personnes pour quérir des infos à mon sujet."

Votre club n'a jamais pris position.

"Je suis assez grand pour me défendre moi-même et pour assumer mes actes. Tout simplement, j'ai livré la seule vérité en tête à tête à l'entraîneur et cette explication lui a suffi."

La paternité vous a-t-elle changé ?

"La famille, c'est ma fierté, ce que j'ai de plus cher au monde. Aussi bien ma fille que ma compagne, mes parents, mon grand-père et mes beaux-parents. Ils me poussent sans relâche. Sans eux, je n'aurais jamais atteint mon niveau actuel. Je suis conscient de ce que je leur dois et je ne les remercierai jamais assez."

Il y a aussi ce côté glamour qui a fait votre réputation. Certains n'ont même pas hésité à vous comparer à Beckham à vos débuts.

"J'avoue que le paraître est important chez moi. Mais il passe tout de même après la qualité de mes prestations. J'aime être élégant, cela fait partie de mon caractère. Mais je ne recherche pas la publicité via ce canal."

Tout comme la star anglaise, vous ne cessez d'ajouter des tatouages sur votre corps.

"Tout cela est très personnel et chacun d'entre eux a une signification bien particulière. Je ne les fais pas pour les montrer à tout le monde."



© La Dernière Heure 2008