Football Le Mexicain trempe dans une drôle d’affaire de stupéfiants qui aurait pu le priver d’une 5e Coupe du Monde.

Rafael Marquez pourrait asseoir un peu plus son rang d’icône du football mexicain. Attendu sur le banc au coup d’envoi contre l’Allemagne, l’homme aux 141 sélections (et 17 buts) pourrait devenir le quatrième joueur de l’histoire à disputer une cinquième Coupe du Monde, rejoignant dans ce club très fermé son compatriote Antonio Carbajal (1950, 1954, 1958, 1962 et 1966), l’Allemand Lothar Matthaüs (1982, 1986, 1990, 1994 et 1998) et l’Italien Gianluigi Buffon (1998, 2002, 2006, 2010 et 2014).

Pourtant, la présence en Russie de l’ancien Monégasque ou Barcelonais qui a terminé sa carrière en club en avril à l’Atlas Guadalajara a longtemps été incertaine. Pas forcément en raison de ses performances sportives, même si elles sont discutées, mais d’une sombre affaire de drogue…

Sa vie a basculé le 9 août 2017 quand, comme le célèbre chanteur mexicain Julion Alvarez, Marquez s’est retrouvé dans le viseur de la justice américaine qui l’accuse d’avoir servi de prête-nom à un baron de la drogue, El Tio Hernandez, qui est accessoirement le parrain de l’une de ses filles.

Conséquence , les comptes du joueur ont été gelés, son visa annulé et son sponsor Nike l’a lâché. Durant deux mois, Marquez a mis sa carrière de joueur entre parenthèses pour se battre sur le terrain judiciaire. Le dossier a très vite pris l’ampleur d’une affaire d’état.

Le règlement de la fédération mexicaine est clair. Du moins en théorie : "un joueur impliqué dans des affaires suspectes n’est pas sélectionnable". Marquez a du coup été prié de faire profil bas, de ne pas s’afficher médiatiquement en sélection pour ne pas froisser des sponsors qui ne voulaient pas voir leur image associée à son nom.

"S’il veut disputer le Mondial, il doit d’abord laver son nom, c’est un problème judiciaire et il faut être très prudent avec cela", avait prévenu le président de la fédération en janvier.

Mais parce que Marquez n’est pas n’importe qui dans un pays dont il est considéré avec l’ancien attaquant du Real Hugo Sanchez comme le meilleur joueur de l’histoire, il a finalement été convoqué. Sans pouvoir par exemple participer à une partie de la préparation qui s’est déroulée aux États-Unis où il ne peut plus se rendre.

Lui qui avait le droit de jouer mais aussi de garder le silence est finalement sorti de sa réserve sur ESPN.

"Cela a été un énorme choc, je pense que beaucoup de personnes ne le réalisent pas ou ne le savent pas. J’ai vécu des semaines où je ne voulais plus sortir de chez moi. Je ne savais même pas ce que le gouvernement des USA me reprochait", y a expliqué celui qui a été payé en liquide cette saison en raison des sanctions qui l’ont frappé. "C’est mon match le plus difficile. Mais je sais qui je suis, ce que j’ai vraiment fait et je n’ai rien à craindre, je garderai toujours la tête haute. La vérité, c’est que je ne regrette rien parce que je ne suis pas un criminel, je n’ai pas enfreint la loi".

Et Marquez a récemment rappelé toute son importance dans le vestiaire. Après le scandale de l’orgie sexuel, celui qui est surnommé dans le groupe El Patron a placé ses coéquipiers devant leurs responsabilités.