Football A 32 ans, le médian français fait, désormais, figure de guide dans la jeune équipe des Buffalos

GAND La raison l'emporte parfois sur le coeur. Frappé par un drame familial, Matthieu Verschuere s'était vu contraint de quitter le stade Jules Otten pour revenir auprès de ses proches l'an dernier. Mais comme le médian restait sur une excellente saison sous le maillot des Buffalos, il n'éprouva aucune peine à trouver de l'embauche au CS Sedan Ardennes. «Ce fut, effectivement, plus un choix de raison qu'une réelle volonté», avoue-t-il. «Malheureusement, ma saison en France fut entravée par des soucis de santé puisque je fus victime d'une déchirure des adducteurs puis d'une entorse au genou qui bloquèrent mon compteur personnel à 20 matches...»

Malgré toute l'obstination et le talent qu'on lui connaît depuis son premier passage sur nos terres, Matthieu Verschuere ne put empêcher la relégation de Sedan. «Nous avons souffert tout au long de la saison», poursuit-il. «D'autant que notre relégation fut actée lors de la dernière journée. Nous avons toujours été sous pression et il n'y avait guère d'ambiance au sein du groupe. On s'est accroché malgré tout. En vain...»

Eprouvé nerveusement mais tout aussi déterminé, Matthieu Verschuere revient donc avec l'envie de jouer. «Cela ne servait à rien de rester à la maison dans de telles conditions», ajoute-t-il. «Quand les dirigeants gantois ont, à nouveau, manifesté leur intérêt, je n'ai guère hésité. Je connaissais le club. En outre, j'avais éprouvé beaucoup de plaisir à me produire en Belgique. Et c'est bien pour ça que j'ai opté pour Gand. Il y a un écart entre la compétition belge et française. Dans mon pays, il n'est pas rare qu'un ténor soit accroché par une formation de bas de classement. En Belgique, ce phénomène est plus rare. Il y a cinq ou six équipes de bon niveau. Les scores fleuve sont légion. Pas en France où le championnat est plus homogène.»

Reste donc à Matthieu Verschuere de confirmer la flatteuse réputation qui faisait de lui un des joueurs les plus efficaces de notre championnat... «A 32 ans, les attentes d'un footballeur sont différentes de celles d'un jeune joueur», remarque-t-il. «J'ai envie de m'amuser sur le terrain. J'espère vivre une bonne saison à Gand même si j'ai été surpris par les nombreux changements.»

Arrivé vendredi dernier, Matthieu Verschuere est en train dé découvrir Jan Olde Riekerink, le successeur de Patrick Remy et d'Herman Vermeulen. «La méthode du Hollandais est très différente de celles que j'ai connues auparavant. L'entraîneur privilégie le jeu avec ballon», remarque-t-il. «Nous ne nous sommes pas encore entraînés puisque nous ne jouons que des matches. Mais n'est-ce pas en jouant que l'on acquiert rythme et automatismes? Le noyau a été rajeuni. Nous manquerons peut-être d'expérience. Ce sera aux plus anciens d'aider l'équipe à progresser.»

Un rôle qui lui est taillé sur mesure...

© Les Sports 2003