Mbokani: "C’est ma femme qui nous a sauvé la vie !"

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Football L'ex-Anderlechtois raconte comment il a échappé à la mort.

Le sportif le plus connu présent à Zaventem mardi matin était Dieumerci Mbokani. L’attaquant de Norwich (ex-Standard et ex-Anderlecht) allait partir au Congo pour jouer en équipe nationale. Après s’être remis du choc pendant 36 heures, il a accordé une interview exclusive à La DH .

Dieumerci, où étiez-vous au moment de l’explosion ?

"Sur le trottoir à l’extérieur du bâtiment. Moi, j’étais près des taximen, ma femme était près des chariots, à quelques pas de l’explosion."

Donc si vous étiez entré une minute plus tôt…

"… On serait morts. C’est ma femme qui nous a sauvé la vie. Moi, je voulais rentrer plus tôt. Mais elle a dit : ‘Attendons la compagne de Nathan Kabasele (NdlR : son cousin qui joue à De Graafschap) qui prend le même vol, elle m’a dit qu’elle arrivait dans une minute ou deux.’ On est des miraculés."

Qu’avez-vous fait au moment de la détonation ?

"Je me suis couché, puis j’ai couru vers ma femme et on s’est enfui vers le Sheraton et ensuite vers les parkings derrière. J’ai laissé mes sept valises où elles étaient. Un taximan m’a suivi avec trois valises, les quatre autres m’ont été fournies à la maison, ce mercredi."

Avez-vous vu des blessés ?

"Oui, ils sont venus vers les parkings. Il y avait même un supporter d’Anderlecht qui, malgré sa grave blessure au genou, est venu me trouver pour me dire combien il était fan de moi. Cela m’a touché."

Vous avez vu la mort de près.

"De très près. Je suis resté calme, sur le moment, pour rassurer ma femme qui était hystérique. En rentrant chez moi, j’ai été chercher notre fils de l’école et on l’a embrassé. On ne lui a rien dit. Il serait traumatisé."

Allez-vous les jouer, ces matches contre l’Angola ?

"Si le coach et le pays ont besoin de moi, je vais. Le Congo était très inquiet. Tout le monde m’a appelé, mais j’étais trop sous le choc pour répondre. Je n’en reviens pas d’avoir assisté à des scènes que je ne vois autrement que dans des films…"