Football

L'Argentine a concédé jeudi une cinglante défaite 3-0 face à la Croatie dans son 2e match du groupe D de la Coupe du monde de football.

Elle peut craindre sérieusement de ne pas rejoindre les huitièmes de finale. Dans ce pays qui fut encore vice-champion du monde il y a quatre ans au Brésil, il y a quatre ans au Brésil encore vice-champion du monde, la défaite a fait très mal. "Messi était l'ombre de lui-même" a jugé la presse. "L'Argentine a été très décevante et a déjà une jambe éliminée", écrit le journal Clarin. "Ce fut un désastre. Nous avons perdu 3-0 et à aucun moment du match, les joueurs n'ont eu de réponse. Une formidable erreur du gardien Caballero a été le début d'un cauchemar. Messi n'a presque pas touché de ballon et n'était que l'ombre de lui-même. Ses coéquipiers n'ont pas été non plus à la hauteur."

Willy Caballero (la doublure de Thibaut Courtois à Chelsea) en particulier, a fait l'objet de nombreuses critiques. Sa faute individuelle a mené directement au premier but croate à la 53e minute. "C'était terrible pour Caballero", a jugé Olé. "Sampaoli l'a félicité pour son jeu au pied, et c'est là que les choses ont mal tourné. Au pire moment, en plus. Il était inconsolable après l'échec."

L'entraîneur national Jorge Sampaoli est aussi sévèrement jugé. "Tic tac, tic tac, tic tac. La bombe est sur le point d'exploser", estime Cronica. "Le vestiaire de l'équipe nationale est ruche où n'importe quelle opinion dissidente peut mettre le feu aux poudres. C'est une question de temps avant que la bombe explose."

L'Argentine a débuté son Mondial en Russie par un match nul décevant 1-1 contre l'Islande, puis s'est inclinée face à la Croatie. Elle jouera son 3e match contre le Nigeria le 26 juin (20h00) à Sainbt-Pétersbourg. La Croatie, avec six points, est déjà certaine de rejoindre le deuxième tour. L'Islande et l'Argentine suivent avec un point, pour le Nigeria (0 point). L'Islande et le Nigeria se rencontrent dans leur deuxième match à Rostov ce vendredi à 20h00.

Sampaoli sur la sellette

Quand une équipe perd, les regards se tournent vers l'entraîneur: Jorge Sampaoli a assumé l'entière responsabilité de la déroute de l'Argentine face à la Croatie (3-0) jeudi pour son 2e match du Mondial-2018, mais si ses choix n'ont pas forcément été heureux, le technicien doit aussi faire dans l'urgence... et avec le peu qu'il a.

Pétard mouillé

En Espagne, Mundo Deportivo titre "Au fond de l'abîme" avec une photo de Sampaoli la tête dans les mains...

Il était question de "révolution" après le premier match de ce Mondial-2018, raté par l'Argentine contre l'Islande (1-1). Exit les stars Marcos Rojo et Angel Di Maria, décevantes, exit la défense à quatre, place à une défense à trois et à des joueurs du championnat argentin, comme Enzo Perez (River Plate) ou Maximiliano Meza (Independiente).

"On est arrivés avec une certaine organisation, en première période on a réussi a contrôler notre adversaire et on a aussi eu nos moments de domination", a expliqué Sampa en conférence de presse. "Mais c'était difficile de passer le ballon à Léo" Messi, a-t-il souligné. Après la mi-temps "nous avons fait entrer Cristian Pavon pour faire évoluer les choses, mais à la suite du premier but croate l'équipe n'a pas réussi à s'en sortir".

"Dans un tournoi au format aussi court, il faut prendre des risques, et je suis responsable pour tout ça", a dit l'Argentin de 58 ans, très marqué. "Je demande pardon aux supporters, notamment à ceux qui sont venus voir l'Argentine ici. Je suis responsable et profondément blessé par ce résultat."

Urgence permanente

Mais pouvait-il vraiment en être autrement avec un tel effectif, et après une telle préparation ? Jorge Sampaoli n'a pris ses fonctions qu'en mai 2017, en pleine campagne de qualifications pour ce Mondial. Sa feuille de route était alors dictée par l'urgence: d'abord, se qualifier pour le Mondial, ce qui n'a longtemps pas été une évidence. Et dans un second temps seulement, préparer la Coupe du Monde.

Finalement, la sélection argentine n'a disputé qu'un match de préparation avant le voyage en Russie, face à une faible équipe haïtienne, avant de perdre sur blessure un titulaire potentiel, Manuel Lanzini. Un autre match, contre Israël, a été annulé pour cause de polémique internationale et Sampaoli a glissé que cela avait "pu nous desservir un peu sportivement".

Et maintenant, que faire ? "On va devoir donner tout ce qu'on peut, il n'y a pas d'autre alternative" pour le match contre le Nigeria le 26 juin, puisque l'Argentine n'est pas encore mathématiquement éliminée.