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Menée dès la première minute par de valeureux Equatoriens, l'Argentine a renversé la vapeur; le génie Messi est sorti de la lampe, pour marquer trois buts cruciaux qui qualifient l'Albiceleste pour le Mondial-2018.

Avec sa victoire 3-1 à Quito, lors de la 18e et dernière journée des Eliminatoires de la zone Amérique du sud, l'Argentine, au bord de l'élimination avant le dernier match, termine à la 3e place (28 pts), directement qualificative pour le Mondial en Russie, derrière le Brésil (1er avec 41 pts) et l'Uruguay (2e, 31 pts).

"Par chance, ça nous a souri, et tout s'est bien terminé. Nous sommes tranquilles, nous avons atteint l'objectif, c'est le plus important", a déclaré Messi hilare en sortant du vestiaire, dans le stade Atahualpa de Quito.

Quelques heures plus tôt, les Argentins se sont offert une belle frayeur. Car les Equatoriens ont ouvert le score en tout début de match. Le milieu Romario Ibarra a profité de l'inattention de la défense argentine pour marquer du gauche après quarante secondes de jeu !

Mais les grands joueurs doivent répondre présent dans les moments clés. Et Messi l'a fait, dans des conditions de jeu très délicates en raison de l'altitude de la capitale équatorienne (2850 m).

Alors que la qualification s'éloignait et que le désespoir envahissait les 41 millions d'Argentins, il a d'abord remis les deux équipes à égalité. A la 12e minute, à l'issue d'un une-deux avec le Parisien Angel Di Maria, le capitaine argentin fusillait du gauche le gardien équatorien Maximo Banquera avant de lever un poing rageur.

Accolade et hommage de Sampaoli

Survolté, Messi a doublé la mise à la 20e minute. Servi en profondeur par Di Maria, encore lui, le Barcelonais a marqué d'un tir puissant du gauche, sur la gauche de la surface de réparation. Imparable, dans la lucarne gauche.

"Un Mondial sans Messi, ce n'est pas un Mondial", lâchait, déchaîné, le commentateur de la chaîne argentine TyC Sports dès le deuxième but de Messi.

"Cela aurait été une folie que l'Argentine ne soit pas au Mondial", a nuancé le génial n.10 au bout de la nuit équatorienne.

La sélection de Jorge Sampaoli aurait pu virer à la pause avec une plus grande avance. Sur un tir de Messi (16), ou quand le même Messi adressait un caviar dans la surface à Di Maria, qui ratait son face-à-face avec le gardien (32), ou encore sur une tête du défenseur Gabriel Mercado sur corner (34).

Le troisième acte du récital Messi intervenait à l'heure de jeu. Sur une relance d'Otamendi, le petit Argentin s'emparait du ballon aux 35 mètres, accélérait et décochait un tir à la limite de la surface qui lobait le gardien équatorien (63).

"Gooooool, goooool, vive le football, vive Messi", hurlait le commentateur argentin.

Célèbre pour ses petites phrases, l'Anglais Gary Lineker résumait la soirée d'un tweet: "Quand il y a Messi, il a de l'espoir". A la fin du match, ses coéquipiers l'ont chaleureusement étreint alors que l'entraîneur Jorge Sampaoli l'a gratifié d'une longue accolade au pied de la tribune où il venait de saluer les supporters argentins.

"C'est le meilleur joueur de l'Histoire. Je suis ému d'être dans un groupe à ses côtés", a déclaré Sampaoli après le match.

Avec ce triplé, le numéro 10 argentin a inscrit ses 59e, 60e et 61e buts avec le maillot de la sélection, en 122 rencontres internationales. Il est désormais le co-meilleur buteur (avec l'Urugayen Luis Suarez) de l'histoire en éliminatoires du Mondial (zone AmSud).

Lors des éliminatoires, l'Argentine n'avait pas marqué dans le cours du jeu depuis novembre 2016 et une victoire contre la Colombie (3-0). En 2017, Messi n'avait jusque là marqué qu'un pénalty en match officiel.

Alors que l'ombre d'un Mondial sans Messi planait sur la planète football, le numéro 10 argentin a rappelé à Quito qu'il faudrait compter sur lui en Russie, où il espère enfin remporter un titre avec l'Argentine, quatre ans après la finale perdue en 2014 contre l'Allemagne.


Battu au Brésil, le Chili dit adieu à la Russie

Le Chili, double tenant en titre de la Copa America, n'est pas parvenu à se qualifier pour le Mondial-2018, s'inclinant 3-0 face au Brésil, mardi, à Sao Paulo.

La "Roja" termine ainsi en sixième position, avec 26 points, même total que le Pérou, qui s'est assuré une place de barragiste grâce à une meilleure différence de buts après son match nul face à la Colombie (1-1).

Déjà qualifiée depuis le mois de mars, la Seleçao s'est imposée sans forcer son talent, grâce à un but de Paulinho (54e) et un doublé de Gabriel Jesus (56e, 90+1).

Présente au stade Allianz Parque, la présidente chilienne Michelle Bachelet, qui arborait un maillot rouge de sa sélection, a assisté au crépuscule de la "génération dorée" du Chili.

Après leur sublime doublé continental (2015-2016), Alexis Sanchez, Arturo Vidal et compagnie ne verront pas la Russie.

Lors des deux dernières éditions de la Coupe du Monde, ils avaient été éliminés en huitièmes de finale, à chaque fois par le Brésil, décidément leur bête noire.

À Sao Paulo, les Chiliens ont tenté de prendre le match à leur compte en pressant très haut une Seleçao peu entreprenante en début de rencontre.

Tactique osée

La "Roja" s'est montrée dangereuse dès la troisième minute de jeu, avec une tête cadrée de Vargas bien bloquée par Ederson.

Mais cette tactique osée leur a coûté cher, les attaquants brésiliens s'engouffrant dans les espaces à chaque relance hasardeuse.

Le gardien chilien Claudio Bravo a réussi à retarder l'échéance en première mi-temps, avec des arrêts décisifs face à Neymar (15e) et Gabriel Jesus (38e), mais a fini par céder après la pause.

Fautif sur le premier but brésilien, relâchant une frappe sur coup-franc de Dani Alves dans les pieds de Paulinho (54e), le portier n'a rien pu faire deux minutes plus tard, sur une contre-attaque d'école de la Seleçao.

Ouverture lumineuse de Coutinho, centre au cordeau de Neymar et Gabriel Jesus à la conclusion: 2-0, résultat qui élimine les Chiliens.

Quelques minutes plus tard, un but colombien à Lima les a remis dans la course momentanément, mais le but égalisateur du Péruvien Paulo Guerrero a tôt fait de les replonger en plein marasme.

Un petit but leur aurait permis d'accrocher une place de barragiste, alors Bravo est monté sur un corner en fin de match pour tenter de forcer le destin.

Cruelle désillusion: sur le contre, Gabriel Jesus a déboulé depuis le milieu de terrain pour crucifier définitivement les Chiliens en poussant le ballon dans le but vide.

Le Brésil, première nation à avoir validé son billet pour la Russie sur le terrain, au mois de mars, termine ces éliminatoires sud-américaines largement en tête, avec 41 points, dix de plus que l'Uruguay (2e), vainqueur de la Bolivie (4-2).


Cauchemar pour les Etats-Unis, qualification historique du Panama

Les États-Unis ont vécu une soirée cauchemardesque mardi avec une défaite 2 buts à 1 à Trinité-et-Tobago, synonyme d'élimination pour le Mondial-2018, tandis que le Panama, vainqueur inattendu du Costa Rica (2-1), s'est qualifié pour sa première Coupe du monde.

Alors qu'elle était en position idéale avant la rencontre, la "Team USA" a sombré à Couva contre Trinité-et-Tobago, pourtant lanterne rouge de la zone Concacaf, dans un stade à moitié vide à la pelouse en piteux état.

Rapidement menés au score, après un incroyable raté de leur défenseur Omar Gonzalez, auteur d'un but contre son camp (17), les Américains ont vu l'addition se corser avant la mi-temps quand Alvin Jones a doublé la mise pour Trinité-et-Tobago (37).

Malgré la réduction du score par Christian Pulisic à l'entame de la seconde période (46), les Etats-Unis se sont révélés incapables d'égaliser, jouant parfois de malchance, comme à la 77e minute quand la frappe de l'attaquant Clint Dempsey est venue s'écraser sur le poteau trinidadien.

Avec la défaite face à Trinité-et-Tobago et les victoires du Panama et du Honduras, les Etats-Unis, qui tombent à la cinquième place du groupe avec 12 points, sont éliminés du Mondial.

C'est la première fois depuis 1986 que la sélection américaine manquera une phase finale de Coupe du monde.

"Nous ne nous sommes pas qualifiés pour le Mondial alors que c'était mon rôle... de nous qualifier", a déclaré l'entraîneur américain Bruce Arena.

Opposé au Costa Rica, déjà qualifié, le Panama a réussi à renverser un match mal entamé et à se qualifier pour la première phase finale d'un Mondial de son histoire.

Menés 1 à 0 à la mi-temps, les Panaméens se sont finalement imposés 2 à 1 devant leur public, Roman Torres inscrivant le but de la victoire dans les dernières minutes du match dans un stade surchauffé.

Le Panama termine 3e du groupe avec 13 points, soit le même total que le Honduras, mais avec une meilleure différence de buts.

Le Honduras a également créé la surprise en s'imposant à l'extérieur face au Mexique, leader du groupe (3 -2).

Grâce à ce succès de prestige, le Honduras s'assure la 4e place du groupe et jouera un match de barrages aller-retour face à l'Australie les 6 et 14 novembre.