Mondial 2018

"Il y a certains joueurs que je veux voir faire leurs preuves contre les meilleurs": le sélectionneur de l'Allemagne Joachim Löw considère le match amical contre la France, mardi à Cologne, comme un test majeur pour jauger ses troupes.

Le coach des champions du monde, comme son homologue Didier Deschamps, voit cette semaine de matches amicaux comme une ultime fenêtre de tests, pour tenter encore quelques expériences avant la dernière ligne droite vers la Coupe du monde en Russie.

Les prochains rendez-vous en mars - contre l'Espagne et le Brésil - seront utilisés pour roder les dispositifs envisagés pour le Mondial.

"L'Angleterre et la France sont des maîtres étalons pour nous", a assuré Löw vendredi soir après le nul 0-0 à Wembley contre l'équipe aux Trois Lions. "Je veux voir à quel niveau se situent certains joueurs. Pour moi, c'est même plus important que le résultat".

"Je considère que la France est un peu meilleure que l'Angleterre", a-t-il ajouté: "La France a une attaque et un milieu de terrain extrêmement rapides, ils sont plus dangereux devant le but que l'Angleterre".

Cette année, les occasions de frotter sa jeune troupe à des nations majeures n'ont pas été légion. Et si l'Angleterre vendredi soir s'est montrée enthousiaste et accrocheuse, elle était privée d'à peu près tous ses cadres, dont l'attaquant vedette de Tottenham Harry Kane.

A Wembley, l'Allemagne a montré un visage conquérant en première période, en se créant nombre d'occasions. Pour s'éteindre peu à peu après la pause.

Löw, infatigable horloger, a de nouveau remonté la pendule, en insistant encore et toujours sur le point essentiel de sa philosophie: "Nous devons relancer plus vite après la récupération de balle, de façon plus dynamique vers le but adverse (...) Il est important que nous rodions cet aspect-là d'ici au Mondial".

Des qualifications trop faciles (10 matches, dix victoires, 43 trois buts marqués, 4 encaissés) ont dangereusement endormi l'équipe, s'inquiète Löw: "Il nous faut réapprendre. Contre des adversaires comme l'Angleterre ou la France, il est indispensable de relancer à la vitesse de l'éclair et de conduire nos attaques jusqu'au bout".

20 matches sans défaite

Mardi à Cologne, le coach testera des joueurs dont la place n'est pas encore assurée pour le Mondial, comme les latéraux Marcel Halstenberg (Leipzig) et Marvin Plattenhardt (Berlin), ou les attaquants Amin Younes (Ajax Amsterdam) et Lars Stindl (Mönchengladbach).

Mais les Bleus doivent aussi s'attendre à trouver en face d'eux quelques champions du monde au sommet de leur forme. Sami Khedira (Juventus Turin) et le patron du milieu de terrain Toni Kroos (Real Madrid), préservés contre l'Angleterre, devraient logiquement rentrer, tout comme Mario Götze, qui retrouve match après match ses sensations avec Dortmund.

Mats Hummels, énorme vendredi soir en défense centrale, sera-t-il sollicité une deuxième fois? Pas certain, tant il n'a plus rien à prouver. Si l'on suit son raisonnement, Löw devrait préférer mettre à l'épreuve ses jeunes centraux Niklas Süle (22 ans/Bayern), Matthias Ginter (23 ans/Mönchengladbach) ou Antonio Rüdiger (24 ans/Chelsea), sachant aussi que Jérôme Boateng, blessé, est forfait.

La France est la dernière équipe à avoir battu l'Allemagne, en demi-finale de l'Euro-2016 (2-0). Depuis, les quadruples champions du monde ont joué 20 fois (16 victoires, quatre nuls), et se rapprochent de leur série record historique de 23 rencontres sans défaite (1978-1980).

L'Allemagne ne se prépare donc pas à un simple match de gala, mais bien à une confrontation d'où doivent sortir quelques vérités. Löw veut surtout savoir qui, parmi ses récentes recrues, peut soutenir la comparaison face aux Bleus d'Antoine Griezmann et Kylian Mbappé potentiellement candidats au titre mondial en juillet prochain.