Mondial 2018

"A chaque fois qu'on m'appellera, je serai à la disposition de ma sélection", a déclaré mercredi le joueur-vedette du Chili Arturo Vidal, qui avait laissé entendre qu'il mettait un terme à sa carrière internationale après l'élimination de la Roja pour le Mondial-2018.

"Le Chili est une équipe de guerriers. Je suis fier d'appartenir à ce groupe. Et je ne vais pas l'abandonner. On continue ensemble jusqu'au bout", a écrit le joueur du Bayern Munich de 30 ans sur son compte Twitter.

"Je suis sûr que, tous ensemble, nous allons revenir plus forts. Ne nous donnez jamais pour morts, nous sommes des guerriers chiliens", a-t-il ajouté, avant de conclure d'un "Allez le Chili, on se voit lors de la prochaine bataille".

Mardi soir, Vidal a pourtant laissé entendre qu'il mettait un terme à sa carrière internationale.

"Merci les gars, pour tout, pour toutes ces années ensemble, à jouer sa vie à chaque match, pour m'avoir appris et avoir appris à un pays qu'avec des efforts et du travail tout est possible dans la vie", avait-il écrit sur Twitter, s'adressant visiblement à ses partenaires en sélection.

Il a dit avoir "l'âme détruite" par l'élimination, mais aussi "être fier des joueurs et du staff technique" de l'équipe nationale.

Début septembre, après la défaite (1-0) contre la Bolivie, le "roi" Vidal avait déclaré qu'il se mettrait en retrait prochainement.

"Je vais me préparer pour être au maximum pour ces deux rencontres (face à l'Equateur et au Brésil) et aller au Mondial, avant d'abandonner la sélection", avait-il lâché à l'aéroport avant de rentrer en Allemagne.

"Ces dix dernières années ont été difficiles, il est temps de se reposer", avait ajouté ce pilier de la "génération dorée" du football chilien, aux côtés d'Alexis Sanchez, Gary Medel ou Claudio Bravo qui ne verront pas la Russie.

Le Chili, double tenant en titre de la Copa America, n'est pas parvenu à se qualifier pour le Mondial-2018, s'inclinant 3-0 face au Brésil, mardi, à Sao Paulo.

Fin de cycle pour la génération dorée

Ni Arturo Vidal ni Alexis Sanchez n'iront en Russie. L'élimination du Chili, double tenant de la Copa America, dans la course au Mondial-2018 a sonné le glas d'une génération dorée, sur fond de déclin sportif et fêtes arrosées.

Au pays de la "Roja", la presse est amère. "La fin d'une époque", titre La Tercera, au-dessus d'une photo montrant les joueurs abattus. La lourde défaite face au Brésil (3-0) était prévisible, tant le Chili a été l'ombre de lui-même dans la phase finale des éliminatoires de la zone Amérique du Sud, défait face au Paraguay (3-0) et à la Bolivie (1-0) et n'arrachant qu'une seule victoire, face à l'Equateur (2-1).

"Malheureusement, c'est la fin d'un cycle", a reconnu le sélectionneur, l'Argentin Juan Antonio Pizzi, qui a présenté sa démission.

Après avoir laissé entendre qu'il mettait un terme à sa carrière internationale, Vidal a finalement confirmé qu'il restait dans l'équipe chilienne: "A chaque fois qu'on m'appellera, je serai à la disposition de ma sélection", a-t-il assuré sur son compte Twitter.

"Le Chili est une équipe de guerriers. Je suis fier d'appartenir à ce groupe. Et je ne vais pas l'abandonner. On continue ensemble jusqu'au bout", a écrit le joueur du Bayern Munich de 30 ans, avant de conclure d'un "Allez le Chili, on se voit lors de la prochaine bataille".

La débâcle du Chili a commencé après avoir disputé la finale de la Coupe des Confédérations, face à l'Allemagne en juillet. L'équipe a semblé dès lors perdre pied, oubliant ses fondamentaux, jeu rapide et possession. A cela s'est ajoutée l'usure de ses joueurs-clés, épuisés par l'enchaînement entre matches en club, principalement en Europe, et rencontres en sélection.

 Ils "s'entraînaient bourrés" 

Mais la fatigue concerne toutes les grosses équipes. Au Chili, il y a un autre facteur: plusieurs joueurs ont été impliqués dans des scandales autour de fêtes arrosées en pleine période de concentration durant les éliminatoires.

Quelques heures avant la défaite face au Paraguay, Arturo Vidal s'amusait ainsi dans une fête animée d'un casino proche de Santiago.

L'épouse du gardien Claudio Bravo l'a résumé sèchement sur son compte Instagram: "Je sais que la majorité n'en foutaient pas une, tandis que les autres faisaient la fête et même s'entraînaient bourrés".

"Quand on enfile le maillot, il faut le faire avec professionnalisme", a-t-elle asséné, "car maintenant, c'est tout un pays qui pleure".

Pour les supporters chiliens, c'est la douche froide, après une décennie où ils avaient fini par croire aux chances de leur équipe sur la scène mondiale.

En 2007, quand un groupe de jeunes joueurs avait décroché la troisième place au Mondial des moins de 20 ans, les spécialistes saluaient l'émergence d'une nouvelle génération, menée par un garçon brun et maigre, tout juste sorti de l'adolescence, et un enfant timide, attaquant de talent: Arturo Vidal et Alexis Sanchez.

Le duo magique, entraîné par le mythique sélectionneur argentin Marcelo Bielsa, mènera le Chili au Mondial-2010 en Afrique du Sud, mettant fin à 22 ans d'absence dans la compétition reine.

Après une période d'errements avec l'arrivée de Claudio Borghi comme sélectionneur, la "Roja" avait repris ses bonnes habitudes, se qualifiant avec Jorge Sampaoli pour le Mondial-2014 au Brésil, où elle chutera honorablement en huitièmes de finale. S'ensuivront les deux trophées coup sur coup en Copa America.

"Je garde le meilleur de ces dix ans, ce qui a été gagné est là", a confié Gary Medel, milieu de terrain de cette génération dorée et déjà nostalgique.