Mondial 2018

Eau de Cologne, parfum de Mondial: l'équipe de France a ponctué mardi son année 2017 mouvementée en allant faire un beau match nul face à l'Allemagne championne du monde chez elle (2-2), avec notamment un doublé de Lacazette.

Les Bleus ont même frôlé la victoire: ils ont mené grâce à Lacazette (34e, 71e), mais la Mannschaft a égalisé deux fois, grâce à Werner (56e) puis Stindl dans les toutes dernières secondes (90e+3).

Après leur qualification d'octobre, sous le signe de la mission accomplie malgré un jeu parfois laborieux, et avant la séquence internationale de mars, la dernière avant la liste mondialiste de mai, les Bleus ont tenu le choc, avec ce beau nul qui suivait la facile victoire contre les modestes Gallois vendredi dernier (2-0).

L'Allemagne, elle, n'a plus connu la défaite depuis 21 matches et la demi-finale de l'Euro-2016, face à... la France (2-0).

Au jeu des joueurs majeurs absents, la France menait 9-3 au coup d'envoi (Lloris, Sidibé, Mendy, Kanté, Pogba, Payet, Lemar, Dembélé et Giroud; contre Neuer, Kimmich et Müller).

Les deux groupes avaient misé sur les expérimentations lors de cette fenêtre d'octobre, mais pas question non plus de galvauder ce rendez-vous.

Didier Deschamps pourra tirer des enseignements de cette séquence de novembre, et en tout cas se reposer sur un vivier garni. Tout en ayant une marge de progression dans le jeu, pas toujours à même de contrôler le cours du match, et plus à l'aise en contre-attaque, sous l'impulsion de Mbappé notamment.

Griezmann remplaçant

Les Français ont tenu le choc, sans souffrir outre-mesure de la comparaison, du moins en première période. Ce fut bien plus dur après la pause. Mais les Bleus ont été plus réalistes, et ont affiché une grosse solidarité offensive.

Alors que l'association Griezmann-Mbappé avait pour la première fois fonctionné à plein vendredi, Didier Deschamps avait choisi de laisser "Grizi" sur le banc au coup d'envoi, signe qu'il plaçait ce match sous le signe du grill, pour y poser Martial devant, et Rabiot en sentinelle.

Et Giroud (adducteurs) n'était pas là: place donc à Lacazette, dans un 4-3-3.

Martial et Lacazette ont défloré le score, lorsque sur un centre de Digne, Martial effaçait Süle et servait un caviar à Lacazette (34e). Ce dernier doublait son compteur personnel, lancé par Mbappé, en venant battre Trapp en face-à-face (71e). "Alex" a marqué des points, et a reçu une chaleureuse accolade de Deschamps en laissant sa place.

Martial lui a offert son premier but, et a eu quelques fulgurances, mais aussi du déchet, comme sur cette contre-attaque où il ne s'entend pas avec Mbappé qui reçoit le ballon hors-jeu (28e). Martial a marqué quelques points, mais la concurrence sur les ailes est rude...

Les Bleus se sont procurés plusieurs occasions nettes, mais sont tombés sur un très bon Trapp, qui disputait ses premières minutes de la saison: il a sorti de très beaux arrêts sur des tentatives de Lacazette (19e), Mbappé (32e) et Martial (58e).

Mais les Allemands sont montés en régime, du centre de Draxler sur lequel Rüdiger rate incroyalement le cadre (53e) à l'équerre trouvée par Kroos sur coup franc (70e). Werner, souvent isolé, a battu Mandanda sur une ouverture d'Özil (71e), et Stindl aussi, sur une nouvelle inspiration d'Özil relayée par Götze (90e+3).

Le Brésil de Neymar sans solution face à la jeune Angleterre

Les artistes n'ont pas renversé la jeunesse: le Brésil et l'Angleterre ont fait match nul mardi en amical à Wembley (0-0), au terme d'une rencontre très engagée, dominée par une Seleçao qui n'a pas fait rêver, dans le sillage d'un Neymar maladroit.

Les magiciens brésiliens avaient envoyé un signal fort à tous les autres favoris pour le Mondial-2018, surclassant le Japon (3-1) vendredi à Villeneuve-d'Ascq. Ils ont manqué l'occasion de confirmer à Londres.

Les Anglais, eux, ont fait ce qu'ils ont pu, dans la continuité de leur prestation encourageante contre l'Allemagne vendredi (0-0). S'ils ont pas soulevé les foules, ils n'ont cette fois pas été moqués par Wembley.

Le Brésil avait été la première nation à valider son billet pour la Russie sur le terrain, au mois de mars. Intelligente, créative, solide en défense, l'équipe de Tite a impressionné, terminant les qualifications sud-américaines largement en tête, avec dix points de plus que l'Uruguay (2e).

Malgré tout, l'équipe-type de Tite n'a que très peu joué ensemble, même pas le temps d'une période complète. Et contre l'Angleterre, jeune mais solide, elle avait l'occasion de gagner en cohésion.

Mais, à Wembley comme partout ailleurs, celui dont on attendait le plus, c'est évidemment Neymar. Encore plus sous le feu des projecteurs depuis sa sortie larmoyante après le succès contre le Japon...

Alors que l'ancien Barcelonais fait face à des interrogations sur son adaptation à la vie parisienne, "Ney" devait répondre sur le terrain et faire taire ceux qui "créent des histoires".

Si le joueur le plus cher du monde n'a pas démérité, il a été incroyablement maladroit dans le dernier geste, donnant l'impression de parfois se débarrasser du ballon, à l'image de ses deux retours intérieurs, conclus inévitablement par une frappe dans les tribunes (11, 28) ou de cette contre-attaque supersonique gâchée (70).

Quelques éclairs

Reste que malgré la présence des Coutinho, Jesus et Neymar, c'est le Brésil tout entier qui a affiché un manque de précision à l'approche de la surface.

Seuls quelques éclairs d'imagination ont illuminé le match, à l'image de ces petites combinaisons à une touche de balle du trio Neymar-Paulinho-Jesus (7, 73) ou des talonnades judicieuses de Marcelo pour lancer Neymar le long de la touche.

Les Brésiliens ont brillé ailleurs. Durs à l'image des tacles de Casemiro, n'abandonnant pas malgré les coups comme le capitaine Dani Alves, ils ont offert une prestation d'une très grande intensité, étouffant les Anglais. Mais, ils se sont trop vite débarrassé du ballon en tentant leur chance de loin immédiatement le ballon récupéré, comme Paulinho (19) ou Fernandinho (76).

Les entrées de Willian (pour Coutinho, 68) et Firmino (pour Jesus, 76) ont bien redynamisé les Auriverde, mais la défense anglaise et Hart ont tenu.

Incapables ou presque de sortir de leur moitié de terrain, les "Trois Lions" ont connu une soirée pénible. Gareth Southgate avait réclamé de l'"intrépidité" avec le ballon. Ils ne l'ont jamais vraiment eu suffisamment longtemps.

Si plusieurs postes restent ouverts avant le Mondial-2018 dans cette équipe volontairement rajeunie, Southgate n'a pas dû avoir beaucoup de réponses.

La bataille pour le milieu n'a pas vraiment livré de gagnants. Loftus-Cheek, encourageant contre la Mannschaft, a pris un coup et est sorti après une grosse demi-heure de jeu... Seul Dier, sacré capitaine, semble être sorti indiscutable après une performance rassurante.

Southgate a sacré 14 nouveaux internationaux en 14 matches à la tête de l'Angleterre. Il lui en reste quatre pour trouver sa formule magique.