Mondial 2018 Plusieurs joueurs suisses sont d’origine balkanique. Trois d’entre eux sont nés au Kosovo.

En toile de fond de ce Serbie-Suisse, le premier de l’histoire de la Coupe du Monde depuis 1950, la qualification pour les huitièmes de finale. En cas de victoire, les Serbes seraient assurés de passer l’écueil de la phase de groupes ce qui constituerait assurément un exploit pour les coéquipiers d’Aleksandar Mitrovic.

Mais cette rencontre entre Serbes et Suisses aura assurément une saveur particulière pour plusieurs joueurs suisses nés au…. Kosovo dont les relations avec la Serbie sont on ne peut plus tendues depuis la déclaration d’indépendance du Kosovo. Les trois joueurs concernés sont Xherdan Shaqiri, Valon Behrami et Granit Xhaka.

Au sein de la sélection suisse, nombreux sont les joueurs issus de l’immigration. Il suffit de voir le nombre de langues parlées dans le vestiaire (neuf : allemand, français, italien, anglais, espagnol, portugais, albanais et… serbo-croate). Depuis le tirage au sort, Shaqiri, Xhaka et Behrami se taisent dans toutes les langues quant à cet affrontement avec la Serbie ce 22 juin à Kaliningrad.

Sur ses réseaux sociaux, Shaqiri s’était juste contenté de déclarer que ce tirage lui…. plaisait. D’après les proches et amis de ces joueurs, ces derniers sont parfaitement au fait de l’aspect symbolique de cette rencontre. Les parents de Behrami ont d’ailleurs perdu leur travail sous le régime de Belgrade. On apprend également que la famille de Xhaka a dû émigrer juste après la libération. C’était également le cas, en 1999, pour les Behrami qui se sont alors retrouvés en Suisse.

Du côté du Kosovo, qui a été reconnu par la Fifa le 13 mai 2016 et qui a également tenté d’attirer Adnan Januzaj, on se dit plus que jamais supporter de la Suisse ce vendredi après-midi.

Cette semaine, les responsables presse de la Nati ont évité d’envoyer Behrami, Xhaka ou Shaqiri face à la presse. Avant le long déplacement de plus de six heures pour les Suisses vers Kaliningrad (tandis que le camp de base des Serbes se situe à 45 minutes), Fabian Schär a déclaré : "On se concentrera sur l’aspect sportif de la rencontre. Ce sera un match intense et disputé car les Serbes ont rendu une belle copie face au Costa Rica. Mais si nous voulons aller plus loin dans cette compétition, nous ne pouvons nous incliner face à la Serbie."

Ironie du sort, dans le camp adverse, deux joueurs sont quant à eux nés en…. Suisse. Il s’agit de Milos Veljkovic (il a d’ailleurs joué avec la sélection suisse en U16 avant d’opter pour la Serbie, patrie de ses parents) et Aleksandar Prijovic.

Pour ce dernier , le choix des Aigles Blancs est encore plus tardif puisqu’il remonte au mois de mars….2017. Après avoir joué avec les U21 suisses en 2011, il a adressé une demande à la Fifa, en février 2017, afin de représenter la Serbie.

Assurément, ce Serbie-Suisse aura une saveur particulière pour tout ce bon monde, y compris le sélectionneur suisse, Vladimir Petkovic, né à Sarajevo.