Football Neymar, Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, ou encore Diego Costa, tous ces joueurs faisaient partie des stars annoncées de cette Coupe du monde. Entre doublés et matches fantomatiques, les gros bonnets ont plus ou moins répondu aux attentes. Mais au-delà de ces noms ronflants, d'autres footeux ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

Qu'ils soient Africains ou Sud-Américains, qualifiés pour la suite de la compèt' ou déjà dehors, ils ont réussi à capter l'attention des fans et des médias, jusqu'à reléguer les plus connus de leurs collègues dans l'ombre. Mais qui sont ces autres joueurs qui ont illuminé le Mondial ? Petit récap', à quelques heures d'un Brésil - Chili de choc.

Claudio BRAVO (CHILI - 31 ans)

Le six décembre dernier, le Chili semblait condamné à un retour précoce à Santiago, la faute à un tirage dantesque. Mais face à l'Australie et l'Espagne, la Roja sud-américaine a connu 180 minutes d'apesanteur. Ces deux victoires ont assuré la qualification au pays le plus fin du monde, tout en permettant à Claudio Bravo de se mettre en évidence. A trente-et-un ans, le portier a notamment disputé une rencontre d'excellente facture contre l'Australie, pourtant loin d'être ridicule dans un groupe B qui lui promettait le pire. Un match canon, suivi d'une clean-sheet contre l'Espagne et d'un face-à-face contre les Pays-Bas où Bravo a fait ce qu'il a pu. A l'aube de ce qui constitue les meilleures années de la carrière d'un gardien de but, le Chilien vit actuellement un petit conte de fées, entre un premier tour mené de gant de maître et un transfert au Barça officialisé ces dernières heures. Marc-André Ter Stegen ne sera peut-être pas le gardien numéro un dans les cages catalanes si Bravo poursuit sur le même rythme. Car non, Bravo n'a pas quitté la Real Sociedad après huit saisons pour faire banquette derrière un Allemand même pas repris par son sélectionneur.


Serge AURIER (COTE D'IVOIRE - 21 ANS)

Ave ses vingt-et-un ans au compteur, Serge Aurier fait partie de cette nouvelle vague censée épauler la génération Touré-Kalou-Gervinho. Petit, mais rapide et doué techniquement, le back droit des Éléphants a fait très bonne impression lors des trois matches disputés par la Côte d'Ivoire. Malgré un manque d'expérience au niveau international, l'Ivoirien a dominé son flanc droit, s'offrant de belles incursions ponctuées de centres millimétrés qui l'ont placé un temps en tête du classement des meilleurs passeurs du Mondial. Outre ses qualités défensives, le latéral de Toulouse sait également se rendre utile sur le front de l'attaque, en témoignent ses six buts inscrits cette saison en Ligue 1. Avec ces trois rencontres de haut vol signées au Brésil, le natif d'Abidjan a laissé une belle carte de visite. Au point de susciter l'intérêt du PSG, qui cherche toujours à se trouver un roc au poste de défenseur droit après le semi-échec de Gregory Van der Wiel et la mise à l'écart de Christophe Jallet. Il ne manquait qu'une qualification pour les huitièmes pour parfaire le tableau. Satanés Grecs !


Kostas MANOLAS (GRECE - 23 ANS)

Kostas Manolas aurait pu vivre un Mondial d'enfer. Coupable d'une déviation malheureuse sur le premier but encaissé par son équipe face à la Colombie, l'arrière-central de l'Olympiacos a débuté la compétition de la plus mauvaise des façons. Mais voila, pour son premier grand tournoi international (il ne comptabilise qu'une douzaine de sélections), il était écrit que l'un des seuls joueurs non-barbus de l'effectif hellène ne partirait pas sur cette mauvaise note. Au contraire, le chiot de garde de l'équipe de Grèce a su hausser son niveau de jeu jusqu'à parvenir à arracher une qualification inespérée pour le tour suivant. Un casse du siècle signé par le Bateau pirate qui peut compter sur la taille de son jeune mousse pour faire le ménage dans les airs. Le gaillard allie une qualité de relance intéressante à une présence athlétique toujours utile dans la surface. Contre le Costa Rica, amateur de contres bien sentis, la Grèce compte sur son jeune hoplite pour empêcher Bryan Ruiz ou Joël Campbell, son équipier en club, d'atteindre les cages de Karnezis. Gare aux Ticos !


Gary MEDEL (CHILI - 26 ANS)

Boca Juniors, le FC Séville... et Cardiff. Alors qu'il était pisté par le Real et Naples, le Chilien Gary Medel a finalement choisi de se perdre dans les limbes du pays de Galles. Vu la relégation dont ont été victimes les Bluebirds, on ne peut pas dire que le défenseur chilien ait eu le nez creux. Un fail qui n'a pas empêché ce solide gabarit de ne rien laisser passer face à l'Espagne et l'Australie. Dans le trio défensif proposé par Jorge Sampaoli, Medel est partout. De plus, le joueur de vingt-six ans excelle dans l'art de réussir ses passes. En effet, la FIFA a calculé les stats du petit trapu de l'"autre" Roja. Sur 233 passes effectuées, il en a réussi 215, soit un ratio de 92.3%. Un total digne d'un... Espagnol. Mais de la belle époque. Ces Espagnols qui ont tant souffert face à ce Chili séduisant jusque dans les moindres recoins de sa défense. Gary Medel accompagnera-t-il Cardiff en Championship, la deuxième division anglaise ? Vu son premier tour, cela paraît très improbable. Et on ne parle même pas de ce qui pourrait lui arriver s'il parvient à museler l'intenable Neymar contre le Brésil !


Matteo DARMIAN (ITALIE - 24 ANS)

Décidément, Turin s'est invitée à tous les postes de la Squadra Azzurra ! Outre Buffon, Chiellini et Pirlo pour la Juventus, le Torino comptait lui aussi des représentants au cœur du noyau italien. Avec Alessio Cerci et Ciro Immobile, le jeune Matteo Darmian, vingt-quatre ans, faisait lui aussi partie des bagages emportés par Prandelli au Brésil. Et malgré une élimination douloureuse des œuvres de l'Uruguay, le défenseur du Toro a marqué les esprits par son sens du placement et son infatigable envie de tacler. Certes, cette "gnaque" n'a pas suffi face aux potes de Bryan Ruiz et Luis Suarez. Mais Darmian a saisi à pleines mains l'occasion qui lui était donnée de se montrer au monde. Etre titulaire indiscutable dans un club du subtop italien ne permet plus d'être estimé à sa juste valeur. Heureusement pour lui, le maillot bleu est là pour lui servir de tremplin, lui qui possède le meilleur taux de tacles par match d'Europe. "Si vous m'aviez dit que je serais titulaire il y a quelques mois, je vous aurais ri au nez", s'exclamait-il avant le début des hostilités. Et pourtant ! Orpheline de Fabio Cannavaro et Alessandro Nesta depuis plusieurs années, la Botte s'est peut-être trouvé un successeur digne de ses deux derniers grands remparts.


Ahmed MUSA (NIGERIA - 21 ANS)

Deux buts en trois rencontres ont donné l'espoir à tous les nostalgiques du Nigeria de Nwankwo Kanu et Taribo West que les Super Eagles étaient bel et bien de retour. A vingt-et-un ans seulement, le Nigérian peut se targuer d'avoir empoché un titre de champion d'Afrique et une place de choix en Coupe du monde. Après une longue traversée du désert, les Africains se sont replacés sur la carte du monde footeux en sortant la Bosnie-Herzégovine et l'Iran de la course aux huitièmes. Notamment grâce à cette fusée qui passe à travers n'importe quel mur défensif côté droit. Si Lionel Messi a illuminé le match entre le Nigéria et l'Argentine en plantant un doublé, Ahmed lui a répondu en marquant deux buts lui aussi. A une frappe somptueusement enroulée, l'Aigle de Jos a ajouté un but de puncheur pur et dur, en surgissant de nulle part pour crucifier Romero. Suffisant pour faire oublier au public brésilien l'imposture footballistique que fut l'atroce Iran-Nigéria. Rien que pour ça, on a envie de lui dire merci.


Charles ARANGUIZ (CHILI - 25 ANS)

Quarante-troisième minute du match entre le Chili et l'Espagne. La Roja est dans le dur, poussée dans ses derniers retranchements par des Chiliens sans complexe. Sur un coup franc mal détourné par Iker Casillas, un certain Charles Aranguiz contrôle le ballon dans la surface et bat le saint Espagnol d'un pointu remarquable de sang-froid. A ce moment précis de l'Histoire, les fans européens découvrent ce milieu de terrain de vingt-cinq ans. Pourtant, le joueur possède déjà un solide palmarès, forgé à la force du crampon entre son pays natal et le Brésil. Son plus beau fait d'armes ? Avoir emmené l'Internacional Porto Alegre à la victoire en championnat gaucho, avec à la clé un titre de MVP de la saison. Cette Copa brésilienne est pour lui l'occasion de prouver à tous que l'Udinese n'a pas abusé de vin frioulan au moment de miser sur lui. Si Aranguiz obtient enfin sa chance en Italie, il pourrait ainsi marcher sur les traces d'Arturo Vidal et d'Alexis Sanchez. Au vu des trajectoires de ces derniers, on devrait donc s'attendre à une belle montée en puissance du tatoué.


Yeltsin TEJEDA (COSTA RICA - 22 ANS)

Non, ce n'est pas son prénom qui fleure bon la vodka qui nous a poussé à le placer dans notre équipe de révélations. A vingt-deux ans à peine, le médian cumule déjà plus de vingt sélections. Un total plutôt flatteur pour ce joueur fidèle à son club formateur de Saprissa, situé dans la capitale San José. Au fil des mois, le jeune homme a vu son importance croître durant les qualifications, au point d'être considéré comme LA star du noyau costaricien, derrière Bryan Ruiz. Son physique plutôt maigrichon lui permet de se faire oublier de ses adversaires. Mais malgré tout, Tejeda est là quand il s'agit de mettre le pied et de récupérer un ballon. Un abattage qui a payé face à l'Uruguay et l'Italie, considérés comme les deux gros morceaux d'un groupe D particulièrement salé. Contre toute attente, le Costa Rica a vite obtenu son billet pour les huitièmes, en narguant les "grands" avec son jeu costaud et volontaire. Naturellement doué, façonné par son cher Deportivo Saprissa, Tejeda profite de ce Mondial d'ores et déjà réussi pour se faire un nom en Europe. Allô, Michel Louwagie ?

Christian BOLANOS (COSTA RICA - 30 ANS)

Christian Bolanos n'est plus un petit jeune. Trentenaire bon teint, le milieu costaricien file toujours à toute allure sur son aile gauche, malgré un âge "canonique" qui fait de lui l'un des anciens des Ticos. Mais alors, où était passé ce joueur que l'on avait déjà remarqué en 2006, lors du Mondial allemand ? Était-il resté bien au chaud dans un club de sa chère San José ? Non, le joueur au bandeau s'est aventuré dans la froide Scandinavie, au Danemark et en Norvège. Un pari qui démontre que non, Bolanos n'a pas peur de prendre des risques. Après des débuts hésitants dans un championnat où le physique prime, il prend ses marques et impose sa technique léchée au pays des fjords. Une réussite qui lui permet d'encore un peu plus s'épanouir avec le Costa Rica, jusqu'à obtenir une qualification pour deux Coupes du monde. Si en Allemagne la sauce n'a pas pris, tout s'est mis en place pour les Américains sous le soleil du Brésil. Grâce à sa prestation stratosphérique face à l'Uruguay (avec deux passes déc' à la clé), le médian a mis son pays sur orbite, en même temps qu'Oscar Duarte. On plaint déjà Vasilis Torosidis, qui sera son adversaire direct lors de cet improbable choc entre le Costa Rica et la Grèce. 


Divock ORIGI (BELGIQUE - 19 ANS)

Cela faisait quelques mois que l'on entendait régulièrement parler de ce jeune attaquant de Lille. Sous le maillot des Nordistes, il se montrait de plus en plus prolifique, passant petit à petit de futur transfert juteux pour le LOSC à valeur sûre... à protéger néanmoins. Mais voila, la blessure de Christian Benteke au tendon d'Achille a tout accéléré. Exit Bentegoal et bonjour Divock, un gamin de dix-neuf ans prédestiné à tâter du ballon. Avec un père devenu une véritable icône au Kenya, le Diable rouge avait de qui tenir. Une dizaine d'années après son paternel, c'est au tour du fiston de faire parler la poudre... pour le compte de la Belgique cette fois. Avec sa capacité à protéger le ballon, sa bonne technique et son sens du but, l'avant est le symbole de la réussite des formations genkoise et lilloise. Après une préparation où il a laissé présager du meilleur, Origi a confirmé face à la Russie, en sauvant la patrie grâce à un but inscrit dans les dernières minutes d'une rencontre bien mal embarquée. Une perf' qui lui a permis de reléguer Romelu Lukaku sur le banc. Et de se voir gratifier d'un hymne techno-dance à défriser n'importe quel DJ de kermesse estivale. L'über-classe, quoi.


Enner VALENCIA (EQUATEUR - 25 ANS)

Antonio Valencia n'est désormais plus la seule et unique star de l'Equateur. Le joueur de Manchester United va devoir partager la vedette avec son homonyme nommé Enner. Après deux rencontres, l'attaquant de la Tri côtoyait Thomas Müller, Karim Benzema et le duo oranje Robben-van Persie en tête du classement des buteurs avec trois pions au compteur. Un but contre la Suisse, finalement inutile, mais surtout un doublé contre le Honduras ont permis à ce joueur au parcours atypique de se faire un prénom. Une juste récompense pour un avant doté d'une pointe de vitesse à faire pâlir n'importe quel hérisson bleu. "C'est ma principale qualité", prophétisait-il en 2013. Une analyse que Victor Bernardez confirmera aisément... Malheureusement pour lui, le compère d'Ayovi en attaque ne pourra pas continuer d'emmerder Messi, Neymar and co après l'élimination de l'Equateur. Passée la déception, l'autre Valencia pourra se se consoler en se disant qu'il sera sans doute l'une des attractions du mercato outre-Manche. De quoi quitter encore un peu plus le plancher des vaches, lui qui passait son enfance à traire ces dernières avant de filer au foot.


Aurélie Herman