Football Le Belgo-Croate a prouvé qu'il avait les épaules pour endosser le rôle que lui a confié Philippe Saint-Jean

MOUSCRON Depuis le départ de Steve Dugardein pour Caen, Philippe Saint-Jean était à la recherche d'un élément de son noyau capable de reprendre le flambeau porté jusque-là par l'enfant du pays. Vendredi soir, face à Anderlecht, Tonci Martic a prouvé qu'il avait les épaules assez larges pour enfiler ce costume de patron et le petit conciliabule qu'il a organisé avec ses coéquipiers au centre du terrain avant le début des hostilités en est une preuve flagrante.

«Je pense qu'il était important de trouver les mots justes avant le début de la rencontre, assure Tonci Martic. Le doute s'était installé peu à peu après certains résultats et quelques attaques dans un journal néerlandophone mais j'ai dit aux joueurs qu'avec la volonté et la rage de vaincre, nous étions capables de réussir un gros coup.»

Force est de constater que le discours tenu par le médian a porté ses fruits lorsqu'on voit la solidarité affichée dans les rangs mouscronnois durant ce match d'ouverture.

«Que ce soit physiquement ou mentalement, nous étions prêts même si ce n'était pas évident pour tout le monde. Il y a deux ans, nous avions aussi battu les Bruxellois avec une équipe tout aussi jeune que celle de vendredi alors on s'est dit que c'était possible et on y a cru jusqu'au bout.»

Et le moins que l'on puisse écrire c'est que le résultat a été probant et que la victoire obtenue face au champion en titre n'est en rien usurpée.

«J'ai été un peu déçu par la prestation de nos adversaires mais je crois que nous les avons pris comme il fallait en ne laissant pas le moindre espace à leurs deux flèches d'ébène et en empêchant aux Zetterberg et autre Junior de poser leur jeu. On les a vraiment gênés en jouant assez haut dans l'entrejeu et en ne leur permettant pas de prendre leurs marques sur la pelouse. Certes, leur possession de balle était meilleure que la nôtre mais ils ne parvenaient pas à l'exploiter.»

Cette victoire n'est pas montée à la tête des Rouge et Blanc qui semblent tous avoir effectué un stage de communication en Bourgogne chez un certain Guy Roux.

«Maintenant, il ne faut pas croire qu'après cette première victoire, tout est arrivé. Il faut encore gagner neuf matches avant d'être sauvé. Pour le reste, on verra plus tard. Il faut garder les pieds sur terre en prouvant que ce coup d'éclat n'en est pas un et que nous sommes réellement prêts à créer la surprise à chacune de nos sorties. Mais ne brûlons pas les étapes, il y a encore beaucoup de travail et nous allons nous y atteler dès lundi après avoir profité d'une journée de repos bien méritée.»

© Les Sports 2004