Football La défaite contre l’Espagne (1-0) nourrit l’incroyable ambition du sélectionneur de la Tunisie.

Une défaite reste donc susceptible de générer plus de promesses que deux nuls. La Tunisie a bouclé ce samedi sa préparation à la Coupe du Monde par un revers contre l’Espagne (1-0) qui met fin à sa série d’invincibilité de neuf rencontres alors qu’elle avait accroché le Portugal et la Tunisie (2-2) un peu plus tôt. Mais, même battu, le sélectionneur Nabil Maâloul affiche un sacré optimisme.

Avant la rencontre, interrogé sur ses ambitions par Jeune Afrique, le technicien ne s’en était pas caché : "La Tunisie n’a jamais franchi le premier tour en quatre participations. Nous allons donc tout faire pour y parvenir." Il est allé plus loin : "Ce n’est pas facile de bloquer un adversaire de cette qualité, surtout que nous étions privés de Msakni et Khazri. Nous pouvons être confiants. Le deuxième tour ? Je pense que nous avons les moyens et l’envie de faire mieux et d’aller en quarts."

Si, par nature, un sélectionneur en Tunisie se retrouve obligé de voir grand sous peine d’être soumis aux critiques des médias, le contenu de cette rencontre à Krasnodar recèle de bases franchement intéressantes qui incitent à la méfiance.

Comme attendu , l’Espagne a confisqué le ballon dans ses standards habituels (67 % de possession). Ce qui l’était moins, par contre, renvoie à son animation offensive grandement neutralisée par les Tunisiens qui, en plus d’être solides, ont prouvé qu’ils pouvaient faire mal en contre. Résultat, trois grosses opportunités à mettre au crédit de Fejrani Sassi (12e), Naum Sliti (33e) ou Mohamed Ben Amor (80e) avant qu’Aspas inscrive le seul but du match sur un grand numéro de Costa (83e).

"Nous avons vraiment vécu un match difficile. Nous n’avons pas réussi à mettre le rythme que nous voulions", a reconnu le sélectionneur Julen Lopetegui.

Ses hommes ont notamment été gênés par l’organisation des Aigles de Carthage, leur impact à la récupération autour des milieux d’Al Ryad Fejrani Sassi et de Montpellier Ellyes Skiri et des percussions d’Anice Badri, l’homme en forme côté tunisien, et de la révélation Naim Sliti.

Milieu offensif de formation, le joueur de Dijon a évolué en pointe dans un rôle de faux avant-centre qui empêche les défenseurs de trouver un point d’appui, faisant mal avec sa vivacité et sa technique dans les petits espaces.

Ses performances apparaissent comme une bénédiction pour une sélection qui ne compte aucun 9 de métier et qui doit donc se passer de Youssef Mskani et Wahbi Khazri. Si le premier est forfait pour le Mondial, le second est jugé à 85 % de ses possibilités par le staff tunisien qui espère pouvoir le remettre sur pieds pour le match contre l’Angleterre le lundi 18 juin.

L’équipe alignée face à l’Espagne : Mathlouthi; Bronn, Ben Youssef, Meriah, Maâloul (58e Haddadi); Ben Youssef (90e+1 Srarfi), Khaoui (62e Ben Amor), Skhiri, Sassi, Badri (78e Benalouane); Sliti (69e Khalifa).