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Une nation européenne n’a jamais remporté une Coupe du Monde disputée hors d’Europe

BRUXELLES Ke Nako (Il est temps en zoulou) ! Ce vendredi à 16h sera donné le coup d’envoi de la 19e Coupe du Monde, la première sur le sol africain.

Avant le premier match, la DH a dégagé ses favoris pour le titre suprême. Relevons un point étonnant : dans toute l’histoire du Mondial, seul le Brésil (en 1958 en Suède et en 2002 au Japon et en Corée du Sud) s’est imposé en dehors de son continent. Ce qui signifie forcément qu’une équipe européenne n’a jamais gagné hors d’Europe.

Cinq étoiles

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Brésil : les quatre derniers sacres mondiaux de la Seleçaõ l’ont tous été dans un tournoi organisé hors d’Europe. Dunga, qui peut s’offrir le luxe de laisser Pato, Ronaldinho et Adriano chez eux, a abandonné le football samba pour élaborer une tactique plus prudente qui n’empêche pas de mettre les qualités techniques brésiliennes en évidence.

Quatre étoiles

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Espagne : la Selección est peut-être l’équipe la plus équilibrée des trente-deux participants. Les joueurs évoluent ensemble depuis trois bonnes années et présentent ainsi des automatismes affirmés. Quelques chiffres suffisent à attester de la puissance de la Roja  : elle reste sur douze succès consécutifs (et avant sa défaite contre les USA, elle avait enchaîné vingt-cinq victoires) et elle n’a perdu qu’une fois sur les quarante-huit dernières rencontres. Elle réaliserait un exploit en s’imposant. À part la République Fédérale d’Allemagne (Euro 1972 et CM 1974), personne n’a remporté l’Euro et, dans la foulée, la Coupe du Monde.

Trois étoiles

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Argentine : poussive pendant les qualifications avec un Diego Maradona sélectionnant plus de cent joueurs, l’Albiceleste a une équipe impressionnante et le meilleur joueur du monde (en club...) dans ses rangs avec Messi. Les doutes sur la capacité de Maradona à mener cette équipe au succès sont toutefois loin d’être levés !

Angleterre : peut-on gagner le titre suprême sans un gardien de haut niveau ? L’Angleterre espère le démontrer pour ramener de la fierté au pays après une saison difficile au niveau de ses clubs. Le forfait de Rio Ferdinand constitue un sérieux coup dur.

Italie : Marcelo Lippi a-t-il commis une erreur en ne programmant que deux matches amicaux (avec deux équipes différentes) avant le grand rendez-vous ? La Squadra Azzurra a encore besoin de réglages, mais elle a déjà prouvé mieux que quiconque que c’est aux moments importants qu’il faut répondre présent. Ceux-ci ne sont pas encore arrivés... Depuis le Brésil (1958 et 1962), plus aucun champion en titre n’a confirmé son sacre. L’Italie est déjà l’autre nation à avoir réussi cette prouesse (1934 et 1938).

Allemagne : la Mannschaft répond presque toujours présent dans les grands rendez-vous mais elle a perdu, courant du mois de mai, quatre pions importants : Adler, Westermann, Ballack et Rolfes.

Pays-Bas : le potentiel offensif des Oranje est impressionnant – peut-être le plus beau du plateau – avec van Persie, Robben, van der Vaart, Sneijder et Kuyt. Son répondant défensif est-il lui aussi à la hauteur pour réussir une prouesse ? Les Néerlandais entament souvent fort les tournois avant de flancher.

Deux étoiles

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Serbie : solides dans les qualifications, les Serbes sont pointés par beaucoup d’observateurs comme une des surprises de ce Mondial. “Je les vois faire un truc” , a, par exemple, admis Sir Alex Ferguson.

Côte d’Ivoire : les Éléphants apparaissent les mieux placés pour réussir un exploit africain. Ils sont toutefois pendus à l’avant-bras de Drogba...

Etats-Unis : les USA se montrent ambitieux pour leur 6e participation consécutive et ils avaient démontré l’an passé, en battant l’Espagne à la Coupe des Confédérations, qu’ils pouvaient forcer de solides portes.

Portugal : le plus dur pour les Lusitaniens sera peut-être de sortir du groupe de la mort avec le Brésil et la Côte d’Ivoire. Car, sur un match, ils peuvent battre tout le monde.

France : est-ce parce que la cote de popularité des Bleu s est au plus bas, que son sélectionneur est surtout l’objet de railleries et que la sélection n’a pas convaincu qu’elle n’est pas capable d’un coup d’éclat comme en 2006 ?

Une étoile

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Afrique du Sud : elle aborde sa Coupe du Monde avec une série de onze matches sans défaite, une préparation longue (mais pas toujours minutieuse) et la certitude qu’un pays organisateur n’a jamais été sorti au premier tour d’une Coupe du Monde. Bénéficier de quatre mois de préparation (mais pas avec l’équipe au complet) est un luxe important qui pourrait combler certaines lacunes. Pas toutes.

Mexique : la Tricolor a prouvé contre l’Italie qu’elle avait des atouts à faire valoir pour réussir l’une ou l’autre performance si elle parvient à cacher sa faiblesse défensive, notamment dans le trafic aérien.

Danemark : sortis devant le Portugal et la Suède de son groupe de qualifications, les Danois font peu de bruit. Ils n’en seront peut-être que plus forts.

Cameroun : Samuel Eto’o pourra-t-il transcender son équipe ?

Suisse : les Helvètes ont une belle génération qui commence à pointer mais ce Mondial vient un peu trop tôt.

Uruguay : qualifiée de justesse devant l’Équateur et la Colombie, la Celeste s’appuie sur une solide force de frappe offensive incarnée par le duo Diego Forlan-Luis Suarez.

Ghana : au complet, la puissante équipe ghanéenne avait les moyens de créer la surprise. Sans Essien, ce sera plus compliqué.

Japon : les Nippons ambitionnent une... demi-finale. Ce serait une sacrée surprise.

Nigeria : la blessure d’Obi Mikel est un coup dur, mais elle a des arguments.

Corée du Sud : sa demi-finale de 2002 à domicile est déjà loin.

Nouvelle-Zélande, Slovaquie, Paraguay, Chili, Slovénie, Australie, Algérie, Grèce, Corée du Nord, Honduras : franchir le premier tour serait déjà considéré comme une solide performance.



© La Dernière Heure 2010