Football Comme Jordan Pickford l’a révélé, l’Angleterre ne néglige rien.

1990, Turin. 1996, Londres. 1998, Saint-Étienne. 2004, Lisbonne. 2006, Gelsenkirchen. 2012 Kiev. Le chemin de croix de l’Angleterre lors des séances de tirs au but dessine l’idée du traumatisme. Que Gareth Southgate entend combattre. Parce que l’actuel sélectionneur a sa part de responsabilités dans cet incroyable série d’échecs : pour ne pas avoir assez ouvert son pied droit lors de la demi-finale de l’Euro que l’Angleterre organisait en 1996, celui qui était alors défenseur a vu Andreas Köpke repousser son tir et, derrière, Andreas Möller a réussi le sien pour mettre fin au rêve anglais.

Alors, depuis mars déjà, le technicien fait travailler l’exercice à ses hommes. En les mettant en situation.

"En fait, nous marchons depuis la ligne médiane", a dévoilé en conférence de presse le gardien Jordan Pickford. "Nous ne regardons pas trop loin mais, à côté, nous travaillons beaucoup pour être préparé à la manière dont nous voudrions que cela se passe. Il y a parfois une part de chance. Parfois, vous choisissez juste un côté, vous attendez et attaquez ce côté. Si le ballon y est, tant mieux. Sinon, il faut avancer sur le prochain. C’est comme une loterie. Si vous en arrêtez plusieurs, vous êtes un héros mais il n’y a pas de pression sur vous."

Plus qu’un problème de tireur, l’Angleterre fait face à un manque d’impact de ses gardiens. Tout a commencé avec le meilleur d’entre eux, le légendaire Peter Shilton, impuissant sur les quatre tentatives italiennes en demi-finale du Mondial 1990.

Le début d’une série incroyable : en tout sur les 36 tirs au but adressés aux gardiens anglais, 4 tireurs n’ont pas cadré et seuls David Seaman et Paul Robinson en ont arrêté un. La dramaturgie a connu son point culminant lors de l’Euro 2004, avec une séance à rallonge en quart de finale contre le Portugal où David James a été incapable d’en sortir un seul avant que Ricardo, qui venait d’arrêter celui de Darius Vassell, ne le trompe.

"Si je dois en tirer un, je le ferai. Je n’ai pas de problème avec cela. Je n’en ai jamais tiré mais je m’entraîne toujours à l’entraînement", a souligné Jordan Pickford qui, pour l’instant, apparaît devant Nick Pope et Jack Butland dans la course à la place de gardien numéro un.

En présentant, en plus un ratio intéressant sur les penalties cette saison puisque avec Everton, il en a repoussé 3 sur 8 : celui de Said Ahmed Said en éliminatoires de la Ligue Europa contre l’Hadjuk Split puis ceux de Tom Cleverley (Watford) et Manuel Lanzini (West Ham) en Premier League. "C’est vrai que j’en ai sauvé quelques-uns", acquiesce-t-il. "Je suis plutôt bon là-dessus."