Football

Pierre François s’investi à 100 % dans le projet du Royal White Star Bruxelles.

Vous comprenez qu’en période de crise, l’investissement de Gulf Dynamic Challenges ait ouvert la voie à tous les fantasmes. Qu’ont-ils à gagner ici ?

"S’il reste une place à prendre en division 1, elle ne peut stratégiquement échoir qu’à deux types de clubs. Soit une équipe anversoise soit un deuxième club bruxellois. L’investissement se justifie par l’attrait de Bruxelles. Ce n’est pas pour rien que nous avons changé le nom du club. Et puis, on ne peut pas négliger le fait que pour le monde extérieur, l’ensemble du football belge est redevenu sexy."  

Et tant pis pour les théories complotistes qui faisaient de Mogi Bayat l’investisseur masqué.  

"Mogi est peut-être présent dans 70 % des transferts sur le marché belge. Ici, il n’a que deux joueurs. Il est largement en-dessous de sa moyenne. Sincèrement, il peut mieux faire." (Sourire.)  

Pierre, en dépit de votre retrait par rapport aux choix sportifs, le monde du football risque de plus en plus d’avoir besoin de juristes comme vous, vu sa complexification.  

"C’est vrai. Au barreau, j’avais parmi mes meilleurs clients, l’ancien directeur du Standard, Alphonse Costantin, qui avait été un des premiers à comprendre qu’il fallait s’en remettre rapidement à des juristes sur certains dossiers. La tendance n’a fait que s’accentuer. Mais il ne faut pas avoir une vision négative de cette évolution-là. Comme les autres domaines, le football a été touché par une addition de réglementations et notre rôle consiste à décomplexifier cela."  

Le football est aussi devenu une affaire de famille. Votre femme avait été très affectée par votre départ du Standard. Aujourd’hui, elle travaille pour le club, à vos côtés.  

"C’est clair que le football a une tendance à tout cannibaliser. Vous avez le choix entre voir votre épouse partager votre passion et ne pas la voir du tout. De mon côté, je préfère passer du temps à ses côtés (sourire) . C’est vrai que le départ du Standard l’avait touchée de plein fouet. Elle avait lancé sous l’ère de Lucien D’Onofrio une boutique qui n’avait d’autre objet que d’éviter les pertes et qui fut finalement, sur le mode du café du commerce, un énorme succès. Aujourd’hui, ses qualités de juriste lui ont permis d’abattre un énorme travail pour le White Star. D’un point de vue familial aussi, le football est devenu une belle histoire." (Sourire.)  

On se trompe en disant que professionnellement, vous n’avez jamais disposé d’autant de liberté qu’au White Star. Votre marge de manœuvre semble énorme.  

"Je travaille en parfaite relation avec le conseiller sportif de Gulf Dynamic Challenges (NdlR : John Bico) et tous ceux qui œuvrent aujourd’hui au sein du club. Que ce soient les anciens comme Cisco Ferrera ou Michel Vanmelkebeke ou ceux qui ont accompagné l’arrivée de Gulf Dynamic Challenges comme Noureddine Zaiour, tous participent aujourd’hui à un véritable travail d’équipe. La marge de manœuvre n’est jamais totale. J’ai toujours travaillé dans le reporting . Même quand je prends une décision qui entre dans mes compétences, j’estime que je dois informer le propriétaire du club. Et puis, je vous l’ai dit, je ne veux pas me mêler des choix sportifs. Même si, à force de voir des matchs, on finit parfois par me demander mon avis." (Sourire.)  

Dernière chose: vous venez de réussir un joli coup médiatique en attirant Kylian, le troisième de la fraterie Hazard.  

"Cela n’a rien d’un coup médiatique. Ici Kylian n’est pas le frère d’Eden, c’est Eden qui est le frère de Kylian. Moi, je vois surtout un joueur qui a faim de football, qui déborde d’envie et qui dispose d’un gros potentiel."