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D'Onofrio a mis Zidane à la Juve : voici comment il est devenu un des plus grands agents de vedettes

LIEGE Question : combien des 10,5 millions d'habitants que compte notre pays, peuvent convaincre Zinédine Zidane d'assister à un match en Belgique ? Réponse : un seul. Son nom : Luciano d'Onofrio, Lucien pour les amis. Personne n'a tant de numéros de vedettes dans son GSM que lui.

Incroyable, ce coup de pub réalisé par le vice-président du Standard. Mardi passé, il déclare qu'il est exclu que Zizou soit présent à Sclessin pour remettre le Soulier d'Or à Steven Defour. Cinq jours plus tard, retournement de situation : ZZ est bel et bien là. Du jamais-vu !

Pour comprendre l'exploit de D'Onofrio, il faut connaître son parcours. Né le 14 septembre 1955 à Castelforte, près de Rome, D'Onofrio déménage en Belgique à l'âge de trois ans. Son papa y travaillera dans les mines.

Il a joué un an à Winterslag en D1, avec Waseige comme coach

Lucien opte pour le football (à Ans, Tilleur et Bas-Oha), tout en travaillant comme représentant d'articles de sports pour le magasin d'Henri Depireux. En 1980, il évolue un an en D1, à Winterslag, en tant que médian. Son entraîneur est Robert Waseige et ses coéquipiers se nomment Vanlessen, Billen, Denier, Theunis, De Vrindt.

En 1981, il part chez son cousin aux Etats-Unis, où il défend les couleurs des Houston Hurricanes. Via l'ex-Standardman Norton De Matos, il décroche un transfert au Portugal, à Portimonense. Une triple fracture de la jambe met brusquement fin à sa carrière Il n'a que 28 ans.

Il a gagné la C1 contre Pfaff

C'est à ce moment-là que commence la véritable carrière de D'Onofrio. En tant que bras droit de l'administrateur-délégué de l'Inter Milan, il apprend le métier. Un an plus tard, il est déjà le manager général du FC Porto, qui gagne la C1 grâce à cette talonnade de Madjer contre Jean-Marie Pfaff.

Rusé et excellent négociateur, il combine sa fonction avec celle d'agent de joueurs, ce qui est permis, à ce moment-là. Étant un des premiers du genre, il parvient à attirer les plus grands joueurs dans son écurie. Quelques noms de ses stars ? Boksic, Desailly, puis Henry, Trezeguet en passant évidemment par... Zinédine Zidane.

Ce n'est pas D'Onofrio qui a réglé son transfert de la Juventus au Real Madrid (73,5 millions d'euros), mais c'est lui qui l'a placé de Bordeaux à la Juve (3,5 millions), en 1996, tout comme Henry (12,5 millions, de Monaco à la Juve en 1999). Le grand Zizou n'oubliera jamais ce que D'Onofrio a fait pour lui.

Que ce soit Agnelli (Juventus), Bez (Bordeaux), Cragnotti (Lazio), ou Tapie (Marseille) : les patrons des plus grands clubs européens deviennent ses amis. L'Equipe Magazine le considère comme un des plus importants managers de joueurs européens.

Ayant fait fortune, il tente une nouvelle aventure, en 1998. Cette fois à Liège. On en connaît la suite...



© La Dernière Heure 2008